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24/03/2007

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Une fois n'est pas coutume: j'engage tou(te)s les fleurylandais(es) à courir chez leur marchand de journeaux ce samedi matin pour s'y procurer Libération.
François Léotard y publie un texte ma-gni-fi-que intitulé "Maurice, Jean et Raymond" que pour ma part je vais faire encadrer sous verre et accrocher au-dessus de ma table de travail.
C'est beau comme du Zola pendant l'affaire Dreyfus.

Commentaires

Du Zola, p'têt pas … Mais oui, c'est plutôt pas mal.
Depuis qu'il a quitté le marigot politique, le Léo évolue plutôt dans le bon sens !

Écrit par : bernard Langlois | 24/03/2007

Je viens d'aller le chercher au canton, après la sieste.
Je l'ai lu en diagonale, d'abord comme toujours, pour prendre le parfum des mots.

Je me suis dit, comme dans l'admirable texte de Valéry Paul sur les confitures, j'y retourne et là, j'ai respiré et lu comme on doit, lentement pour s'imprégner en respectant les virgules.

Beau texte, en effet, synthétique à souhait. Tranchant même. Il n'a pas le souffle d'un Zola mais a le mérite du fil de couteau. Sec et sans équivoque. Une coupure nette. Sans bavures.

Mais, comme a sous-entendu Bernard, pourquoi n'est il lucide que maintenant? Quel foulard avait-il sur les yeux quand il siégeait dans les ministères avec, dans le fauteuil, l'odeur acre du Maurice?

Mais est-ce suffisant de dire en parlant de Raymond. : " Il aurait pu dire qu'il s'était trompé..." ?

Écrit par : GPMarcel | 24/03/2007

Mus-ca-det!
Fais péter la fiole!!
Je touche le couplé dans le desordre, mais doux Jésus que c'est bon! ;-)
En publiant cette note d'enthousiasme ce matin, vu le terrain, la distance et la pluie, j'avais joué GPMarcel gagnant et Cèpe Debout placé dans le prix Emile Zola. Ca n'arrive pas dans l'ordre mais les deux arrivent en tête. Ah, ce José: quel entraineur!
Alors que, Mesdames et Messieurs, surgissant du diable vauvert et dépassant le peloton par l'extérieur, casaque rouge et toque noire, la place de troisième sera vraissemblablement remportée par...
Mwarf façon Zitrone-à-vous-Cognac-Jay ;-)

Écrit par : Fleuryval | 24/03/2007

Je partage l'avis de Bernard Langlois. Voyez ce qu'a pu faire Carter après avoir quitté la Maison Blanche, Al Gore après ne pas y être entré.

Donc, faisons tout pour empêcher Sarko d'entrer à l'Elysée, vous verrez qu'il deviendra sympa et manifestera contre les flics expulseurs !

Ségo aussi, vous verrez qu'elle arrêtera d'inventionner des mots moches et conduira ses gosses au théâtre en métro.

Écrit par : PMB | 24/03/2007

Troisième PMB monté sur "Doux rêveur", qui voit la Royal dans le métro. Et pourquoi pas Mâdame en pique-nique à Fleuryyland, tant qu'on y est ?!!
On va juste espérer que les commissaires de la course ne vont rien trouver dans ses analyses ;-)

Écrit par : Fleuryval | 25/03/2007

La pluie fait des claquettes sur le trottoir du François,
L' écailler du mérite ouvrait les huîtres pour moi
Pendant que chez Véro, ma douce boulangère
Je prenais des gâteaux , dis donc, quelle galère.

Toum ti tou toum toum toum toum ti tou toum toum toum ti tou

Les hommes ont changé l'heure. Les rituels demeurent.
J'hésite ce midi entre un "La Boucaude" et une "Duchesse d'Albret".
Mon infirmière d'épouse soigne et piquouse.
Le temps est bas, gris, profond.

Je vous conseille le Rancière de cette semaine "Election et raison démocratique" repris pas multitudes.samizdat.net.

Le temps est bas, gris, profond.

Le soleil est dedans. Faut appuyer sur le bouton. Et, s'il n'est pas à portée de main, de sourire, il y est là, faut le chercher, volontaire, pugnace., décidé.

L'église appelle les fidèles.
Je m'enfuis en surprise, je suis un mécréant.

Libre.

Toum ti tou toum toum toum toum ti tou toum toum toum ti tou

Écrit par : GPMarcel | 25/03/2007

N'hésite pas entre "La Boucaude" et une "Duchesse d'Albret". C'est Dimanche! Prends les deux!
Ici, des rayons intermi-temps du soleil essayent tant bien que mal de nous faire croire au printemps, comme des candidats voudraient nous faire croire au changement...
Chabadi badadadou pom pom ;-)

Écrit par : Fleuryval | 25/03/2007

J'improvise notre Claude Nougaro, tu me réponds un Pierre Barouh...va-t-on apercevoir un clivage culturel qui se terminera à coup de muscadet!

Mazette! sieste.

T'avais raison les deux.
Alors double sieste.

D'la bise.

Écrit par : GPMarcel | 25/03/2007

Un petit conte écrit en 94.
Je vous le confie en deux jours. J'ai pas demandé permission Fleuryval.

La montagne

La montagne aux sept mains, comme on l'appeleait dans la région en raison de sa forme tentaculaire, avait fui le paysage.
Elle était fatiguée qu'on lui tire le portrait à longueur de mois d'aôut, qu'on lui grimpe sur le dos, qu'on lui meurtrisse les côtes à coups de piolets pointus, qu'on lui salisse sa chevelure de sapins ondoyants de papiers gras, nauséabonds. Marre. Elle en avait marre.
Alors, une nuit de printemp, vers le mois de mai, la nuit où les muguets poussèrent sans clochettes, aidée par les aigles des nuée, elles sortit ses pieds aux lourdes bottes de granit de la gangue de lave molle...et partit en catimini, insouciante et légère, comme plume de paon aux ocelles d'acier.
Elle écrasa bien sur son passage quelques collines insignifiantes. Mais elle n'en avait cure.
Elle partit, insouciante et légère, se trmper les pieds dans l'océan bleu des matins nouveaux. Se tremper les pieds, le corps, la tête enneigée dans l'eau humide et chaude des lagons des mers du Sud.
Elle partit, insouciante et légère, se rouler dans les prés ruisselants d'herbes vertes.
Elle partit, insouciante et légère, cabrioler à rondes que veux-tu dans les sables brûlants et crissant des déserts de fortune.
Elle voulait vivre une vie, légère et court vêtue, du vent souple dans sa tête de rocaille. Elle voulait vivre une vie d'escapades, de soleils couchants, de mers calmes, de soeurs andines ou népalaises.
Que de choses à voir, à aimer.

Attends moi, montagne! Tu sais, ma vieille, les hommes t'auraient fait sauter à la dynamite. Ils avaient besoin de ta place pour avancer leur langue grise qui, soi-disant relie les hommes...Tes oiseaux t'auraient quittée. Tes fleurs auraient fâné. Tes marmottes auraient abandonné leur gîte d'hiver. Tes izards auraient arrêté leur gambades sautillantes. Ton air aurait senti le goudron chaud aux lignes blanches fluorescentes.
T'aurais pas été épargnée. T'as bien fait de partir.

...à suivre

Écrit par : GPMarcel | 25/03/2007

Merci! Ici, y a jamais de permission à demander pour conter.
Surtout des histoires de montagne qui s'arrache en vadrouille avec ses marmottes et ses izards vers des deserts de fortune.
Vivement demain!

Écrit par : Fleuryval | 25/03/2007

Je livre la fin car je pars mardi pour quelques jours et ne sais si demain j'aurai le temps. Je pars avec dans la tête des amis que je ne connaissais pas il y 3 mois. C'est chouette, non!!!

La montagne (suite)

Donne-moi une de tes mains.
Je connais un coin où tu pourrais te cacher. Il est au fond de ma tête entre sourire et utopie, chimère et tapis volant. Viens, personne ne viendra t'y chercher. A part moi, on n'y vient plus gratter. Viens l'air y est pur et frais, la quiétude sereine, le verbe confiant. Tu m'apprendras l'attente. T'es du tertiaire, tu penses! Je t'apprendrai les hommes.
Viens, s'il te plaît, viens.

Ami, si j'ai, parfois la tête un peu lourde, pesante, rêveuse, ne t'inquiète pas et ne sois pas étonné. J'ai la montagne aux sept mains dans la tête. C'est une amie qui me fait confiance.
Tu vois, je viens de lui raconter l'histoire d'un homme qui...
Non, je ne te dirai pas. Elle, elle a hoché sa cime et des perles de neige ont éclairé mes soleils verts. Mes lèvres épanouissent son sourire.

Et si la montagne accouchait d'une souris, celle qui va où seul l'enfant peut suivre. Tu sais celle qui...
Mais t'es adulte, toi! Tu crois que tu peux?

Range tes tapettes, tu pourrais tuer la dernière.

Écrit par : GPMarcel | 25/03/2007

Me semble qu'on aime les montagnes, ici.


MONTAGNES PYRÉNÉES,
VOUS ÊTES MES AMOURS

Qui peut mesurer ce qu’était, pour un jeune paysan rivé à son clocher, « le camp » de Monsieur l’Abbé, rituel vacancier du début de ses années soixante – départ fin août parce que les travaux d’été sont finis, et que tout coûte un peu moins cher ?
Lequel abbé veille à faire remplir au mieux un car cacochyme hoquetant au ralenti sous les séquoias du presbytère pendant qu’Elvis Presley glousse la romance à la radio du bord. Les bagages arrimés à la grosse ficelle de moissonneuse-lieuse occupent tout le toit, les soutes regorgent d’ustensiles de cuisine, de réserves alimentaires, surtout pommes de terre (et confitures de carottes faites par Maman qui, la honte, ne peut guère payer autrement), le chauffeur jure des cent mille bon d’là parce que tout ne va pas rentrer. Ajoutez une vingtaine de jeunes mâles mal dégrossis dont un grand flandrin tout en guiboles pas peu mariole de son premier départ, et c’est parti !
Pour les Pyrénées imaginaires de ma vieille géographie écornée, qui deux jours après profilent leur longue crête d’un évanescent gris de plomb au bout du plateau de Lannemezan. Qui m’offrent brusquement un insoupçonné monde à trois dimensions : d’étroites routes en colimaçon, des prés pentus à rouler-bouler tout seul jusqu’au bas, des nuages cotonneux montant de la vallée pour me surprendre, je peux les toucher d’un doigt étonné. Et, la nuit, saisie au vol par la vitre de l’autocar, cette vision magique de lumières fixes dont je ne comprends pas tout de suite qu’il s’agit de maisons accrochées à flanc de montagne : même après que j’aie réalisé la présence de ces vies suspendues, des étoiles continuent de planer pour moi dans l’espace.
Mais surtout, une fin d’après-midi au Foyer Rural et rustique de Laruns où nous logeons, dans l’atmosphère fantomatique d’un brouillard qui n’a guère faibli de la journée, un curieux brouhaha dévalant la montagne : légers crépitements comme venus d’un feux doux, sonnailles cristallines, bêlements, jappements acérés. Cent et mille moutons en transhumance aux ordres de leurs chiens, quittant les odorants charmes aériens de l’été pour quelque étroite prison de plaine.
Ce sera moins poétique quand, à la frontière, l’un de nous montera sur la borne et gueulera (avant de tomber) : hé, les gars, je suis en France, et je pisse en Espagne ! Cette pisse était le sous-produit d’une monumentale cuite à l’anisette, première d’une série où il varia les liquides, achevée vingt ans après sur un vélo et sous un camion.

Écrit par : PMB | 25/03/2007

@ GPMarcel
Du coup, fais gaffe de ne pas lui provoquer des avalanches avec les cotons-tiges! T'inquiètes pas pour les souris: il n'y a pas de tapettes à Fleuryland. Juste les chats de Valdo ;-)
@ PMB
Superbes souvenirs, écriture remarquable. Merci pour tou(te)s.

C'est génial, cette histoire. Je pense que nous devons être l'un des seuls blogs de la toile francophone sur lequel des mecs avec des chamois dans la tête échangent avec des gens peuplés de transhumances et d'orchestres symphoniques. Surtout en ce moment! ;-)))))))))))
Et surtout au bas d'une note consacrée à un texte de François Léotard!
C'est évident, le sectarisme a du plomb dans l'aile!
Elégante pirouette sur le lac des mwarfs ;-)

Écrit par : Fleuryval | 26/03/2007

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