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10/10/2007

EOLIENNES

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Ha mes ami(e)s!

Je sors d’une rencontre “entrepreneuriale” et, en mon âme et conscience, je me dis que je n’ai pas le droit de garder pour moi seul une aussi pathétique expérience.

Qu’est-ce ?

Une “rencontre” organisée par une association d’anciens entrepreneurs, cadres et chercheurs décidés à “aider” la création et le développement d’entreprises sur mon secteur et à... faciliter les financements de l’innovation.

Du coup, je lâche un peu mon jardin de racaille et mes parcours de santé et je vais.

Rapport que j’ai moi-même quelques innovations en attente de financements...

A quoi ressemble-ce ?

Ca se passe dans une petite salle polyvalente aussi joyeuse qu’un salon mortuaire, grand tableau et rétroprojecteur en plus pour diffuser des transparents conçus comme des faire-parts.

Le lieu est assez bien assorti aux participants. J’ai d’abord cru que je m’étais trompé et que j’arrivais au conseil d’administration d’une entreprise de pompes funèbres. Jaunies, ternes, des tronches longues comme des jours sans pain, on messe-basse, on chuchote, on fronce du sourcil, on opine du chef et on prend un air entendu pour montrer à l’interlocuteur qu’on a compris sa confidence.
On n’y rit pas. Jamais. Se coincerait-on les doigts dans une porte qu’on ne crierait pas non plus. Un rituel secret mais terriblement efficace et scrupuleusement observé y veille.

La séance commencée, vocabulaire et syntaxe sont raccords. Ces gens ont beau parler naissances, incubateurs et pépinières, tu vois d’abord le corbillard, puis la gerbe et le trou. Même à propos de “création”, ça suinte l’ennui, ça sent la mort.

D’abord, l’organisateur se présente.
Puis, “en deux mots” qui doivent en faire en réalité mille sept cent quatre vingt quinze bon poids, il rappelle à quoi est censée servir son association, son historique, et cite tous ceux grâce auxquels...
Toi, pauvre buse, tu ne savais pas tout ça!!! Tu pensais venir à une représentation de la Traviata!
“C’est pour dîner ? demande le serveur au restaurant.
“Non, c’est pour faire un tennis!” (JM Bigard)

Puis s’énoncent les excuses de toutes celles et ceux qui, malades ou occupés ailleurs, n’ont pas pu venir.

Toi, assis sur la chaise la plus proche de la porte (en rentrant tu sentais intuitivement que tu n’allais peut-être pas rester jusqu’au bout), tu les comprends...

Enfin viennent les “deux” mots de bienvenue du maire qui a tenu à accueillir personnellement tous ces énergumènes qui, va t’en savoir pourquoi, voudraient créer de la richesse et de l’emploi sur sa commune. Les salauds!

Puis qui confesse que dans son coin, on n’a pas la culture “entrepreneuriale”. Curieux: à deux kilomètres à vol d’oiseau, il y a la seconde école mondiale de management, l’INSEAD! Qui, il est vrai, irradie peu, localement.
Son bourg évoque davantage une maison de retraite que la Silicone Valley et les verrous s’y vendent mieux que les clés usb...

Et conclue, cerise Rougon sur le gâteau Macard, que la communauté de communes est réticente à aider des entreprises qui s’arracheraient du “territoire” sitôt qu’on leur proposerait mieux ailleurs.

Gigolose atmosphère:
Le maire: “Si je t’aide, tu vas me quitter!”
L’entrepreneur : “Mais si tu ne m’aides pas, je meurs.”
Le maire : “Finalement, j’aime mieux ça...”

Puis “interviennent” des “porteurs de projets” en “phase d’incubation” (sic). Comme qui dirait des têtards qui raconteraient toutes leurs misères existentielles à devenir des grenouilles.

Et là, tu commences à t’emmerder grave.

T’es venu chercher du cash. Pas de la psychanalyse.

Alors tu glisses un sourire à une Gentille Organisatrice (bénévole) et tu lui demande à voix basse à quelle heure doivent intervenir les “financiers”.

Et là, stupéfaction, elle te répond qu’il n’y en a pas.
Personne. Pas une banque. Pas une caisse d’épargne. Pas un fond d’investissement. Rien. Nada. Nothing. Nib!

Alors doucement, sans faire de bruit, tu ramasses ta musette et tu t’arraches tout ébouriffé.

Comme sorti d’un champ d’éoliennes.

Pareil.

Ca brasse du vent et ça dégage moins d’énergie que ça en gaspille.

Commentaires

Tu n'as rien dit de leur tenue vestimentaire.
Etait-elle à la hauteur de l'ambiance mortifère, genre décomposition de feuilles mortes. Un marron à glacer les sangs?

Comment perde son temps à des fariboles et autres sornettes!

Réunion très tendance donc.

Innovons dans le cercueil des idées. N'oubliez pas les deux poignées sur les côtés, merci. C'est pour serrer les mains.

Écrit par : GPMarcel | 10/10/2007

Peu de marron malgré l'automne, GPMarcel ;-)
Du noir surtout, du gris beaucoup, et de la cravatte d'enterrement. Sans rire, avec son tailleur fushia, Roselyne Bachelot serait passée pour Nina Hagen. Excellentissime, le cercueil à idées! Standing ovation et trois rappels ;-)))))))))))))))))))))))))

Écrit par : Fleuryval | 10/10/2007

Tu me fais beaucoup de peine en disant du mal des éoliennes.
C'est paske t'es en colère?

Écrit par : mc | 11/10/2007

@ MC
Je ne dis pas de mal des éoliennes.
Des gens bien mieux documentés que moi le font avec brio pour l'approche française (Suis les liens chez Borja)
Je déplore seulement que des gens fonctionnent comme.
C'est à la taille qu'elles font et au peu d'utilité qu'elles ont qu'on regrette les moulins.
Et qu'un Don Quichotte père se dit: "Bon. J'y retourne!"
Pas en colère.
Lucide.
Souvent, ca va de paire.

Écrit par : Fleuryval | 11/10/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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