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25/01/2008

SEPT MILLIARDS... ET DES OEUFS.

7fc21332daab6f8b375c68de292a1672.jpgVeux-tu bien arrêter de rigoler, Anaxagore ?

Anaxagore de Clazomènes, philosophe grec de l’antiquité d’une étonnante modernité, est plié en deux et se roule sur mon tapis comme un dératé depuis hier.

C’est lui qui inspira à Lavoisier son célèbre principe: “Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.”

D’habitude, Anaxagore sait se tenir.

Sagement assis sur une étagère de ma bibliothèque, Anaxagore médite, réfléchit, songe... dans un silence de mort.

Mais là, quand il a entendu dans la même information que la Société Générale avait perdu cinq milliards à cause d’un courtier fou et ne retrouvait ni le courtier ni les sous, Anaxagore a murmuré: “Ils ne vous prendraient pas pour de gros benêts, des fois ?”

Devant mon air ahuri, il a poursuivi comme il aime à le faire, en illustrant sa question: “Toi, par exemple, tu perds une pièce de cinquante centimes parce que ta poche est trouée. Un gamin qui marchait derrière toi la trouve par terre et court chez l’épicier s’acheter des bonbons. Tu n’as plus ta pièce, mais elle n’a pas disparue. Elle est chez l’épicier.”

D’un air malicieux, Lavoisier ajouta: “Elle s’est pourtant un instant transformée en bonbons...”

“Oui, mais là, il s’agit d’une fraude...” risquais-je.

“C’est pareil pour le vol et la fraude, mon garçon.”

(Je ne sais pas pourquoi mais j’ai horreur qu’Anaxagore m’appelle “mon garçon”.)

Il poursuivit: “Tu te fais piquer un billet de vingt par un voleur ou tu te fais détourner un virement par un escroc, tu n’as plus tes sous mais un autre les a.”

“Et les transforme à ta place...” soupira Lavoisier.

“ Un billet de vingt, d’accord. Un virement de chantier, peut-être. Mais là: cinq milliards!... Ca ne s’évapore pas dans la nature comme ça!”, objectais-je le plus respectueusement possible.

“C’est là que nous voulions t’amener, notre garçon!”, répliquèrent dans un sourire et d’une même voix taquine Anaxagore et Lavoisier, avant d’être pris d’un fou rire inextinguible qui dure depuis hier.

Je n’avais jamais entendu rire aussi fort toute une bibliothèque.

Comme ces deux-là ont le rire communicatif, j’ai fini par me marrer aussi et je vous livre l’anecdote au cas où la rigolade pourrait se transmettre par internet.

Je vous laisse pour un moment.

Comme il y a sept milliards dans la nature (deux de plus à cause de ces salauds de pauvres américains;-)))))))), j’enfile le blouson, je lasse les godillots et j’emmène le chien faire un tour.

On ne sait jamais...

Si je les trouve, ce soir, ce sera omelette aux milliards pour (presque) tout le monde!

Cèpe Debout, tu as pris ton panier ?

Commentaires

Tu la prépares comment, l'omelette aux milliards ? A la provençale ou à la bretonne ?

Écrit par : Gédéon | 25/01/2008

Les gars, j'ai amené avec moi des cornichons.
J'aime bien l'omelette avec des cornichons.

Drole de goût qu'ils ont, vous ne trouvez pas!
Mais, on est entrain de se bouffer.
Les c..ornichons, c'est nous.

Vont-ils vraiment nous prendre pour des c..s pendant longtemps.
Là, tu vois, je crois que j'en ai assez.

Pète la boutanche, ma gastro me fait tordre mais pas de rire, non, pas de rire.

Écrit par : GPMarcel | 25/01/2008

A la solognotte, Gédéon!
Laver soigneusement dans une eau légèrement vinaigrée (on n'est jamais trop prudent avec l'argent sale), dégouttez soigneusement puis trancher les milliards menu, pas plus épais qu'un million.
Salez, poivrez.
Dans une sauteuse, faîtes chauffer à feu vif un peu de matière grasse (ici, on a une vraie préférence pour le beurre) et laisser suer les milliards qui, à ce stade, sentent encore la sueur d'ouvriers, de paysans, d'artisans et de tous ces petits métiers de pauvres sans lesquels on ne ferait jamais pousser les milliards. C'est comme le champignon de Paris, le milliard. Ca ne vient vraiment bien que dans l'ombre et sur le fumier.
Tandis que les milliards suent, battez vos oeufs en rajoutant un verre de lait. Quand les millions commencent à brunir, (Non, GPMarcel, pas à carlabrunir!), ajoutez votre préparation, ramenez à feu doux et mélangez doucement à la papinette.
Décorez d'un peu de persil frais, de ciboulette hachée menu et servez bien chaud accompagné d'une salade de mâche ou de quelques feuilles de cresson. Accompagnée d'un Chiroubles ou d'un Juliénas, votre dîner pourrait attirer des visiteuses et des visiteurs de renom.
Un seul mot d'ordre: finir la gamelle avant qu'ils arrivent!

Écrit par : Fleuryval | 25/01/2008

Ha te voilà, GastroMarcel!
Et tu crois vraiment que tu pourrais gagner sans rire ?
Allez, assieds-toi et mange pendant que c'est chaud.
Un p'tit muscadet avant ?

Écrit par : Fleuryval | 25/01/2008

Les commentaires sont fermés.

 
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