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09/09/2006

LE LUXE (Troisième épisode)

J’apprenais tout d’abord que James Bond consultait l’heure sur l’une de leurs montres. Quand on sait avec quelle précision les agents de sa Gracieuse Majesté montent leurs opérations, cela a quelque chose de rassurant.
A Waterloo, vieux grognard, j’aurais tellement aimé que Grouchy en eut une au poignet...

(Sans doute, quand mon éditeur que j’ai m’annoncera que nous avons dépassé les trois cent milles exemplaires vendus de Va Mourir à Bangkok, songerai-je à en offrir une à un ami que j’ai. Oui. C’est par là si vous Suivez Mon Regard ;-))

Puis je vis quelques bagues finement taillées, des colliers, pendentifs, diadèmes étincellants...
Puis des pierres énormes au cou de quelques femmes qui ne l’étaient pas moins. La galanterie française commande qu’on s’arrête là ici.

Sans jamais voir un prix.

Comme dans ces restaurants où seul Monsieur aura le privilège d’estimer à la louche le diner de Madame.
Quand on aime, on ne compte pas...
Et toutes ces sortes de choses...

Sans être expert en la matière, j’estimais cependant que cette grosse dondon avait autour du coup un hôpital en Inde, cette autre portait au poignet dix écoles au Mali, celle-ci avait aux oreilles de quoi restaurer tous les squatts de Paris et enfin cette dernière portait à l’annulaire largement de quoi nourrir le Darfour grassement pendant six mois .

J’en étais là de mes évaluations quand on vint me chercher.

Le bureau était vaste et l’homme sympathique, accueillant, chaleureux. La directrice de la communication d’une élégance rare et d’une réserve exquise.

J’allais droit au sujet, exposant mon souci et demandant qu’on veuille bien me faire un portrait type du client de la maison.

On n’avait pas ça. Du moins, si on l’avait, n’était-on point disposé à le livrer si promptement.

Allez faire un jardin sans savoir pour qui! Si si. Essayez...

Puis nous parlâmes de commerce et de nos différences. Il fût vite établi que quiconque poussait la porte d’une de leurs boutiques dans l’intention d’acheter y serait accueilli avec respect et courtoisie et que, pour peu que le quiconque en eut les moyens, on lui vendrait ce qui lui ferait plaisir.
D’où que vienne sa fortune.

Je précisais quant à moi que tentant de créer des jardins propices à l’inspiration, je ne ferai JAMAIS, même pour tout l’or du monde, le jardin du général Mladic pas plus que celui de Ben Laden.

Un ange passa vite, les ailes pesantes d’incompréhension.

Il était évident que pour aller plus loin, force serait de nous apprivoiser quelques temps, et à l’oeuvre.
Façon Saint-Exupéry... à l’ouvrage.

Ca tombait bien: de l’ouvrage, il allait y en avoir. Leur boutique de Paris, située place Vendôme, allait être reconçue.
- Vous voyez où elle est ?
- Bien sûr! Mais tout à fait!!!
Je vérifiais aussitôt mon ombre sur le mur: rien du côté du nez.
A cet instant précis je bénissais mon père de n’avoir pas été marionnettiste italien.

On examinerait donc avec intérêt et bienveillance le projet paysagiste que je ne manquerai pas d’envoyer pour la façade.
Nous nous séparames sur cette enthousiasmante perspective, Monsieur METZGER me complimentant d’un “Vous m’avez bien fait rire” qui m’alla droit au coeur.

Sur le trottoir, j’appellais aussitôt le général Misère.
http://danseavecleshoux.20minutes-blogs.fr/archive/2006/07/24/le-general-misere.html
Devines d’où je t’appelle...

En y repensant tout à coup, je me dis que c’était bien irréfléchi... Ca aurait pu me le tuer.

Je filais à la gare, j’avais trois heures avant le train de retour à Paris. Il me restait trois sous.
Je sautais dans un train pour Lauzane me tenter un vrai luxe. Un à moi. Un immense et pas cher:

Echanger quelques mots en prenant un café avec mon roi Arthur que j’ai.

Avec un peu de chance, il serait peut-être à sa géniale école.

Et la chance, semblait-il, me souriait ce jour-là.

A suivre.

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Commentaires

Tu abuses ! L'histoire est passionnante, le suspense intense et je VEUX connaître la suite ! C'est pire que d'attendre le refroidissement d'un gâteau pour pouvoir le dévorer...

Écrit par : Cerise | 09/09/2006

Ils dorment tous ! -:)

Écrit par : Alain | 09/09/2006

Ffffffffffffffffffffffffffffshhhhhhhhhhhhhh...
Ceci était le bruit d'un coup de vent.
Ultra débordé en ce moment, je passe néanmoins saluer mon ami jardinier auteur musicien préféré !

Écrit par : Olivier Bonnet | 10/09/2006

@ Olivier Bonnet
!!! Mon chapeau de paille!!!... s'est envolé d'un coup.
Il y a des coups de vent de luxe.
Je cours, je le rattrappe, je le remets pour mieux te saluer à mon tour ;-)

Écrit par : François B. | 10/09/2006

C'est pas mal, mon grand, prends ton temps, continue !
Il y a bien quelques "private jokes" dont le sens m'échappe, mais tant pis pour moi (c'est à Julien Dray que tu veux offrir une montre ?) … ;-)

(Au fait : quand on écrit "seconde partie", ça implique qu'il n'y en a point de troisième, vois-tu ? Pour ne pas polluer la pureté de cristal de ta langue, il serait bon de nous corriger ça !)

Écrit par : Bernard Langlois | 10/09/2006

Un compliment du plus sage d'entre les sages touche le brave au coeur.
Qui est Julien Dray ?
Petit jeu du Dimanche:
L'ami que j'ai auquel je songe pour offrir une montre de haute précision
1 - tient un blog sur lequel on peut faire cuire des cèpes à feu vif.
2 - écrit merveilleusement bien pour le courant centriste-libertaire.
3 - contribue occasionnellement à l'essor de la Glosieuse Almée Tinoise.

J'ignorais que la seconde partie sonnait d'office le glas d'une troisième. Es-tu sûr que les mathématiciens soient tous informés de ça et que 2 tue 3,14116? J'ai corrigé par "épisode". Ca va?

Écrit par : Fleuryval | 10/09/2006

Les mathématiciens, je ne sais ; les grammairiens, sûrement !

Écrit par : Bernard Langlois | 10/09/2006

"C'est à Julien Dray que tu veux offrir une montre".
Ah ben ça alors c'est d'un niveau...
N'importe quoi Bernard Langlois...
TANT QUE TU Y ES TU VAS BIENTOT NOUS DIRE QUE LA GESTION DE LA MNEF N'A PAS TOUJOURS ETE UN MODELE DE TRANSPARENCE???
;-D

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 10/09/2006

MNEF ?
Manufacture Nouvelle des Elucubrations Fontenelloises ? ;-)

Écrit par : Bernard Langlois | 10/09/2006

En voilà une authentique, Mesdames, Messieurs!
L'une des variantes du luxe est d'avoir dans un coin de la salle d'armes Passepoil ferraillant sans effort avec le fils de Cocardasse.
Un verre de Cuisse de Bergère à la main, observant la leçon, tout sourire dans son coin, le bossu murmure en rêvassant: "C'est bien beau, la famille..."
Reprenant ses esprits, le bossu s'interroge.
"Quoi?! Le fils de Cocardasse accepterait une montre Piaget?!!!
Mais alors... MAIS ALORS!..."
Dans la nuit établie sur l'endroit pour sept heures, du fond de la forêt qu'il aurait pu cacher, on entend doucement rigoler un renard.
Mwarf!

Écrit par : Fleuryval | 10/09/2006

Les commentaires sont fermés.

 
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