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31/01/2007

NATHAN, LE RETOUR A PARIS.

medium_BERCAU_FAMILY.JPGHonneur immense que de vous présenter l'homme, à gauche sur la photo, dans les bras de sa fille.

Un immense voyageur.

Pas toujours de son gré: il est revenu d'Auschwitz.

Vous pourrez lire bientôt, j'espère, dans quelles effroyables "conditions".

Honneur aussi de vous présenter son épouse, à droite.

Nous venons, avec quelques compagnons, de les ramener d'un trou du c** du monde dans l'entourage des leurs.

Sans doute ce qu'on appelle "la force de la Vie".

Mission accomplie.

Je vous devais bien ça.

28/01/2007

OPERATION TEMPS

medium_croix_Lorraine.jpg Vielle affaire ? Au regard de l'actualité, sans doute. A celui de l'Histoire, déjà moins. Pour les astrophysiciens, c'était il y a moins d'une seconde.

On n'a pas tous le même temps.

Hubert Reeves pense en milliards d'années, le procureur en quinze ans ferme, le jardinier en saisons et Casadessus en noire et blanche, parfois même en triple croches. Eternité de l'un, fulgurance de l'autre.

Et puis il y a des symboles qui traversent le temps relatif.

Qui accompagnent de vieilles affaires en cours.

C'est pour une de cette nature que ce blog sera modéré jusqu'à Mercredi peut-être, Jeudi sûrement.

On the road again ;-)

26/01/2007

HA! LA SOUPE...

medium_soupiere-blanche_c.JPGCracher dans la soupe.

Ces temps-ci, l’expression fait flores.
Mais de quelle soupe parle-t-on ?

Car la proposition suppose évidemment qu’il y en ait, de la soupe.

C’est là que le raisonnement s’altère quand la soupière est vide.

C’est là aussi qu’on se demande, à moins d’être entouré d’une horde vulgaire, qui crache.

Je n’en ai vu qu’un seul ces dernières années. La “soupe” avait à cette occasion la figure d’un arbitre.

Drôle de soupe...

24/01/2007

LES NOUVELLES CENSURES

medium_boulet.jpgIl fallait vraiment être con comme un flic soviétique pour interdire une œuvre par décret et paralyser son auteur par arrestation.
Un décret, ça s’écrit sur du papier, ça se photocopie, ça s’envoie dans toutes les directions du pays. Alors, forcément, ça s’égare toujours un peu, ça se publie à l’étranger et ça vous revient dans la tronche tel le boomerang moyen.
Une arrestation, c’est pareil. Ca se sait, ça se constate chez les voisins, ça se raconte à mi-voix dans le pays puis ça se hurle à l’étranger... Et c’est au nom des arrêtés que, bien plus tard, d’autres viennent vous détrôner.

Belle lurette que ce n’est plus comme ça qu’on pratique à l’Ouest. “On ne censure pas chez nous, Môssieur!”, affirme-t-on dans tous nos médias.
Ah oui?
Alors comment se fait-ce que personne n’ait jamais pu entendre une seule fois à la radio la chanson “Les corbeaux”, ni la polémique qui m’opposait à Maurice Druon, au quai d’Orsay, aux patrons de presse indépendante” se dédisant sur sa publication?
Comment se fait-il que personne n’ait rien lu sur l’impossibilité de réaliser le Festival européen pour la vie à Bordeaux, ni sur la lamentable série judiciaire qui s’ensuivit?
A qui “L’Art Existence!” doit-elle ce silence absolu sur notre manifestation du 10 Mai 1991: “Dix ans qu’on s’emmerde”?
D’où vient que personne n’ait appris l’interdiction de “La nuit de la Liberté” par la préfecture de Police de Paris?
Pourquoi n’avons-nous pas eu l’honneur d’une ligne sur l’opération “Coeur de France” ?

En voilà des questions qu’elles sont bonnes !

Surtout quand on considère que la moindre petite phrase d’un conseiller municipal de Trifouillis-les-Gonesses peut vous déclencher une campagne nationale de huit jours et qu’une partie de fesses princières peut vous mobiliser les rédactions pour trois mois! Est-ce bien raisonnable ?
La censure vous lève le coeur? Vous vous rassemblez pour la combattre sous toutes ses formes, surtout les plus sournoises ? Nous sommes d’accord!
Comme on ne combat bien que ce que l’on connaît bien, prenez donc votre

PREMIÈRE LEÇON DE CENSURE MODERNE

1 - Glissez-vous un moment dans la peau du censeur en relisant “Le Prince” de Machiavel. Vous voilà au pouvoir! (Rôle de composition, bien sûr.)

2 - Repérez un artiste indépendant. Un qui ne se prosterne pas à tout bout de champ devant vous, qui n’est pas prèt à offrir son cul pour un passage télé ni à vendre son âme pour une diffusion radio. Un qu’on n’achète pas. Un “libre” que vous n’aimeriez pas voir interrogé par une journaliste qui, sachant bien que ses réponses feraient monter l’audimat, s’amuserait à le questionner sur tout ce qui vous fâche. Depuis Coluche, on ne vous la refera pas si facilement...

3 - Enquêtez sur lui jusqu’à ce qu’un rapport désespérant vous revienne indiquant que cet homme ou cette femme-là ne se drogue pas, n’a jamais détourné d’argent public, a un casier judiciaire vierge et un passé sans rien d’autre que des engagements de convictions. Rien! Aucun moyen de chantage, aucune possibilité de pression,pas de moyens légaux pour lui faire fermer sa gueule.

4 - Faites courir une rumeur sur son compte sous-entendant le contraire. Qu’il est tout l’inverse de ce que vous venez de lire : **** , alcoolo, drogué, mythomane, mégalo, et, pire, qu’il ne sait pas se tenir dans votre monde. Rajoutez qu’on laisse entendre dans vos services qu’il est presque établi que c’est vraisemblablement un sous-marin d’un groupe haïssable. Inventez au gré de votre fantaisie. La calomnie paie toujours et ne coûte rien. C’est tout bénéf, et ça, ça vous branche bien.

5 - Attaquez fort maintenant. Surtout n’y touchez pas! Pas de ces sottises kagébiennes qui vous feraient passer pour le contraire de tout ce que vous avez toujours prétendu être. Étranglez-le doucement, méthodiquement, en silence, comme vous savez faire. Etant donné que vous l’avez déjà fait passer pour un mythomane, personne ne le croira s’il se met à gueuler qu’on l’étouffe. Comment ?
D’abord, documentez-vous sur l’art qu’il pratique. C’est la chanson ? Facile!
Quelles sont les étapes de ces oeuvres-là ? Production, promotion, distribution. Parfait. Encerclez-le.

La production, c’est d’abord des moyens financiers relativement importants. Paies des musiciens, location du studio, achat des bandes, réalisation de la pochette, gravure, pressage, emballage... Votre “empêcheur-de-dormir-tranquille” veut faire un album de douze chansons ? Il lui faut trouver environ cent cinquante mille francs. *
Peut-être un peu moins parce que ce qui vous le rend encore plus haïssable, c’est qu’il a des tas d’amis qui jouent avec lui pour pas cher. Vous pas. Et ce qui vous agace tout particulièrement, c’est de savoir que toute sa bande d’amis va pauvrement, mais se porte à merveille, tandis que la poignée de ceux dont vous n’avez jamais su s’ils étaient vraiment les vôtres se suicident à tour de bras. Ca vous rend aigri, et votre grand âge n’y arrange rien. Reste qu’il lui faudra trouver au moins dix briques. Vous savez qu’il ne les a pas. Vous devinez qu’il aura bien du mal à les trouver : d’une famille modeste qui ne peut rien pour lui, vous et votre bande ayant fait main-basse sur tout ou presque l’argent en circulation dans le pays, les banques ne prêtant jamais qu’à ceux qui n’en ont pas besoin, il a peu de chances de les trouver dans les tirelires vides de son clan de pauvres. Vous savez qu’il ne financera pas son art en vendant de la mort au coin de la rue, pas plus qu’en faisant commercer des filles sur le trottoir... Il est foutu. Dormez en paix.

Merde! Le larbin de service vous réveille en vous annonçant qu’il a réussi on ne sait par quel miracle à en enregistrer quelques unes quand même. Et le détestable livreur de tartines d’ajouter que les rares qui les ont déjà entendues les trouvent superbes ! Mauvais matin. Le beurre frais du Poitou a un goût de rance, le café paraît plus amer que d’habitude... Le diable s’en mêlerait-il ?
Appelez votre âme damnée. Toujours à portée de claquement de doigts, elle arrive aussitôt.
“Rappelez-moi, Gringoire... Maintenant qu’il a réussi à enregistrer, quelles sont ses prochaines étapes ?
- La promotion et la distribution, ô Incommensurable Seigneurie.
- Occupez-vous en donc, mon bon. Et démerdez-vous pour me trouver une copie de ce qu’il a fait pendant mon sommeil.
- Bien, Votre Pharaonique Grandeur.”

Gringoire regagne son antre et fait prévenir par son sous-Gringoire l’armée des petits Gringoires qu’il ne sera là pour personne pendant quelques instants. Il prend bien soin d’ajouter que c’est à votre demande. C’est nul, mais ça le flatte encore. Gringoire décroche du bout de ses longs doigts manucurés le téléphone des ordres, et appelle.

Très peu de gens, finalement.
Votre artiste français est, avec à peu près tous les professionnels artistiques qui se respectent, en guerre contre l’envahissement des ondes et des écrans par les productions américaines. Il est donc évident qu’il n’ira pas faire gagner de l’argent à des distributeurs yankees. C’est tant mieux d’ailleurs,car ceux-là, si vous les appeliez, se feraient un plaisir de vous rire au nez par tarin de Gringoire interposé.
La censure, la lourde, c’est eux qui la décident. Y compris quelquefois, contre vous-même.
Comme votre politique a conduit à la fermeture la quasie totalité des boîtes de distribution françaises, il n’y aura guère que deux ou trois appels à faire. Et comme c’est Gringoire qui s’en charge de votre part, ça n’attendra pas.
“Allô, mon cher, Gringoire à l’appareil. IL m’a demandé de vous alerter sur un produit qui devrait normalement passer par chez vous prochainement. Non, pas pour vous le recommander. Au contraire. C’est une horreur dont IL serait tout à fait contrarié qu’elle vint aux oreilles de Son Bon Peuple... Non, bien sûr, vous savez comme moi que c’est un Démocrâââââte... Non! Il s’interdit d’interdire jamais rien.... Et ne prenez surtout pas mon appel autrement que pour une recommandation. C’est, en quelque sorte, Son avis artistique qu’IL tenait à vous communiquer.
A propos, votre demande de contribution nationale pour l’aménagement des jardins du château de votre danseuse passe sur Son bureau ce matin. Mettez donc toutes les chances de votre côté.
C’est cela, cher ami. Mes respects à Madame. Au revoir.”

Gringoire raccroche.
Distribution ? Niquée.

A la promotion maintenant!
Au cas où, comme la plupart de vos amis entrepreneurs, le maudit artiste trouverait le moyen d’aller faire fabriquer ses disques dans des pays lointains par des enfants trop maigres et de les commercialiser à partir de là-bas d’une manière inattendue. Ca ne lui ressemble pas, mais avec ces inventifs-là, on n’est jamais trop prudent.
Ce sera vite fait. Un seul appel suffira. Gringoire sait bien que c’est par là que ça passe... ou ça casse.
“Allô, la première radio de France ? C’est Gringoire.”
Même genre de conversation, à ceci près que le choix de votre prochaine intervention n’est pas encore fait et qu’on rêve, à l’autre bout du fil, que ce soit de là que vos illustres propos s’envolent. Comme par hasard, c’est ce matin aussi que cela se décide.
Ce n’est tout de même pas un petit chanteur à la noix qui va contrarier les marchands de pub, tout de même ?! F’rait beau voir!

Gringoire raccroche.
Promotion ? Niquée.

De son pas feutré, aussi silencieux qu’un chat sur les tapis persans, souriant comme à son habitude, Gringoire revient à votre bureau. Où il vous trouve enfoncé dans un fauteuil, la sono à fond, écoutant les nouvelles chansons de l’artiste sur la copie qu’un sous-sous-sous Gringoire prometteur zélé a déjà dénichée.
C’est beau. Émouvant. Finalement, vous avez dans un petit coin du peu qui vous reste de conscience un brin d’affection pour cet homme-là, et beaucoup de respect pour son travail. Bonheur de collectionneur: comme si vous étiez l’unique propriétaire d’une toile que personne ou presque ne verra jamais, vous écoutez l’oeuvre interdite.

La chanson finie, Gringoire vous adresse le sourire complice de la mission accomplie. Vous le lui rendez à peine et, à pas lourds, le dos un peu voûté par la main de la mort déjà posée sur votre épaule, peut-être un peu inquiet (Et Dieu, dans tout ça ?), vous allez vous plonger dans le dossier des oléagineux pour sodomiser à sec les petits paysans qui vous ont élu. Cet après-midi, vous enculerez les marins-pêcheurs et ce soir, les couilles de la tête vidées, après avoir lu quelques pages des “Chants de Maldoror”, vous irez rejoindre au royaume des songes un cadavre bosniaque dénudé par un Serbe.
Quelle belle journée! Quelle partouze! Quelle santé!!!

Paris, Août ... Qui trouve l'année gagne un sourire ;-)


* En euros, il en va encore à peu près de même, sauf à économiser le studio et à remplacer un maximum de musiciens par des machines pour chanter, par exemple, que le libéralisme, décidément...

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23/01/2007

Critique jardinière

medium_pulverisateur_manuel.jpgJe ne suis pas critique littéraire, loin s'en faut, mais je n’ai pas ouvert ce blog pour taire mes admirations ni pour me priver du plaisir de recommander ce que j’aime à celles et ceux qui me font l’honneur et l’amitié de passer par ici.

Et là, je viens de refermer ”La position du penseur couché” de Sébastien Fontenelle comme on vide un grand cru.

Je le dis tout net sans chercher plus loin que mes mots de jardinier: c’est un “traitement total” comme celui qu’on applique pour protéger le rosier des maladies courantes.

Le rosier, en l’occurence, serait la fraternelle conception de l’humanisme.

Tout ce que j’aime. Tout ce à quoi je crois.

Les maladies: les variantes mutantes de la haine ordinaire: racisme, antisémitisme, islamophobie.

Alors bis repetita: voilà un livre à lire de toute urgence, de préférence avant le printemps si l'on veut de belles fleurs en été.

Sans qu’il pleuve ni qu’il vente pour ne pas disperser le traitement.

Un livre pour celles et ceux qui n’ont pas forcément eu le temps de tout lire des nouveaux “philosophes” ces cinq dernières anées, ou qui l’ont survolé sans suivre la “mutation”.

Pour ma part, ce qui m’a le plus séduit dans cette lecture, c’est que j’en suis ressorti convaincu que MAQJ’A me défendrait bec et ongles si ces nouveaux “machins” s’en venaient à considérer tout à coup qu’il serait temps qu’on me compte parce qu’il y aurait décidément beaucoup trop d’”indiens” dans les jardins.

La position du penseur couché
Répliques à Alain Finkielkraut
de Sébastien Fontenelle
Editions Privé - 16 euros


podcast


L'étang des trémées.
Paroles et musique de ma pomme.
Chapman styck: Guy Mauffait. Guitares:Pierre Chérèze. Programmation batterie: Jef Parent. Arrangements et claviers: Michel Bernholc.

18:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (9)

19/01/2007

PUB!

medium_Penseur_couche.jpg La voilà, la couverture du nouveau livre de Mon Ami Que J'Ai. Attention en le feuilletant, l'encre est à peine sèche.

Je vous le recommande avant même de l'avoir lu, parce que ça soutient qu'un homme est un homme quelle que soit sa couleur, quelle que soit sa religion, quel que soit son chemin.

Un livre Juste, en somme.

Si j'ai bien tout compris.

08:25 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (12)

14/01/2007

56 !

medium_sablier.gif
56 en chiffres. Cinquante six en lettres.
Comme un chèque crédité à la banque du temps...

Jeunesse agitée, engagements farouches, militantisme à hauts risques, liaisons “dangereuses”, tout portait à penser lorsque j’avais vingt ans que j’aurais bien de la chance si j’arrivais à trente.

Pourtant, le 14 Janvier 1981, j’y étais! A Montréal...

Stupeur: j’y étais encore en 2001! A Aubagne...

Et nous voilà ce matin! A Avon...

Rab de beau, rab de bon, rab de bien.

Savez quoi? Je m’en vais de ce pas essayer d’aller jusqu’à 57!medium_Cycle_amen.3.JPG

11/01/2007

FERMÉ POUR CAUSE D'INVENTEUR ;-)

Ce blog est fermé pour quelques jours, le temps de mettre au point un "meuble" qui, le long des promenades des personnes âgées, changera VRAIMENT leur vie.

Quelque chose de très simple.

Donc, ici, forcément très compliqué à mettre en oeuvre...

Oeuvre.

C'est le juste mot.

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07:05 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (6)

06/01/2007

M.C. PIETRAGALLA A ECHAPPE A UN ATTENTAT

medium_pietragalla.jpgJ’essayais à Marseille peu avant l’an 2000 de monter un jury pour déterminer quel dessin allait servir de base à une statue de la haine qu’on cramerait plus tard au cours d’un grand spectacle populaire de rue.

http://danseavecleshoux.20minutes-blogs.fr/archive/2006/05/31/crame-la-haine.html

La première étape consistait à rassembler un philosophe, un officier des forces d’interposition, un(e) historien(ne) des religions et un Candide pour animer le débat autour d’un peintre, qui travaillerait d’instinct au fur et à mesure de la conversation.

Des portraits de la haine surgirait de ses “fulgurances”. Visages, corps, attitudes...

Là, il ne faudrait pas se tromper dans le choix final. Le souci principal étant son “évidence” pour que le public ne la confonde pas avec la colère, la jalousie, voire la méchanceté qui n’est rien à côté.

Je pensais donc qu’il me fallait dans ce jury un spécialiste des arts plastiques, un du spectacle vivant et quelques citoyens représentatifs d’un public populaire.

Marie-Claude Pietragalla dirigeait alors le ballet national de Marseille. Je lui écrivais sobrement pour lui demander de représenter le spectacle vivant au sein de cette équipe.

Sans réponse de sa part après quelques semaines, trois questions se posaient.

La première: ma lettre était-elle bien arrivée? C’était une période de relative paix sociale et les factures et demandes de paperasses continuant d’arriver chez moi à leur rythme habituel, il n‘y avait aucune raison majeure de suspecter l’efficacité de notre système postal.

La seconde: Marie-Claude Pietragalla était-elle assez mal élevée pour ne pas répondre (ou faire répondre) à un courrier de cette nature? Évidemment non! Pensez donc, une étoile de Garnier, une directrice d’école nationale, une patronne de corps de ballet, c’était tout bonnement impossible.

La troisième: mon courrier était-il si insipide, ma proposition si terne, son arrivée si banale qu’il avait rejoint dans la corbeille à papier les dépliants publicitaires et les journaux associatifs?

C’était, me semblait-il, la probabilité la plus pertinente.

Dés lors, l’idée s’imposait d’elle-même: pour qu’un projet aboutisse, que son porteur soit crédible, il fallait que dés sa mise en œuvre ils soient tous deux, dans le fond COMME DANS LA FORME, porteurs de l'art ET de la manière.

Le message, tout d’abord.
Comme l’idée de cramer la haine avait un pied solidement planté dans le Moyen Age, inspiré qu’il était par ses tailleurs de pierres réalisant à Bourges la face de la colère dans le frontispice des sept péchés capitaux, avec les faillasses de Valence, les premiers carnavals où se brûlaient des rois, les géants de Dunkerque et la fête des fous, la lettre ne pouvait être rédigée qu’à la main et la plume sur un parchemin qui parviendrait roulé, scellé et noué d’un ruban de soie.

Sa remise ensuite.
Un tel courrier ne pouvait parvenir dans un sac postal. Il devait impérativement être remis en mains propres à son (sa) destinataire à la faveur d’une action fulgurante qui le (la) laisserait pantois(e), émerveillé(e), son courrier à la main.

A ces conditions, on pouvait gager que la lettre serait lue avec une attention d’autant plus bienveillante que l’événement aurait particulièrement atteint son but suprême: émouvoir.

L’Attentat de Beau était né.

Pour que la réussite en soit au plus près garantie, il convenait tout d’abord de bien se renseigner sur la “cible”.

Premièrement, compte tenu de l’effet de surprise et de l’incongruité des événements, s’assurer du parfait état de fonctionnement des systèmes cardiaque et nerveux de celle-ci. Le but était d’émerveiller. Pas de déclencher une crise cardiaque ou d’hystérie.

Avec une danseuse étoile, il y avait peu de risques de ce côté-là.

Ensuite, connaître ses goûts et, surtout ses dégoûts.

Il est des gens qui détestent une couleur, un parfum, les monstres, parfois les trois!

Imaginons une “cible” superstitieuse (chez les comédiennes, cela peut arriver...) exécrant le vert, détestant l’odeur du soufre, ne supportant pas le vacarme et redoutant les individus difformes.

Si la Bête du conte surgit soudain de nulle part pour remettre son pli à la Belle, vêtue, coiffée et bottée de vert, dans un boucan infernal et un parfum du diable, c’est la faute de goût assurée et l’échec d’autant mieux garanti que l’affaire est parfaitement menée.

Troisième condition impérative: la capacité du dispositif à disparaître aussi vivement qu’il est apparu. La missive remise, acteurs et machines doivent s’envoler sans fuir, silencieusement, laissant la cible seule, bouleversée, émue ou morte de rire, croyant avoir rêvé et n’ayant pour toute preuve que tout a bien eu lieu que sa lettre à la main et les parfums rapidement dispersés par le vent.

Il faut, pour garantir le succès d’une telle opération, une précision de “forces spéciales” ;-) Le groupe d’artistes et de techniciens complices trouvait immédiatement son nom: le GIGM pour: Groupe d’Intervention Génial et Malicieux.


Venons-en à “la cible”. Et donc au messager...

Marie-Claude Pietragalla avait été consacrée danseuse étoile sur la scène du Palais Garnier après avoir dansé Don Quichotte. Il y avait fort à parier dés lors que ce personnage éveillerait en elle un souvenir cher, empreint d’émotion forte.

L’heure, maintenant.
Il fallait qu’elle soit seule.
Une danseuse fait sa barre chaque matin.
Ses nombreuses responsabilités lui occasionnaient un emploi du temps chargé l’amenant conséquemment à arriver tôt, de préférence la première.
L’opération aurait donc lieu à l’aube.

Le lieu.
Le bâtiment du Ballet National de Marseille se trouve au milieu d’une vaste pelouse qu’entourent quelques arbres. Un bosquet au portail dissimule aux entrants ceux qui peuvent s’y cacher.C'était là qu'à cheval, j'attendrai qu'elle arrive.
Du parking à l’entrée, il faut marcher un peu...
C’était sur ce chemin qu'aurait lieu la "remise".

L’action enfin.
Posté non loin de sa résidence, un motard donnerait le top par téléphone portable au départ de sa voiture.
On déclencherait alors les diffuseurs de brouillard qui nimberaient de brume la surface du jardin. Rien de bien ostensible; je comptais sur la lente dispersion de ses brumes de la nuit.

Adossé à la porte d’entrée, un grand gaillard (qu’elle avait déjà croisé à plusieurs reprises et ne l’effraierait pas) viendrait à sa rencontre dés sa descente de voiture. La croisant à mi-chemin entre le parking et le bâtiment, il lâcherait calmement: “Mademoiselle, je crois que l’on vous suit.”
Un réflexe commun pousse à se retourner à ce genre de nouvelle.
Don Quichotte en armure, monté sur Rossinante, arrive au petit trot et lui tend la missive dans un sourire silencieux, puis continue sa route et disparaît dans la brume, tandis que du lointain parviennent quelques notes de guitares espagnoles.

Il fait beau. Il fait doux. La lettre est légèrement parfumée de jasmin. Le gaillard disparu. Don Quichotte envolé. Les guitares s’éteignent. Un très léger Mistral a dispersé la brume.

Il ne s’est rien passé. Pourtant la lettre est là.

Avouez qu’elle l’a échappé belle!

Heureusement qu’à Marseille, quand on est “estranger”, on ne trouve pas les sous pour louer un cheval.

medium_don_quichotte.JPG

08:10 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (9)

05/01/2007

LA BATAILLE DE LA RONCE

De notre correspondant de guerre.

medium_rouge-gorge.jpg Avec le précieux concours du rouge-gorge jouant du fifre comme toute une fanfare, Danse avec les houx a enfin remporté la bataille de la ronce par une écrasante victoire.

Il n'a pas été fait de prisonnier.

Le grand sachem a bien essayé, la main dans son gilet, de tirer l'oreille de l'oiseau en lui murmurant "Je suis content de vous!", mais n'a pu l'attraper. Le chamane a dit tout bas que les rouge-gorges se moquaient totalement des félicitations de sachem et qu'en plus, ils n'avaient pas besoin de médaille puisqu'ils étaient nés avec.

La victoire a été célébrée par une danse de la bravoure autour d'un grand feu.

medium_Bataille.JPG


Honneur à l'ennemi qui s'est vaillament défendu.

Vais reprendre un peu le clavier, ces jours-ci ;-)))

19:22 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (5)

04/01/2007

CHENE PROMIS, CHENE DÛ, CHENE LA!

medium_Chene_copie.JPG Chène rouge d'Amérique pour ombrager les grands pères quand ils racontent des histoires à leurs petits enfants. Promis hier soir, il est là ce matin.

Si seulement ça allait aussi vite au canal Saint Martin...

Je ne sais laquelle ou lequel d'entre vous (ou les deux, pourquoi pas?) a franchi cette nuit la barre des 20 000 visiteurs, mais je l'en remercie chaleureusement.

Là-dessus, je poste vite car un "Attentat de Beau" se prépare quelque part.

Je reviendrais vous dire en rentrant de déroncer un morceau de quart-monde dont j'aperçois la fin ;-)

03/01/2007

QUELS CADEAUX!!!

medium_DANSE-AVEC1.jpgDire qu'il y a des gens qui se demandent si le Père Noël existe! Oh, je ne le cache pas, allez: j'en ai fait partie. Mais là, plus de doute possible.

J'avais laissé mes chaussons sous l'ordinateur, moins par espoir que par étourderie.

J'allume la bécane au réveil et là! Dans le chausson de gauche, une pub qu'on peut qualifier de magnifique pour Danse avec les houx.

Et dans le chauson de droite, une autre splendide pour les masquelières.medium_DANSE-AVEC3.jpg

Pour les nouveaux venus, les "masquelières" sont des petites constructions en fer forgé ou en bois permettant d'ombrager rapidement des escales fleuries et parfumées (jasmin, chèvrefeuille, rosier grimpant...) le long des promenades. Dessous, on dispose un banc pour les personnes valides, ou rien d'autre qu'un sol bien plat pour les fauteuils roulants.

medium_Masqueliere_1.2.JPG


La mère Noël s'appelle Delphine. Je ne peux pas en dire plus: elle travaille pour une agence de pub.
Enfin, pour johnamarguerite et pour lui seul, c'est la fille à Oué-oué qui prépare des pots de confitures pour financer les jardins de pauvres. C'est ça, le miracle de l'internet et de la famille Noël!

Du coup, on a décidé de fêter ça avec tous mes autres cadeaux! Je n'en revenais pas.

Eric de Mongolfier était assis entre Umberto Eco et Edgar Morin. Au dessert, Luchini nous a dit des fables de La Fontaine. Higelin a chanté et nous avons sabré une bouteille de champagne offerte par un Glaude chez qui j'ai déroncé...

La voisine a dit qu'on nous entendait rire comme si nous étions cent. Elle s'est exclamée: "Quelle ambiance, chez vous, quand vous recevez de la famille!" Et elle a ajouté: "Du coup, ça nous a fait rire aussi, mon ami et moi."

En chair et en os, nous étions deux, plus Fifi Mozart dit Monsieur l'Oiseau, canari pas bien fort.

C'est ça que j'aime bien, avec les livres et les cds. C'est militaire, quasiment! Avec eux, t'es deux, tu parais cent.

01/01/2007

LES VOULOIRS DU JARDINIER

Non merci!

Quelle pantalonade que ces voeux!

Tous les 31 Décembre depuis douze ans, nous avons droit aux "voeux" d'une poignée de gens qui nous disent jusqu'à la mi-Janvier qu'ils voudraient très exactement le contraire de ce qu'on va les voir mettre en place durant tout le reste de l'année. Ou ne pas faire. Ou reprendre d'une main ce qu'ils auraient donné de l'autre.
"D'une main, flatter la chèvre au cou
Cependant que de l'autre on arrose le chou..." (Rostand - Cyrano)

Alors, "mes chers compatriotes" et mes chers visiteurs étrangers, je vais me contenter de vouloir un toît, une soupe, les enfants à l'école et la santé pour tout le monde, et du bonheur pour toutes celles et tous ceux qui se bougent pour y accéder parce que ça ne tombe pas du ciel ("Aide-toi, le Ciel t'aidera!" La Fontaine/Luchini - Encore).

Mais en bonne dialectique,si l'on peut souhaiter une bonne année aux uns, cela suppose que l'on puisse aussi en espérer une mauvaise et je ne vais pas me priver pour en souhaiter une épouvantable à tous les pourrisseurs de vie contrariant les espérances et les projets des précédents.

Un merci colossal à toutes celles et à tous ceux qui m'ont permis de traverser une année effroyable de misère, d'injustice, de sottise, de mauvaise volonté, d'inertie et de médiocrité consommée, année que cependant les sus-cités plus haut m'avait souhaitée excellente.

Au vu du résultat de leurs voeux de l'an passé, il m'aurait semblé judicieux qu'ils s'abstiennent.

Pour notre part ici, nous allons nous contenter de vouloir :
- créer des promenades fleuries, ombragées, parfumées, douces et belles pour nos vieux.
- créer des bancs plus hauts pour que ces mêmes vieux s'assoient et se relèvent plus aisément.
- créer (enfin!) le manège jardinier pour les petits fracassés du corps.
- créer (enfin!) le petit jardin des conséquences pour les petits fracassés de l'esprit.
- publier et vendre des livres, dont un gi-gan-tes-que bientôt.
- monter les pièces "L'affaire Le Pire", "On n'a pas fait Valmy pour ça", "Pompougnac n'existe pas!"
- trouver une ville d'où démarrer "Crame la haine!"
- le tout en essayant de faire travailler des gamins livrés à eux-mêmes.
Et s'il reste un peu de temps, enregistrer quelques chansons et vider quelques fioles avec ceux qui auront participé.

Ca, ce ne sont pas des voeux. C'est VOULOIR!

Comme on dit ici, "Qui aime me suive!"

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