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30/03/2007

AVIS DE TEMPETE!

medium_tornade1.jpgA-t-on remarqué comment une petite averse sous la gare du Nord de Paris nous zappe d'un coup d'un seul les conséquences du réchauffement climatique? Un resquilleur, une petite émeute, une charge de police et hop, l'état de la planète à la trappe. M'avouerez que c'est du costaud, ça: cent coups de matraques qui vous recongèlent la banquise! Ca vous gomme la canicule! Ca vous dépolue la mer et zou, de l'eau claire et à boire pour tout le monde!
Hulot et son pacte dans les choux.
"La terre brûle"?
Comment?
Vous avez dit muleta?

Du coup (si j'ose dire), je publie ce matin un court texte sur le développement durable au jardin parce que quel que soit le (la) prochain(e) président(e), ce n'est pas demain la veille qu'on verra les CRS arrêter les cyclones ni les gardes mobiles contenir les tsunamis.


Développement durable : Côté jardin...

“Placé au point d'équilibre des trois pôles sur lesquels il s'appuie : l'environnement naturel et patrimonial, l'économie et la société, le caractère trinitaire du développement durable est essentiel pour comprendre le concept et le rendre concret.”
Dominique LEVET, secrétaire général de l’Institut Européen du Développement Durable.

“Oui, mais concrètement, qu’est-ce qu’on fait ?” demande le public.

Tentative de réponses au jardin.

Quel environnement plus naturel et patrimonial qu’un parc ou qu’un jardin ? On n’abordera pas le développement durable sans poser préalablement les principes d’éthique sans lesquels rien de sérieux ne saurait s’engager. Et d’abord, en finir avec les caprices de mode devant tout au marketing et les méthodes en cours de vente forcenée.
Un jardinier responsable ne plante pas des variétés tropicales en pleine terre là où la température peut descendre à moins vingt en Janvier!
Il choisit des essences adaptées au climat, au sol et veille à sélectionner ses végétaux en fonction des ressources en eau disponibles sur le territoire.
Il apprend la maîtrise de l’arrosage strictement nécessaire aux besoins de ses plantes et renonce aux pelouses bien vertes en pleine canicule.
Il privilégie le terreau naturel à tout engrais chimique.
Il paille pour éviter le recours aux désherbants et là où ce n’est pas forcément possible, il se baisse, s’agenouille et arrache le chiendent à la main.
Il privilégie les techniques de l’agriculture raisonnée en combattant les maladies et les insectes par d’autres végétaux. Il suit attentivement les progrès de la recherche agronomique en matière d’auto-défense végétale.
Il tient ses serres hors gel en hiver avec de l’énergie propre, capteurs solaires, géothermie, électricité éolienne.
Pour les gros travaux, grands labours, débardage, transports pesants, il recourt plus volontiers au cheval de trait qu’aux moteurs, d’autant que le fumier de l’un enrichira la terre de la roseraie alors que les gaz d’échappement des autres contribueront à un effet de serre paradoxalement nuisible.

Qui aurait prédit au XIX° siècle que “l’effet” de cette intelligente construction de verre destinée à protéger et à développer la vie des plantes se transformerait en gigantesque phénomène à faire fondre les glaciers, à inverser les pôles, à engendrer la mort programmée de nombreuses espèces ? Dont la nôtre !

Le développement durable n’est pas compatible avec la cupidité, ni avec l’avarice, toutes deux responsables de l’urgence de sa mise en place.

Économie ? C’est, côté jardin, toute la difficulté.
Convaincre un client, qu’il soit particulier ou collectivité,
de s’équiper d’un système d’arrosage automatique programmable coûteux, d’engager un jardinier formé aux techniques de culture raisonnée, de consacrer plus d’heures qu’il en faudrait si l’on recourait à des produits chimiques ou à des machines n’est pas chose aisée.
Côté cour, l’appel d’offre attribué au “moins disant”, même si l’on sait bien qu’à terme il sera finalement le plus cher en conséquences, y compris financières, est une règle contemporaine avec laquelle il faut rompre vite.
Comment la faire évoluer autrement qu’en proclamant qu’au jardin aussi, ce qui paraît plus cher est à terme le moins cher!
Si un arrosage automatique maîtrisé à un coût, il n’est rien en regard de celui du gaspillage (et des factures) d’eau dus à des arrosages inutiles.
Si le nombre d’heures passées par un jardinier-citoyen est effectivement supérieur à celui d’un jardinier indifférent à la nature et aux gens, son coût est compensé par l’économie en traitements chimiques et plus largement en impôts qu’il faudra payer plus tard pour financer des stations d’épuration d’eau, réparer, reconstruire et indemniser les victimes de tempêtes, cyclones et autres catastrophes que l’indifférence et la désinvolture génèrent.

Social. Le développement durable ne saurait se limiter seulement au soin apporté au territoire. Il englobe ceux qui le peuplent. Quelle autre raison finalement aurait-on de protéger un espace rendu vide de toute existence ?
Il ne saurait se résumer seulement à la protection des oiseaux. L’Homme doit en être au coeur.

Le développement durable, concrètement, c’est de l’humanisme qui se retrousse les manches.

Le cyclone qui vient de ravager le Sud des Etats-Unis, le Portugal en feu, le tsunami du Sud-Est asiatique, la canicule de 2002, la tempête de 99 peuvent se lire comme de gigantesques réactions naturelles au productivisme à outrance pour satisfaire une consommation fanatique, une boulimie d’inutilités, tout autant qu’une accumultion de négligences. C’est la grandeur de celles et ceux qui se sont trompés, ont pillé, polué la terre de le reconnaître.
C’est le courage de celles et ceux qui font face maintenant aux conséquences des mauvaises pratiques passées.

Développement ? Bien sûr! Mais raisonné lui-aussi.
Durable ? Devant l’augmentation de la fréquence et de la violence des phénomènes qui nous frappent, les parents n’ont pas d’autre choix que de s’y engager avec force.

Parce qu’on ne donne pas la vie pour la compromettre.
medium_tempete_1.jpg

Commentaires

Le rural profond que je suis se plaît et se reconnait dans ton texte.

Notre humanitude doit se conjuguer dans la passion et la "folie" pour qu'elle soit raison.
Lors d'un récent débat auquel j'ai participé j'avais osé cette formule que je redonne.

"Le passionné est celui qui a tout perdu sauf la raison. Il peut s'appuyer sur elle et devient libre, enfin, d'imaginer, d'inventer, de construire autre chose, un autre monde...avec les autres.

Les "fous" sont une nécessité vitale.

Cultivons, sans engrais, les fous en s'inspirant du "désapprendre" de Michaux. dans Fleuryland. Possible!

Écrit par : GPMarcel | 30/03/2007

Fleuryval: "GPMarcel, tu m'as manqué."
Les autres: "A nous aussi!"
Fleuryval: "Plus fort, les autres!"
Les autres: "A NOUS AUSSI !!!"
Fleuryval: "Viens là que j' t'embrasse!"
Les autres: "Ben... ET NOUS ?!!
Fleuryval: "Vos gueules, les autres! C'est lui qui rentre. Non mais!"

'tain, faut tout faire soi-même ici! Même comité d'accueil!!!

La culture des fous sans engrais n'est sans doute pas réservée qu'à Fleuryland, mais avouez tout de même qu'on y contribue TRES sérieusement.

Écrit par : Fleuryval | 30/03/2007

@ Tous et à toutes
ALERTE GENERALE! Fais péter la sirène! Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnn!
Fais tirer le canon 21 coups, Nongueguieu!
On marie la Fanny aujourd'hui!!!
Et c'te nunuche qui vient pas nous le dire! Qui prend même pas un témoin dans la bourgade!!! Faut-i' qu'on l'aime!
Le pique-nique sera donc en plus l'occasion d'un fannyton car j'ai cru comprendre qu'elle aimerait bien un cerisier dans son jardin. Là, évidemment, j'ai mis l'option.
Allez, avec moi, les autres:
"TOUS NOS VOEUX DE BONHEUR, LA FANNY!"
GPMarcel, au guide-chant! Fais péter Mendelson!!!

Écrit par : Fleuryval | 30/03/2007

J'ai fini la jonchée les gars.

J'ai mis ce que j'ai trouvé de mon jardin du sudouest:

Pétales rouges et roses de Pommier du Japon, quelques pétales de Forsythia, des fleurs blanches de pruniers d'ente, quelques clochettes de muguet sauvage (superbe), quelques feuilles de jonquilles et narcisses et les premières anémones sauvages d'un rouge profond tapissant le pré jouxtant le cimetière...C'est joli, c'est gai!!! C'est pas tricolore!

Pour Fanny hip, hip, hip....hourra!

Et Feuryval, n'est ce pas le bruit d'un bouchon!

Pam, pam, papam, pam, pam, papam....

PS: (rempacé par JB) : J'peux fournir des greffons de cerisier qui fait des cerises douces comme comme velours!

Écrit par : GPMarcel | 30/03/2007

M... alors

Le premier mariage à Fleuryland !

Félicitations aux heureux mariés !!!

En plus, j'écris avec un kir dans le nez (pot de départ de plusieurs collègues) et je pars cet après-midi pour un mariageà Lille, alors c'est comme si j'y étais...

Bon week end à tous !

Écrit par : johnmarguerite | 30/03/2007

merci, merci à tous les Hommes Libres, la noce fut petite, intime et belle, le resto excellent, le Monstre a chanté "le chant des partisans" (eh oui...), la nuit de noce fut ... non chut, c'est secret!
Bises à tous

N'hésitez pas, j'ai sorti la grande nape pour pique niquer dans le parc de Fleuryland, y'a des dragées, du vin qui mousse et l'humeur est gaie, je vous attends...

Écrit par : fanny | 30/03/2007

et "Chez Céleste" offre la tournée générale!

GPMarcel, c'est vrai qu'on ne te voyait plus ces derniers temps!


@Fleuryval
ton texte est parfait, bravo

Écrit par : céleste | 30/03/2007

@ GPMarcel
Sur le fond, t'as pas tord. Mieux valent vingt et un canons que vingt et un tirs de poudre. Pis avec ta corbeille du jardin, suis pas sûr qu'on ait une mariée aussi bien décorée de Strasbourg à Hendaye avant longtemps. Pour repasser (vite fait) par la note, on voit bien que tu prends autant soin de ta terre que des gens qui vivent dessus.
Avec un ch'tit bémol quand même: y a le ouistiti. C'est quand même pas le mariage de sa mère qui va occasionner sa première projection de "La soupe aux choux!"
Pour le cerisier, je cherche si un greffon du Sud-Ouest peut prendre dans le Jura sans crever au premier hiver. Te dis ce soir.
Y a une vieille question qui traine sans réponse pour toi: tu pars d'où, pour le pique-nique? Marmande ou Bordeaux?
@ Johnmarguerite
Tu pars à Lille?!! Me dis pas!... Sans armes, au moins?!! Tu sais que la mascotte de "Trente millions d'ennemis" réside par là? Tu vas pas nous liquider la bête des Flandres, au moins?
@ La mariée
Mon Dieu que la nappe est belle et que le bonheur te va bien!
C'est juste suffisant pour prendre soin du monde.
Quand on aura fini le (petit) tour de ça, pour Lolo je re-proposerai une version du chant des artisans. (Avec le P, Druon s'oppose... A son âge!)

Écrit par : Fleuryval | 30/03/2007

@ Céleste
Merci du compliment pour le texte, et de nous y ramener (au texte, pas au bistro...).
Me venait tout à coup comme une vague suspicion: le mariage de Fanny, en plein sujet climatique, ce serait-i' pas un p'tit coup de gare du Nord? Y aurait-il pas des vidéos qui circulent sur le net, et tout et tout?
Naaaan, j' rigole...

Écrit par : Fleuryval | 30/03/2007

Voici un texte signé Maître Boogie, pris sur le BBB, note Ma petite croisière en Bayrouerie, dont je pense qu’il s’inscrit dans l’esprit de cette note.

(...) Je ne suis pas paysan, seulement je m’y engage dès l’an prochain. Je connais plusieurs personnes qui exposent au salon de l’agriculture, des paysans de gauche, qui travaillent pour une agriculture pointue qui est corollaire d’une véritable vision de ce que c’est que de travailler pour l’avenir : des méthodes de culture et d’élevage qui garantissent le maintien d’une diversité animale et végétale pour le futur. Au contraire de la majorité des agriculteurs français, qui ne méritent même plus d’être nommés "paysans" tant ils ignorent leur terre, s’en désintéressent, et tant ils sont soumis aux dogmes ras-du-front des règles de l’exploitation intensive et meurtrière de ce matériau vivant qu’est la terre. Pas de hargne dans mon propos, mais une amère (pour le coup) constatation.
Pour expliquer cette constatation, et acter mon affirmation de non-agressivité, un petit rappel historique, qui ne peut pas faire de mal, dans l’inculture ambiante.
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, il a fallu faire face à la nécessité de nourrir tout le monde, un monde qui le temps avançant ne cessait d’augmenter.
C’est à cette époque que se sont joué des choix décisifs dans ce qu’on appelle la "modernisation de l’agriculture". Mécanisation et utilisation massive d’intrants chimiques ; arrivée du maïs en provenance des Etats-Unis pour le fourrage hivernal des animaux ; rétrécissement considérable de la diversité des animaux élevés et des végétaux cultivés.

[un pas de côté, pour parler du maïs : pauvre en apports azotés, il nécessite un complément nutritionnel pour les bovins qui est... le soja. Le soja, cultivé surtout en Amérique du Sud, Brésil Argentine, correspond à une des réalités de l’horreur économique appliquée parmi les plus palpables, les plus évidentes. En Amérique du sud, on déforeste des milliers d’hectares par an, ou on exproprie des paysans en détruisant des cultures vivrières, pour planter du soja pour nourrir les bovins occidentaux. Les sojas OGM existent, à tel point que certaines régions du Brésil (comme le Parana) se sont déclarée non-OGM).
Et ici le soja aussi contribue à détruire des cultures vivrières, en encourageant la poursuite de la culture du maïs pour le fourrage bovin.
Destruction des cultures vivrières, mise en esclavage des populations américaines, uniformisation des méthodes d’élevage, porte ouverte aux OGM... les conséquences sont nombreuses et dramatiques. Je rappelle au passage que lait - et produits laitiers -, oeufs et viande sont des produits pour lesquels il n’existe aucune obligation d’étiquetage en ce qui concerne les OGM alors même que les animaux qui les produisent peuvent avoir été nourris exclusivement avec des aliments OGM. (qui coûtent 10% moins cher que du non-OGM, en tout cas pour le soja). Fin de la parenthèse].

Tous ces éléments historiques correspondaient à des choix qui, a posteriori, ne peuvent être jugés, selon la base de tout travail d’étude historique : ils répondaient à cette nécessité de nourrir la population dans un contexte de reconstruction et de croissance exponentielle de la population.
Ils répondaient à un objectif de rendement maximum, ce qui était bien une priorité.
Les choses sont différentes aujourd’hui. Les leçons tirées de ce productivisme acharné sont feintes d’être prises en compte. La FNSEA constitue toujours cette mafia pétrie de conflit d’intérêt divers et variés et constitue toujours l’officine et l’éminence grise des successifs ministères de l’agriculture. Les politiques agricoles poursuivent l’accompagnement (et le soutien) du processus de concentration des terres, qui conduit des agriculteurs à "exploiter" plusieurs centaines d’hectares (ces géniaux "agro-techniciens", entrepreneurs ordinaires et maudits vampires de la terre, selon mon point de vue certes un peu radical), au détriment de projets d’installation concernant des surfaces plus réduites et, de fait, des pratiques agricoles plus pointues techniquement et moins polluantes.
(...)

Écrit par : PMB | 31/03/2007

@ PMB
Merci pour cette intéressante contribution ;-)
Certes il n'est pas question de jeter la pierre à ceux qui avaient fait le choix de nourrir un maximum de monde. Mais en effet il existe désormais des pratiques agricoles plus pointues et moins polluantes, voire pas polluantes du tout. Seulement on constate qu'elles ont bien du mal à se propager (un technicien agricole s'est fait voilà peu saisir ses cours sur l'utilisation du purin d'orties) et comme d'habitude, nos politiciens crient au réchauffement de la planète et à la rareté de l'eau sans oser contrarier les grands chimiquiers ni les revendeurs de produits phytosanitaires polluants. Chez moi, on en est à laver l'eau! Sans doute pour ne pas contrarier les jardineries... On pleure sur la rareté des papillons sans remettre en cause l'usage des insecticides. On déplore la déforêstation du Brésil et du Sud Est asitique sans planter ici des bois aux qualités équivalentes à ceux qu'on achète à prix d'or là-bas, comme le robinier avec lequel je vais réaliser mon banc pour personnes âgées.
Et il faut bien du courage dans ce magma d'incohérences et cette incapacité politique à décider pour "prendre soin du monde".
Heureusement qu'à Fleuryland, ce n'est pas de courage qu'on manque! ;-)

Écrit par : Fleuryval | 02/04/2007

C'est pour cela qu'il est essentiel de lire et de s'informer sur les bouquins et articles de Serge Latouche, Paul Ariès, etc...

C'est pour cela que l'on ne peut dissocier vouloir (de surface ou profond) écologique et emprise dictatoriale de l'économie. On ne peut promouvoir l'un si l'on ne casse pas l'autre.

C'est pour cela qu'il faut remettre en cause le productivisme, la monoculture...

N'est-ce pas d'un choix de société dont il s'agit?

Écrit par : GPMarcel | 02/04/2007

@ GPMarcel
Sans aller jusqu'à un choix de société, c'est en tous cas d'un choix de pratiques qu'il s'agit. Avec le concours de ta discipline préférée: la pédagogie ;-)

Écrit par : Fleuryval | 02/04/2007

Lucane ou le cul de l'âne.

Les mandibules serrées, le lucane sylvestre avançait à tatons dans le caramel mou des zones interdites. Son héros, Gene, Kelly pour les cinéphiles fameux danseur des flaques d'eau, l'avait formé aux claquettes.

Je te tiens, tu me tiens par la barbichette...Cyclope des ombres, l'oeil unique qui lui restait, l'autre ayant été jeté par la fenêtre, était fixe et aux aguets. Les antennes frémissantes humaient l'air comme le bambin entrant dans la cuisine ou la confiture fait floc, floc...
Il espérait, notre lucane, comme tous les jours rencontrer, sur son passage, la petite femelle brune qui ne cessait d'aguicher le passant, en balançant au bout de ses six pattes de gros réfrigérateurs hirsutes.
Nul ne se plaignit de cet instant de fraîcheur dispensé dans la canicule outrageusement verte des sentiers de solitude.

Au détour de la rue Sainte Catherine et des vingt cinq ans, il s'arrêta net, freinant de tous ses abéessebaguiens. Il rentra ses griffes d'acier sirupeux qui avaient zébré le bitume comme rais de soleil entre les persiennes entrebaillées d'une fenêtre de chambre, emportant, sur leur portées antistatiques, toutes les molécules de poussières suspensives, dirait Rodin, sculpteur à ses heures perdues, retrouvées par quiconque est un petit peu observateur.

à suivre...

Oui, je sais!

Écrit par : GPMarcel | 02/04/2007

Lucane ou le cul de l'âne. (suite 1)

A cheval sur une borne d'incendie, un énorme capricorne de brume, fier de sa mâlitude assurée, surveillait, lui aussi les allées et venues de la brune piquante. Nous étions le 38 du mois des pâquerettes. L'air était si lourd qu'il craquelait les édifices qui déterminaient la rue. Le dernier orage avait, au désespoir de tous les habitants de cette ancienne cité radieuse, emporté les derniers détails de la sinuosité hyperbolique aux vieillesses ennemies.

Les deux soleils bleus éclairant habituellement les longues journées harassantes de désespoir avaient laissé la place à une guirlande d'astéroïdes artificiels dansant des rocks endiablés dans un ciel de plomb rouge, né d'une explosion lunaire de mémoire terrible. Les insectes avaient été appelés à régner en maître, pourquoi pas coccinelle ou papillon, sur un peuple aussi mort qu'inexistant.

Le néant remplissait les vides laissés par la disparition succulente des petitesses des humanoïdes. Les riens succédaient à des presque pas grand chose. Les cessez le feu étaient partis en fumée. Le monde s'amusait à jouer au ping pong sur la table sans fin d'un infini désagréable.

à suivre...

Oui, ils savent!

Écrit par : GPMarcel | 03/04/2007

J'aime beaucoup le "capricorne de brume, fier de sa mâlitude assurée, (qui) surveillait, lui aussi les allées et venues de la brune piquante."
Néanmoins, dans un souci d'apaisement et en regard des différentes complications que ce signe précis et cette situation si finement observée pourraient m'occasionner ici ou là, m'autoriserais-tu à le transformer en sagitaire ascendant de sagesse ?

Si tu pouvais prendre deux secondes aussi pour préciser qu'il n'y a pas sous tes paraboles surréalistes un quelconque message visant à indiquer où et à quelle heure Nono doit prendre livraison de la marchandise destinée à Mimile, tu éviterais sans doute un déplacement bien inutile aux stups et aux douanes. Merci pour eux autant que pour moi ;-)

Quant au reste, je ne suis pas aussi sûr que toi qu'ils savent, mais je pense qu'une majorité commence à se douter ;-)

Écrit par : Fleuryval | 03/04/2007

Pour être aussi précis que tronçonneuse, je dois avouer que ce texte est de novembre 1994, période à laquelle je me nourrissais de Breton, de Desnos, de Leiris...à lire et relire Nadja, l'Amour Fou...

Aucun message à tirer de ce texte...si ce n'est (dixit Cyrano) "les Français parlent aux Français" , ici l'ombre et la lumière... Ni Nono, ni Mimile n'ont traîné leurs guêtres à Fleuryland.

Aucune Liberté n'est possible si l'adjuvant est requis. (et non pas l'adjudant Tifrice)

Est-ce beau, vé, j'va te dire que je ne sais? Est-ce un message pour les ascendants de lait ? Qui peut me dire?

Ah bon, ils savaient!

Écrit par : GPMarcel | 03/04/2007

M'en doutais!!!
Pour 94, Breton et tous les autres, que t'as pas balancé!
Pour Nono et Mimile, détrompe-toi. Même si on les entend peu, ils jardinent silensieusement des parcelles bio en lisière de bourgade, dispensant à mi-voix des conseils de terre propre, d'eau limpide et d'air pur à des mômes "en rupture" d'on sait bien trop de quoi.
Juste avant Fleury-land, eux, c'était Mérogis. En beaucoup moins fleuri.
Sauf que c'est des timides. Des taiseux. Qui sortent le calibre beaucoup plus facilement qu'ils sortent un compliment. Du genre tu sais plus vite si tu leur as déplu que si t'as fait plaisir. De l'ancien, du solide, du qu'inspire le respect.
Des qui savent que du temps, ils en ont tant perdu qu'ils n'en ont plus à perdre. Le Mimile et l' Nono, c'est comme des mômes de Piaf qu'aurait aimé Villon. Ceux-là, c'est pas demain la veille qu'on modifiera le gène!
Des indiens dans ma ville ;-)

Écrit par : Fleuryval | 03/04/2007

On va se peaufiner le surréalisme pâtiné à la sauce Audiard, tout en finesse et doigté, en clin d'oeil et loucedé. Un velours sur canapé. Un délice , plus doux qu'un velouté de potiron à la crème fraîche que tu avales tellement doucement que chaque papille s'imprègne.

Quand les genres se mélangent, il n'y a plus de prises. On ne peut être catalogué. On n'est plus en références. Hors normes qu'ils disent. Le plaisir de bousculer la machine.

Monsieur me fait honneur. J'aime les taiseux aux sourcils en broussaille que tu n'épiles ni ne fasses.

Je ne les avais pas vus. Faut me changer les bésicles.

A plus Fleuryval et Fleuryland, le jardin attend et je viens de faire rentrer quatre petites poules rousses. Des pondeuses. Vers Juillet, j'aurai des oeufs dont le jaune étonnera le soleil. Mais faut que je ferme l'enclos, le renard est de sortie. C'est son boulot, le bougre.
Faut être plus malin, c'est tout.

Mon père m'appelle pour me donner la main. Merde! Il est décédé depuis huit ans, mais dans la bricole il m'aide toujours.

Adichatz

Écrit par : GPMarcel | 03/04/2007

Adisouritz aussi, si elle veut!
Gaffe à tes poules. Le bonsoir au renard.
Pour ton père, je vois bien. Le mien m'accompagnait dans le bureau d'une juge ce matin.
Normal: c'en était une pour enfants ;-)
J'en dirai plus bientôt. C'est rapport à mes bancs. Une pierre, deux coups, trois raisons d'en boire un à l'heure de l'apéro: Muscadet, la patronne! ;-)

Écrit par : Fleuryval | 03/04/2007

Douche et ... après manger, j'écrirai un bout de la suite. car, du fond du poulailler, j'ai entendu (tu as le don Rémy) la suite, la suite, la suite.

Dont acte.

Céleste, c'est ma tournée! Muscadet pour la piétaille.
Cahouètes.

Écrit par : GPMarcel | 03/04/2007

C'est pour ça que je ne poste pas une nouvelle note maintenant ;-) Faudrait pas que le lecteur se perde dans les archives et risque de tomber dans les oubliettes façon château du "Tatoué".
On aime trop not' monde pour 'i compliquer la vie ;-)

Écrit par : Fleuryval | 03/04/2007

Lucane ou le cul de l'âne. (suite 2)

Le capricorne de zébu surveillait la brune urticante.
A regarder de près, la borne d'incendie avait l'insignifiance de ses soeurs citadines. D'un rouge qui aurait pu être moins vert, elle trônait, stupide, au carrefour des rues sans illusions, un chapeau ridicule sur la tête, prête à rendre un service qu'elle ne pouvait donner.
Il y avait belle lurette qu'il n'y avait plus d'eau et son corps encloqué de peinture ne recevait que des visiteurs inattendus, tel ce capricorne d'abondance le long des golfes clairs.
Aussi taciturne que nocturne il surveillait, de ses huit yeux, la brune hérissante. Il avait jeté, en même temps que son âme aux orties, son dévolu sur cette petite bestiole au charme de cutine alvéolaire.
Elle était percée de partout. Faire les cent pas sous un ciel d'acide bénéfiquement tragique laisse des traces qui, pour indélébiles qu'elles soient, n'en étaient pas, pour autant, gruyèrement taraudantes.
La petite bestiole n'avait de nom que celui qu'elle portait lourdement, comme un fardeau des mûles du pape. Pour plus de simplicité, nous l'appelerons: Egout. Trouée comme un grille, elle plaisait à quiconque voulait avoir la gentillesse de se baisser pour admirer le velouté de dessous de ses pattes: la seule chose originale qui lui restait.
Quand on discutait avec elle, du bout de ses antennes racornies, elle laissait passer des messages d'espérances ironiques: "tu vois, mon look d'écumoire me permet de t'affirmer qu'en faisant les cent pas le long des trottoirs verreux...je passe le temps."

Mais laissons là, la petite gagneuse encombrée qu'elle était de ses réfrigératuers torrides.

Le capricorne tropical regardait, tel un hibou chassieux, de ses huit yeux avaugles, son gagne-pain monter les marches de l'hôtel borgne à l'enseigne du doryphore libidineux.

A suivre...

Il eut été malheureux qu'il ne le susse point.

Écrit par : GPMarcel | 03/04/2007

... Et elle, donc!

Il est vrai qu'à partir d'un certain âge, l'imparfait du subjectif devient un droit inaliénable.

Écrit par : Fleuryval | 03/04/2007

Pour ne pas trop squatter

Lucane ou le cul de l'âne. (suite 3 et fin)

Comment sauver Egout de ces turpitudes angéliques grommelait notre lucane au travers de ses mâchoires qu'il avait hélas perdues lors de la dernière attaque des abeilles butinant les fleurs de béton poivré. Leur vol aussi serré que des avis d'imposition dans le classeur d'un percepteur aphone, avait fait des ravages merveilleux.
Seuls quelques abdomens avaient resisté à l'assaut des intrépides façonnières hexagonales. Les autres insectes avaient péri et s'entassaient pareils aux corons des carrés militaires dans l'herbe tendre des prés arides. Les trous d'Egout en avaient bien accueilli quelques uns, mais elle ne pouvait pas supporter toute les misères de ce non-monde.
Egout montait, Capricorne guettait, Lucane se demandait : trio au logis des farces boulevardières.
On imaginait bien: Egout gentillette, Capricorne souteneur sur les bords, Lucane amoureusement débile. La sauce pouvait bien monter en mayonnaise. Il manquait que la pointe de vinaigre pour que tout prenne feu.
Résumons: une borne d'incendie, des freins abééssebaguiens, un hôtel non-voyant d'un oeil, deux insectes plus un, la nuit, des lunes comme s'il en pleuvait, un froid bitume en sueur, la joie profonde d'une fin d'histoire sordidement banale.
Au moment où Egout montait, Capricorne guettait, Lucane se demandait...un chat noir, descendu des profondeurs d'un arbre de Noël enluminé s'abattit comme ondées aux plumes de paon sur les insectes interdits, noyant le tout dans une flambée d'étincelles de roche.

Cela aurait pu être une fin si, de la gueule du chat noir, hurlant de douleur, ses testicules s'étant prises dans les trouées béantes de notre chère Egout, une petite souris grise n'était sortie chantant l'nternationale à la barbe du dernier des Mohicans.

Surprenant, non!
Bon choix madame, bon choix monsieur.

Vous le saviez. Alors, pouquoi?

Écrit par : GPMarcel | 03/04/2007

Autre avis de tempête, donné par Miss Grabuge* :

http://michelonfray.blogs.nouvelobs.com/archive/2007/04/03/le-cerveau-d-un-homme-de-droite.html#comments

* J'avais tapé Garbure ! Honte à moi !

Écrit par : PMB | 03/04/2007

@ PMB
Pas de honte à avoir pour la meilleure des soupes du Sud-Ouest ;-)
Par contre, Sarkozy, Onfray, Grabuge, ça m'en fait deux de trop.

Écrit par : Fleuryval | 04/04/2007

@ GPMarcel
J'aime beaucoup, mais je n'ai pas forcément des goûts universels ;-)
Notre bibliothécaire (entre autres) dira sans doute ce qu'il en pense.
Si, à la suite de tes trois épisodes ici, un éditeur te propose de publier:
1 - tu nous dis lequel avant de signer.
2 - tu prépares deux cartons de six pour le pique-nique ;-)

Écrit par : Fleuryval | 04/04/2007

On m'appelle ?

Je pars du principe que celui qui vous fait lire ce qu'il a écrit vous invite au sens fort chez lui...

J'ai donc été heureux et flatté de l'invitation de GP Marcel où je n'ai décelé nulle ostentation, ni prétention, ni mauvaises manières...

Au contraire, il s'agissait d'un texte offert de bon coeur, comme un bon gros gâteau, avec que des bons ingrédients à l'intérieur.

En résumé, le genre de choses qui ne se refusent pas ! ; )

Écrit par : johnmarguerite | 04/04/2007

Ben tu vois, GPM, c'est une affaire qui tourne!
Prépare-toi pour le Goncourt et rajoute deux cartons de six ;-)

Écrit par : Fleuryval | 04/04/2007

Point commun de PMB avec MO : l'athéisme.

Avec NS : aucun. Ça surprend, hein ;-)

Écrit par : PMB | 05/04/2007

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