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26/08/2006

CULTURE: ACTIONS! (Suite)

Comme le fait si brillament remarquer mon éditeur à moi que j'ai sur son excellent blog "des livres et moi" (ça, c'est pour préparer le terrain pour une petite demande d'à-valoir en début de semaine prochaine mais n'allez surtout pas le lui dire), c'est le moment des universités d'été des partis politiques.

C'est rigolo d'appeler ça des universités parce qu'en général on n'y apprend rien qu'on ne savait déjà.

Donc L'Art Existence!, toujours dans le but de créer du bel et bon dans des conditions moins pénibles que celles que nous connaissons, poursuit son débat sur la culture dans le cadre de ce que nous appellerons son "laboratoire d'été".

Suite donc de la lettre adressée au prochain ministre de la culture et à vous.

A vous surtout parce que s'il m'est devenu coutumier de faire sans lui, je n'ai jamais rien pu faire sans vous.



2 : LA DOTATION, LA COMMANDE ET UNE AUTRE CONCEPTION DU PARTENARIAT.

a ) : LA DOTATION -

Imaginons un système plus proche de la bourse que de la subvention. Un système dans lequel une règle serait fixée : celle du "faire avec". Ce n'est pas une nouveauté : les classiques "faisaient avec". Dans bien des écoles américaines, aujourd'hui encore, c'est la base sur laquelle on construit tout ce qui est à venir.
Le "faire avec", c'est le law budget. Le petit budget.
La philosophie du principe repose sur cet axiome indémontable que l'argent n'a jamais fait le talent. Un "Huis clos" de Sartre avec trois personnages, trois costumes et un seul décor, bien joué, bien mis en scène et bien filmé vaudra toujours mieux qu'un péplum avec trois mille figurants et d'énormes moyens... sans histoire et sans talent.

Gabin disait : "Il y a trois conditions pour faire un bon film. La première, c'est un bon scénario. La seconde, un bon scénario et la troisième ? Un bon scénario". On pourrait le paraphraser à l'infini pour les trois conditions d'une belle image, d'une bonne musique, d'une forte mise en scène... De l'imagination un peu, du travail beaucoup, surtout de la passion pour ce qu'ils font au coeur de ceux qui le font.

Concrètement, il s'agirait de mettre en place un certain nombre de bourses d'égal montant deux fois par année dans les différentes disciplines. Par exemple, 30 dotations en Janvier de 32 500 euros pour la réalisation de courts-métrages. Quelles qu'en soit les raisons, le montant de ces sommes ne pourrait être réévalué.
La même chose en Juin.
Bien sûr, les réalisateurs bénéficiaires de la première série d'attributions ne pourraient prétendre à la seconde.

Nous aurions ainsi chaque année soixante jeunes réalisateurs (et donc soixante équipes de tournage) en mesure de travailler sur des oeuvres où, nécessairement, le sens de l'histoire dominerait l'accessoire. Puisqu'avec le fonctionnement actuel du non-marché du court-métrage, il sera particulièrement difficile de trouver les financements complémentaires propices à diluer.

A ceux qui objecteront qu'il s'agirait là d'une mesure de "restriction insupportable de l'ampleur des projets", nous répondrons d'avance que c'est en fait une mesure d'élargissement considérable du nombre des bénéficiaires. Que "Qui peut le plus doit pouvoir le moins et qu’en tous cas qui ne peut pas le moins a peu de chance de pouvoir le plus" et que s'il leur faut absolument des budgets pharaoniques pour faire rire ou rêver leur contemporains, ce pourrait bien être la preuve qu'ils manquent singulièrement d'imagination et de talent. Au point qu'on en viendrait à se demander par quel entêtement stupide ils persistent dans une voie dont l'issue ne serait systématiquement que le pillage en règle des fonds de la République, au détriment de gens plus doués qu'eux.
Bip, ça marche avec un pot de blanc, un maillot rayé et des chaussons chinois. Coluche, ça fontionne avec une salopette et un nez rouge. La Joconde, au prix de revient, ça coute deux cent euros bon poids. Reste à être Marcel Marceau, Coluche ou Da Vinci.

L'organisme ministériel attribuant la dotation aurait soin d'exiger en retour un rapport de production exécutive avec preuves de paiement des salaires et des charges des personnes impliquées dans la réalisation!

Faute duquel le réalisateur ne saurait re-prétendre avant longtemps au droit d'exercer son art, financé par l'argent public, au détriment des membres de son générique.

Ce n'est un secret pour personne : aujourd'hui, la pratique ordinaire dans de nombreux domaines et dans le court-métrage en particulier consiste essentiellement à ne payer personne. Pourtant, aux tous premiers des droits de la costumière, du chef opérateur ou du comédien figurent me semble-t-il le droit de manger et de payer son loyer !

Que les réalisateurs fassent en sorte d'obtenir des matériels et des prestations de service en participation auprès d'entreprises bénéficiaires, soit. Mais que les acteurs et les techniciens ne soient pratiquement jamais payés que de l'espoir de travailler un jour "en renvoi d'ascenseur" sur une production "confortable", cela suffit !

Évidemment, ce principe de "dotation" pourrait être appliqué dans toutes les disciplines, avec des montants et des fréquences adaptées à chacune.

Cette réforme-là constitue un autre immense chantier pour votre Ministère, auquel il conviendra de s'atteler au plus vite si l'on veut remettre les artistes au travail dans le souci d'une plus grande pluralité et d'une plus grande équité.

Quant aux intermitants, qu’ils nous lachent! L’art est un engagement total, un sacrifice entier. On y donne sa vie. Personne ne leur a demandé de choisir un métier du spectacle. S’ils veulent de la “sécurité”, qu’ils postulent à la Poste, dans la banque ou la fonction publique territoriale.


b ) : LA COMMANDE D'ÉTAT.

J'en ris encore ! Pour n'en pas pleurer.
François Mitterand rendait hommage dans une émission de variétés réalisée et diffusée par M 6 à feu Michel Berger, illustre compositeur de l'opéra-rock Starmania.
C'est bien gentil, les hommages aux morts... Mais ça commence à faire !
Est-ce qu'on pourrait s'il vous plaît consacrer un peu de temps à s'occuper des vivants ??!!!

Si Starmania était bien le chef d'oeuvre que Sa Majesté prétendait, pourquoi ne pas lui en avoir commandé un autre pendant qu'il était là ?
Je n'ai pas été beaucoup en France durant ses deux septennats, ‘et pourcause, je m’y sentais indésirable) aussi puis-je me tromper sur ce point. Mais il me semble qu'à part les cérémonies du bichiantenaire et les Jeux Olympiques d'Hiver, il n'y a pas eu d'autres commandes d'état en douze ans. A part peut-être celle que Pierre Boulez s'est passé à lui-même. C'est peu !

Je tiens d'ailleurs à votre ministérielle attention et pour information seulement puisque les dates sont maintenant dépassées, un projet de cérémonie populaire d'un bicentenaire autrement plus républicain que celui qui consistait à célébrer l'anniversaire des déclarations d'intentions.
Autrement plus respectueux des deniers public aussi. Hélas, ne risquant pas de se transformer en commande d'état. Au contraire immédiatement interdit par le Préfet de Police nommé par ce gouvernement "soucieux de la liberté d'expression et de création"...

Cela s'appelait et s’appelle toujours : "La nuit de la Liberté." Vivement que le jour se lève!

Certes, les architectes eurent la part belle. Grande Arche de la Défense, Opéra Bastille, Pyramide du Louvre, Très Grande Bibliothèque... Musée des Arts Premiers? Et les suivants? La musique? Le mime? La danse? Le théâtre?

Heureusement, dans le cadre des cérémonies de 89, Robert ENRICO a obtenu la production cinématographique de "LA RÉVOLUTION FRANÇAISE". Film historique cependant, que l'on ne saurait ranger parmi les oeuvres de fiction.

Sauf, ces temps-ci. Avec beaucoup d'humour...

De tous temps, les états ont passé commande aux artistes. Dans toutes les disciplines. Molière et Lully travaillaient sur commande de Louis XIV. Napoléon commandait "Sambre et Meuse". Le Théâtre National Populaire de Jean Vilar était une commande permanente dressée face à la Tour Eiffel. Malraux commandait les Maisons de la Culture et les remplissait, lui.

L'expression artistique est, de toutes, la meilleure manière de rassembler un peuple sur une espérance, de redonner un courage, de transcender une aspiration collective.
Que les politiques le redécouvrent et nous voilà sauvés.

Bien sur, il y faudra de la modestie. Même de l'humilité. On a tellement menti à ce peuple d'en France qu'il ne peut plus croire qu'en ceux qui chantent, jouent et crachent encore le feu pour lui. Les artistes, dans leur immense majorité, sont les derniers authentiques catalyseurs crédibles de cette idée qu'ici, il y a toujours beaucoup de force à trouver, de beauté et de paix à construire, de bonheur à inventer pour les Hommes.

Commandez-leur des oeuvres de ce tonneau-là, Madame ou Monsieur le Ministre. Et faites leur confiance : ils vous étonneront encore.

La suite demain, bien sûr...

06:45 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (22)

Commentaires

@Fleury
Ca va être dur dur...

Écrit par : Alain | 26/08/2006

@ AL1
Bonjour mon éditeur à moi que j'ai ;-) Ben t'es prem's ici pis tu le dis pas? Qu'est-ce qui t'arrive? Mal dormi? Joyce? La faute d'ortographe de la page 35 ;-)))) Détends-toi mon plumeau, ça vas'arranger.

As-tu vu comme nous avons de bons commentaires ce matin de bonne heure?

Écrit par : Fleuryval | 26/08/2006

Chez les yeux oui et ailleurs aussi ?

Écrit par : Alain | 26/08/2006

@ Alain
Ben oui!, Ici! Juste un peu plus haut... Fanny !!!
Mais t'es tout chiffon, ce matin. Va te refaire un café et reviens après. Non! Dans l'état où tu es, tu le bois LOIN du clavier!

Écrit par : Fleuryval | 26/08/2006

Pas du tout suis en pleine forme, simplement je me prépare pour aller en province dans une heure et de r etour lundi après midi !

Écrit par : Alain | 26/08/2006

Génial! Tu pars à La Rochelle sans moi alors? C'est mieux...

Écrit par : Fleuryval | 26/08/2006

C'est bon de faire un break mais prends ton portable quand même. Si des fois je trouvais comment faire le 20 heures demain soir, que je puisse te prévenir ;-)

Écrit par : Fleuryval | 26/08/2006

@ Alain
Juste avant que tu partes, une précision: si Carrefour, Auchan et Leclerc téléphonent pour en commander trente mille chacun, je peux te déranger deux minutes, au moins?
Mwarf, je l'adore celle-là!

Écrit par : Fleuryval | 26/08/2006

@Fleury

Il part... sans un mot, sans un geste, me laissant sans lecture jusqu'à... Dieu sait quand (alors, si tu le sais, tu me la donne la date d'arrivée !!!), TON éditeur à toi que t'as.

C'est en lisant ici et là, mais pas du tout chez moi, que j'apprends son départ.

Si c'est pas de L'Alaingratitude ça.

Écrit par : joyce | 26/08/2006

@ Joyce
M'en parle pas, ma joyce à moi que j'ai :-(
Je suis confiant pour l'arrivée de ton livre au courrier de ce matin. Tu es la seule à ne pas l'avoir encore reçu sur les envois d'avant-hier.
Tu vois comment c'est chez lespointssurlesi? L'éditeur se casse en week-end et c'est l'auteur qui se coltinne le Service Après Vente.
AVANT aussi, D'AILLEURS!!!
Rentre ta chienne, le facteur va arriver.
'tain, même s'occuper du chien... Il fait ça, Sollers?

Écrit par : Fleuryval | 26/08/2006

@tous
Je vais pas pour un pellerinage, mais pour assister une personne très agée, calmer, appaiser, sourir... Tien me v'la ds le mélo...
Vouala bon week-en à tous ! et toi ma Joyce que j'ai za moi, promis à mon prochain départ de t'écris une très longue lettre de séparation de 2 jours... Smackkks

Écrit par : Alain | 26/08/2006

Et soyez sages !!! surtout toi Joyce... ( Les liens ne fonctionnent plus pour aller te voir ma Joyce que j'ai a moi ! ) -:(

Écrit par : Alain | 26/08/2006

@ joyce
Bon, ben là, comme dirait Serge July: "J' crois qu' c'est clair..."
Il nous a bel et bien "laissé tomber", façon Brian de Palmas.
Me vlà de permanence à la librairie...
Vais me mettre sur le pas de la porte avec un grand sourire, ça fera peut-être venir le monde...
"Approchez, les ménagères, il est là, il est beau, il est frais mon bouquin!"

Écrit par : Fleuryval | 26/08/2006

fleury des commandes d'état ? ben que veux-tu tout fout le camps...on dit que nos jeunes se déculturent, mais c'est parce que leurs ainés se tapent de la culture .....et les 'grands' n'en donnent pas l'exemple
sinon cela commencerait par lui témoigner leur respect, leur soutien, leur gratitude.....à la Culture

Écrit par : lesyeux | 26/08/2006

@ lesyeux
C'est bien pour ça qu'on va tenter d'inverser la tendance ;-)

Écrit par : Fleuryval | 26/08/2006

SILENCE... JE BOUQUINE !!!

Mouais... vous avez tous lu, "les liens ne fonctionnent pour aller vers toi ma Joyce"... dit l'éditeur qu'il est à Fleuryval.

On appelle ça moins pouètiquement... "rupture des liens".
Paréo, chaise longue au moelleux coussin, Ottawa dessous, Matousalem dessous aussi (c'est parce qu'elle est longue la chaise, y'a de la place pour deux... Mais pas dessus !), Sidonie-Chochotte scotchée à mes pieds, et du Voltiers dans les mirettes... en mâchouillant de l'herbe à sucre... Si c'est pas une belle journée que même météo France elle en fait jamais des comme ça !!!!

Écrit par : joyce | 26/08/2006

Je trouve que tu as de bien belles idées, mais qu'il n'est pas nécessaire pour autant de hurler avec la meute néo-libérale : "haro sur les intermittents !"
Je t'aime quand même, mon Fleuryval que j'ai ;-)

Écrit par : Olivier Bonnet | 26/08/2006

@Monsieur Bonnet

Quand j'écris chez vous, les douaniers refusent de me laisser passer.
Pas de spam ici crient-ils ?

Alors j'écris plus.
Tête de pub, tête de pub, est-ce que j'ai une tête de pub ???

Écrit par : joyce | 26/08/2006

@ Olivier Bonnet
Merci de la visite et de l'attention sur un sujet si délaissé ces temps-ci. Je ne cries pas "haro" sur les intermittents, mais sur le statut qu'ils acceptent et qui, selon moi, en art, est tout à fait inacceptable. Il n'y a et ne peut y avoir que des "tout le temps du spectacle", des obsédés du beau, des enragés du bon. Est-ce à un habitant d'un des villages du pied de la Sainte Victoire chère à Cézane, est-ce à un voisin d'Antonin Artaud qu'il me faudrait rappeller que la route des arts est plus difficile ici qu'ailleurs, et que la prendre suppose qu'on en accepte les risques? Accepter la dictature du nombre d'heures, c'est nier l'idée même du temps de la réflexion, de la création, de la réalisation.
ON NE FAIT PAS DE L'ART EN REGARDANT SA MONTRE!
Enfin, pour te détendre, si si, j'y tiens, mon Olivier à moi que j'ai comme dirait la colombe, je t'invite à mesurer la distance à laquelle Mozart, Molière, Modigliani et Jean Vilar aurait envoyé promener celui qui aurait osé leur proposer un tel statut.
A un officier de Légion qui nous rendait visite il y a peu, j'écrivais que dans la guerre du bel et bon c'est Camerone tous les jours. Les dilétantes n'ont rien à faire chez nous et je n'accepte pas d'être mis dans le même panier qu'un technicien de plateau qui éclaire chez Arthur, sonorise chez Coé et va finir, pour avoir enfin ses 586 heures avant droits au chomage, standardiste à France Inter.
Mon fils semble vouloir emprunter la voie. Autrefois, je lui aurais peut-être dit "Par prudence, passe ton bac avant." Aujourd'hui le seul conseil que je lui donne c'est "Fais la Légion d'abord."

Écrit par : Fleuryval | 26/08/2006

@ joyce
Meuh non tu n'as pas une tête de pub ;-)
Tu ES une pub ;-))))

Écrit par : Fleuryval | 26/08/2006

Ca ne s'arrange pas...

Écrit par : joyce | 26/08/2006

@ joyce
Qu'est-ce que c'est que ce commentaire énigmatique et sur quoi porte-t-il? Le temps qui passe? Le temps qu'il fait? Les douaniers? La pub? Les arts? la Légion? "Va mourir à bangkok!"?
Eclaire-nous comme tu sais faire ;-)

Écrit par : Fleuryval | 26/08/2006

Les commentaires sont fermés.

 
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