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27/08/2006

CULTURE: ACTIONS (Suite)

Toujours dans le cadre de notre "laboratoire d'été" et pour un dimanche studieux, suite des propositions concrètes pour alléger un peu les conditions de la création et de la production ici.

c ) : UN AUTRE PARTENARIAT : LA CO-PRODUCTION "A L'ENVERS".

Le principe en est simple: au lieu d'attribuer des sommes destinées à financer des matières premières, des lieux, des outils, bref des moyens techniques, mettre ceux-ci directement à la disposition des artistes.

Le tout premier exemple dans la chaîne de créativité serait une infrastructure bureautique nécessaire à la réalisation de ce que la République leur demande.
Pour un film de long métrage par exemple, la Commission d'avance sur recettes du Centre National de la Cinématographie demande 34 exemplaires du dossier comportant : La "Continuité dialoguée", les notes d'intentions techniques, le budget prévisionnel (encore lui), le curriculum vitae du réalisateur, les copies des lettres d'acceptation des acteurs et tous les documents de "partenariat" ! Soit un "dossier" constitué d' environ trois cent pages, qu'il conviendra de relier, évidemment...
34 fois 300 pages nous font : 10 200 photocopies pour le seul C.N.C. !
Auxquelles il conviendra de rajouter un exemplaire pour le dépôt de protection des droits à la S.A.C.D., une bonne vingtaine pour les comédiens auxquels on a pensé en écrivant, dix exemplaires pour les productions privées et autant pour les chaînes de télévision, soit quarante et un exemplaires de plus. In-con-tour-nable : cela fait 95 exemplaires seulement pour commencer.
Ce qui porte la masse paperassière à 95 fois 300 pages qui nous font ?
28 500 photocopies. On croit rêver.

Avec une " combine " à 25 centimes la photocopie, cela donne déjà 7186, 00 euros.
Auxquelles s'ajoutent les 95 reliures, le taxi ( avec ce que ça pèse, on ne va pas le distribuer à pied) ou la poste (à condition d'avoir fait un héritage).
Ce qui donne environ 8 000 euros, trois jours au moins sur les machines et, à 1.3 Kg le dossier, 125 kilos de papier à distribuer. Pour les parisiens, c'est grave, mais relativement simple. Il y a la R.A.T.P., les copains coursiers...
Je n'ose penser à ce que cela donne quand on habite Bayonne ou Pontivy...

Au sortir d'une période où le travail et l'argent sont devenus presqu'aussi rares que les qualités de coeur au Front National, il faut impérativement gagner un Tac o Tac ou perdre un proche pour pouvoir présenter un projet !

Vous m'avouerez Madame ou Monsieur le Ministre, qu'il est déplorable que ma participation à la culture d'en France dépende à ce point de la Française des Jeux ou du décès de ma pauvre mère.

Qui aurait bien tort de mourir en général et pour ça en particulier puisque dans la plupart des cas, le "dossier" ne sera pas même lu !

Il serait donc tout à fait utile que le Ministère de la Culture mette en place dans ses locaux un grand centre de photocopie accessible à tous, équipé de machines à brocher.
Gratuit, sur place ou dotée d'une navette de service interne, cette unité supprimerait tous les frais de pré-production : photocopies, reliures, acheminement. Ce qui aurait l'avantage de permettre à la République d'être systématiquement co-productrice à une hauteur dérisoire des projets de ses fils les plus nécessiteux.

Dans le même temps, il serait tout aussi raisonnable d'en finir avec toute cette paperasse et de généraliser dans les services l'utilisation des cds informatiques. Beaucoup moins chers, beaucoup moins lourds, beaucoup plus vite copiés et envoyés, elles diminueraient en même temps considérablement les angoisses écologistes face au monstrueux gaspillage de papier qu'implique l'actuel fonctionnement de notre administration en général et de celle de la culture en particulier.

Le principe de "production à l'envers" s'étendrait bien sûr au delà de la présentation des projets.

Avec la mise à disposition temporaire d'ateliers pour la réalisation des décors et des costumes, d'entrepôts pour leur stockage, de moyens de transport, de salles de répétitions, voire d'une partie du personnel ministériel qui pourrait prendre en charge, dans les productions, la comptabilité, la communication extérieure, la sécurité, les relations avec les assurances...
Avec la possibilité de co-production avec d'autres ministères susceptibles d'intervenir en hommes et en matériel dans les grands projets ( Armées, Affaires Étrangères, Budget...)
Le chantier de cette possibilité est considérable et mérite amplement qu'on s'y consacre avec ferveur dès que les circonstances auront rendu à nouveau possible la fédération constructive de l'imagination, du courage et de l'innovation. Il y a là une source d'économies et d'enthousiasme dont la France en général et ses artistes en particulier ne sauraient se passer.

Vivement demain !

Mais continuons la visite. Suivez-moi s'il vous plaît dans

Paris l'enfer.

3 : L'INDIFFÉRENCE ET L'IMPOLITESSE ADMINISTRATIVES

Ils en ont déjà déposé quelques tonnes, de ces lourds dossiers, dans les "services concernés " du ministère adéquat, les auteurs d'autour de ma table.
En cinéma, en musique, en fêtes publiques...

Pour rien.

Dans ces bureaux sinistres peuplés de personnes aussi indifférentes que provisoires, ce n'est jamais la bonne époque... La "Commission compétente pour les attributions des subventions ne se réunira pas avant six mois au moins", "le responsable n'est pas là", "les caisses sont vides", et les auteurs ne fréquentent pratiquement jamais ce fameux "quelqu'un-qui-puisse-appuyer-le-dossier".
Ils ont téléphoné souvent pour prendre des nouvelles de la progression du projet dans les "services". Service? Rien que le mot amuse. Vieille blague de métier: Savez-vous à quoi on reconnait un fonctionnaire français ? Réponse: Quoi qu’on lui propose, il va d’abord trouver quinze bonnes raisons de ne pas le faire. Ou de le faire moins grand. Ou de le faire moins beau. Mais surtout de le faire sans lui.
La preuve ? Les personnes concernées n'étaient jamais là.
Ils étaient habitués. Dans le show business où personne n'arrive avant onze heures, où tout le monde part de une à seize heures déjeuner et où, les bons jours, on ne revient que pour un petit trente minutes avant de partir affronter les embouteillages des cocktails du soir, c'est comme ça.
Mais ils ont beaucoup de peine à accepter que le fonctionnement public s'envisage sur le même modèle que celui des labels new-age.

Alors, un peu fâchés, ils sont venus en personne prendre des nouvelles de leur dossier. Ils ont demandé poliment, puis fermement, puis sévèrement... Rien n'y a fait. Personne ne savait. Personne ne sait jamais. Le dossier avait disparu, sans doute noyé dans l'océan de papier noirci d'idées mortes.

Voilà donc déjà longtemps qu'ils ont renoncé à prendre le chemin du Ministère censé s'occuper d'eux et des projets qu'ils établissent.

Ils rêvent de le retrouver.

CLAIRE ET NETTE.
Remède simple et d'un coût ridicule : un courrier à tous les personnels des affaires culturelles :

" Madame, Monsieur,

Vous bénéficiez de l'invraisemblable privilège de travailler ici.
Vous êtes les premiers récipiendaires de tout ce qui fera rire, émouvoir, imaginer, penser le pays. Tout ou presque ce qui marquera les Français et peut-être le monde dans les années à venir passe par votre service, par votre bureau, dépend de vous autant que de ceux qui l'ont écrit et de ceux qui vont le réaliser.
Vous faites partie intégrante de la chaîne de la création.

Ayez donc la bonté de recevoir les artistes avec courtoisie, de les renseigner avec gentillesse, de les orienter dans vos couloirs avec le sourire et de prendre grand soin des documents qu'ils vous confient en méditant sur le fait incontournable que s'ils ne peuvent pas grand chose sans vous, vous ne seriez pas là sans eux.

Dans le cas fort improbable où ces recommandations purement humanistes ne seraient pas mises en pratique par des personnes égarées contre leur gré au sein de notre belle administration, celles-ci doivent savoir notre conviction qu'on ne fait bien que ce que l'on aime et se préparer psychologiquement à des mutations vers des postes où la mauvaise humeur et le goût de la solitude constituent des avantages professionnels. Tel que bibliothécaire en Terre Adélie, directeur de théâtre aux Kerguelen ou réceptioniste à l’opéra de Terre Neuve.

Votre Ministre


Il conviendrait peut être d'intervenir sur cette note dans sa forme...
Pas sur le fond, duquel nous avons déjà ôté tout un aspect préventif des risques inéluctables de "débordements"...

06:16 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (4)

26/08/2006

CULTURE: ACTIONS! (Suite)

Comme le fait si brillament remarquer mon éditeur à moi que j'ai sur son excellent blog "des livres et moi" (ça, c'est pour préparer le terrain pour une petite demande d'à-valoir en début de semaine prochaine mais n'allez surtout pas le lui dire), c'est le moment des universités d'été des partis politiques.

C'est rigolo d'appeler ça des universités parce qu'en général on n'y apprend rien qu'on ne savait déjà.

Donc L'Art Existence!, toujours dans le but de créer du bel et bon dans des conditions moins pénibles que celles que nous connaissons, poursuit son débat sur la culture dans le cadre de ce que nous appellerons son "laboratoire d'été".

Suite donc de la lettre adressée au prochain ministre de la culture et à vous.

A vous surtout parce que s'il m'est devenu coutumier de faire sans lui, je n'ai jamais rien pu faire sans vous.



2 : LA DOTATION, LA COMMANDE ET UNE AUTRE CONCEPTION DU PARTENARIAT.

a ) : LA DOTATION -

Imaginons un système plus proche de la bourse que de la subvention. Un système dans lequel une règle serait fixée : celle du "faire avec". Ce n'est pas une nouveauté : les classiques "faisaient avec". Dans bien des écoles américaines, aujourd'hui encore, c'est la base sur laquelle on construit tout ce qui est à venir.
Le "faire avec", c'est le law budget. Le petit budget.
La philosophie du principe repose sur cet axiome indémontable que l'argent n'a jamais fait le talent. Un "Huis clos" de Sartre avec trois personnages, trois costumes et un seul décor, bien joué, bien mis en scène et bien filmé vaudra toujours mieux qu'un péplum avec trois mille figurants et d'énormes moyens... sans histoire et sans talent.

Gabin disait : "Il y a trois conditions pour faire un bon film. La première, c'est un bon scénario. La seconde, un bon scénario et la troisième ? Un bon scénario". On pourrait le paraphraser à l'infini pour les trois conditions d'une belle image, d'une bonne musique, d'une forte mise en scène... De l'imagination un peu, du travail beaucoup, surtout de la passion pour ce qu'ils font au coeur de ceux qui le font.

Concrètement, il s'agirait de mettre en place un certain nombre de bourses d'égal montant deux fois par année dans les différentes disciplines. Par exemple, 30 dotations en Janvier de 32 500 euros pour la réalisation de courts-métrages. Quelles qu'en soit les raisons, le montant de ces sommes ne pourrait être réévalué.
La même chose en Juin.
Bien sûr, les réalisateurs bénéficiaires de la première série d'attributions ne pourraient prétendre à la seconde.

Nous aurions ainsi chaque année soixante jeunes réalisateurs (et donc soixante équipes de tournage) en mesure de travailler sur des oeuvres où, nécessairement, le sens de l'histoire dominerait l'accessoire. Puisqu'avec le fonctionnement actuel du non-marché du court-métrage, il sera particulièrement difficile de trouver les financements complémentaires propices à diluer.

A ceux qui objecteront qu'il s'agirait là d'une mesure de "restriction insupportable de l'ampleur des projets", nous répondrons d'avance que c'est en fait une mesure d'élargissement considérable du nombre des bénéficiaires. Que "Qui peut le plus doit pouvoir le moins et qu’en tous cas qui ne peut pas le moins a peu de chance de pouvoir le plus" et que s'il leur faut absolument des budgets pharaoniques pour faire rire ou rêver leur contemporains, ce pourrait bien être la preuve qu'ils manquent singulièrement d'imagination et de talent. Au point qu'on en viendrait à se demander par quel entêtement stupide ils persistent dans une voie dont l'issue ne serait systématiquement que le pillage en règle des fonds de la République, au détriment de gens plus doués qu'eux.
Bip, ça marche avec un pot de blanc, un maillot rayé et des chaussons chinois. Coluche, ça fontionne avec une salopette et un nez rouge. La Joconde, au prix de revient, ça coute deux cent euros bon poids. Reste à être Marcel Marceau, Coluche ou Da Vinci.

L'organisme ministériel attribuant la dotation aurait soin d'exiger en retour un rapport de production exécutive avec preuves de paiement des salaires et des charges des personnes impliquées dans la réalisation!

Faute duquel le réalisateur ne saurait re-prétendre avant longtemps au droit d'exercer son art, financé par l'argent public, au détriment des membres de son générique.

Ce n'est un secret pour personne : aujourd'hui, la pratique ordinaire dans de nombreux domaines et dans le court-métrage en particulier consiste essentiellement à ne payer personne. Pourtant, aux tous premiers des droits de la costumière, du chef opérateur ou du comédien figurent me semble-t-il le droit de manger et de payer son loyer !

Que les réalisateurs fassent en sorte d'obtenir des matériels et des prestations de service en participation auprès d'entreprises bénéficiaires, soit. Mais que les acteurs et les techniciens ne soient pratiquement jamais payés que de l'espoir de travailler un jour "en renvoi d'ascenseur" sur une production "confortable", cela suffit !

Évidemment, ce principe de "dotation" pourrait être appliqué dans toutes les disciplines, avec des montants et des fréquences adaptées à chacune.

Cette réforme-là constitue un autre immense chantier pour votre Ministère, auquel il conviendra de s'atteler au plus vite si l'on veut remettre les artistes au travail dans le souci d'une plus grande pluralité et d'une plus grande équité.

Quant aux intermitants, qu’ils nous lachent! L’art est un engagement total, un sacrifice entier. On y donne sa vie. Personne ne leur a demandé de choisir un métier du spectacle. S’ils veulent de la “sécurité”, qu’ils postulent à la Poste, dans la banque ou la fonction publique territoriale.


b ) : LA COMMANDE D'ÉTAT.

J'en ris encore ! Pour n'en pas pleurer.
François Mitterand rendait hommage dans une émission de variétés réalisée et diffusée par M 6 à feu Michel Berger, illustre compositeur de l'opéra-rock Starmania.
C'est bien gentil, les hommages aux morts... Mais ça commence à faire !
Est-ce qu'on pourrait s'il vous plaît consacrer un peu de temps à s'occuper des vivants ??!!!

Si Starmania était bien le chef d'oeuvre que Sa Majesté prétendait, pourquoi ne pas lui en avoir commandé un autre pendant qu'il était là ?
Je n'ai pas été beaucoup en France durant ses deux septennats, ‘et pourcause, je m’y sentais indésirable) aussi puis-je me tromper sur ce point. Mais il me semble qu'à part les cérémonies du bichiantenaire et les Jeux Olympiques d'Hiver, il n'y a pas eu d'autres commandes d'état en douze ans. A part peut-être celle que Pierre Boulez s'est passé à lui-même. C'est peu !

Je tiens d'ailleurs à votre ministérielle attention et pour information seulement puisque les dates sont maintenant dépassées, un projet de cérémonie populaire d'un bicentenaire autrement plus républicain que celui qui consistait à célébrer l'anniversaire des déclarations d'intentions.
Autrement plus respectueux des deniers public aussi. Hélas, ne risquant pas de se transformer en commande d'état. Au contraire immédiatement interdit par le Préfet de Police nommé par ce gouvernement "soucieux de la liberté d'expression et de création"...

Cela s'appelait et s’appelle toujours : "La nuit de la Liberté." Vivement que le jour se lève!

Certes, les architectes eurent la part belle. Grande Arche de la Défense, Opéra Bastille, Pyramide du Louvre, Très Grande Bibliothèque... Musée des Arts Premiers? Et les suivants? La musique? Le mime? La danse? Le théâtre?

Heureusement, dans le cadre des cérémonies de 89, Robert ENRICO a obtenu la production cinématographique de "LA RÉVOLUTION FRANÇAISE". Film historique cependant, que l'on ne saurait ranger parmi les oeuvres de fiction.

Sauf, ces temps-ci. Avec beaucoup d'humour...

De tous temps, les états ont passé commande aux artistes. Dans toutes les disciplines. Molière et Lully travaillaient sur commande de Louis XIV. Napoléon commandait "Sambre et Meuse". Le Théâtre National Populaire de Jean Vilar était une commande permanente dressée face à la Tour Eiffel. Malraux commandait les Maisons de la Culture et les remplissait, lui.

L'expression artistique est, de toutes, la meilleure manière de rassembler un peuple sur une espérance, de redonner un courage, de transcender une aspiration collective.
Que les politiques le redécouvrent et nous voilà sauvés.

Bien sur, il y faudra de la modestie. Même de l'humilité. On a tellement menti à ce peuple d'en France qu'il ne peut plus croire qu'en ceux qui chantent, jouent et crachent encore le feu pour lui. Les artistes, dans leur immense majorité, sont les derniers authentiques catalyseurs crédibles de cette idée qu'ici, il y a toujours beaucoup de force à trouver, de beauté et de paix à construire, de bonheur à inventer pour les Hommes.

Commandez-leur des oeuvres de ce tonneau-là, Madame ou Monsieur le Ministre. Et faites leur confiance : ils vous étonneront encore.

La suite demain, bien sûr...

06:45 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (22)

25/08/2006

PROJETS "HAAA!!!" DOSSIERS "HOOO..."

Mon éditeur a moi que j'ai et moi-même avec votre concours spontané et joyeux, avons donc convenu de créer un beau livre consacré à mes jardins "thérapeutiques" pour Noël.

Nous avons aussi déjà sous le coude (levé, rassurez-vous...) le projet d'un petit ouvrage consacré à un sujet qu'on néglige par trop à notre sens en ce moment: le Temps qui, comme chacun sait, n'est pas le même pour tous. Conversation à quatre voix entre un astrophysicien, un horloger, un magistrat et votre jardinier.
Propos entrecroisés dans cette paix des étangs de Sologne, dont les oiseaux migrateurs ne manqueront pas de donner leur avis lointain.

Comme il s'agit de mettre en place une logistique minimale pour mener ces projets à bien, il va nous falloir constituer "les dossiers", ce cauchemar paperassier français qui vous tue l'art à sa naissance aussi sûrement qu'une arme lourde, à laquelle il s'apparente.

25 ans qu'il nous pourrit la vie, le dossier.
25 ans qu'on en écrit, qu'on en porte et qu'on attend pour rien de nous mettre au travail.

Comme la période s'auto-proclame "favorable" aux débats, il m'apparait utile, amusant et efficace de vous livrer cette lettre-programme au futur ministre de la culture.
Elle circule déjà chez tous les prétendants, qui n'y répondent pas.
Elle est publique, maintenant.
Et ne demande qu'à ce que vous la critiquiez, la démontiez, la modifiez bref: l'amélioriez.

L'ART EXISTENCE présente :


CULTURE : " ACTIONS ! "


Lettre-programme au prochain Ministre de la Culture


Voltiers


Rédigé1993
Modifié 2000
Actualisé 2006


" Pitié pour la nation dont l'homme d'État est un renard, le philosophe un bateleur, et l'art un art du rafistolage et de contrefaçon. "
Khalil GIBRAN ( extrait du " Jardin du Prophète.")


" Il croit les poètes plus unificateurs que les idéologues, les artistes et les soldats plus créateurs de convergences que les technocrates. "
Jean LACOUTURE ( extrait de " De Gaulle " )


" Le service du Théâtre est fait d'une perpétuelle mémoire fondée sur un constant oubli, d'une dévotion à la tradition théâtrale qui doit exclure toutes traditions "
Louis JOUVET ( extrait de " Témoignages sur le Théâtre.")


Madame ou Monsieur le prochain Ministre,


Le délabrement de la production française vient d'être l'objet de rencontres dont les conclusions montrent assez bien le gigantisme du travail qui vous attend.
L'hégémonie américaine dans la musique et le cinéma vous est tout aussi familière qu'elle l'est à ceux qui devront reprendre en main la gestion de notre espace rural.
Il en va aujourd'hui pour les cultivateurs du blé tout aussi mal que pour les horticulteurs du rêve.
Pianiste Attend Contrat, Guitariste Attend Toutes Tournées...

La décomposition de l'appareil d'état et ses conséquences sur la création vous sont bien connues elles aussi.

L'insupportable favoritisme financier au profit d'une coterie de courtisans, cette "politique élitiste" qui a si consciencieusement vidé les théâtres, ruiné le cinéma et achevé le marché de l'art sont autant de thèmes sur lesquels il serait vil de revenir, tant il est bas de frapper des hommes à terre, n'en fussent-ils que des caricatures.

Ce n'est donc pas sur ces sujets que je me propose d'attirer votre ministérielle attention.

Ma démarche sera plus pragmatique, fondée sur le quotidien des créateurs et de leurs oeuvres, dans leurs rapports avec l'État, lorsque celles-ci le concernent.

Comme la plupart des fidèles de la Liberté, je ne crois pas qu'il soit bon que la République se mêle de tout. Singulièrement pas du Top 50, comme ce fût très sournoisement le cas depuis 1981. Mais pour les grands projets elle sera toujours, et fort heureusement, la partenaire principale.
Et la vieille "partenaire" est malade. Gravement. Aussi, comme le médecin devant un corps souffrant, il convient de faire un diagnostic établissant de façon précise les agresseurs de l'organisme atteint et de dresser la liste des remèdes capables de la sauver.
Qu'est-ce donc qui, d'amont en aval, pourrit la vie des artistes et empêche la réalisation de leurs projets?

Il m'est apparu plus vivant de vous en faire part au travers de ce qui nous navre chaque jour.

Si vous voulez bien me suivre...



1 - LE REDOUTABLE ITINÉRAIRE DU " DOSSIER "

PARIS-PARADIS : Un soir, 22 heures, chez moi.

Soyez le (la) bienvenu(e) à ma table, et prenez place.
Quelques bouteilles surveillent le peu de sauce qui reste du ragoût de mouton.
C'est vraiment aimable à vous d'avoir pensé à apporter la vôtre...
Et nous voilà, quelques artistes et vous, développant une idée qui vient de naître.
Spectacle vivant, film, série télévisée, opéra... Qu'importe: c'est une belle idée. Originale, large, humaniste, dont bien des spectateurs potentiels s'accorderont à reconnaître la qualité attractive pour un public dont il serait temps qu'on se souvienne qu' “en tout état de cause, c'est toujours lui le patron." (Louis JOUVET)

PARIS-PARADIS : Les jours suivants, toujours chez moi.

La mise en forme écrite du projet commence.
Les auteurs travaillent, corrigent, affinent, travaillent et retravaillent encore.
Si, miracle, l'un d'eux dispose de quatre sous, ils s'en vont dans un petit gîte rural loué en Sologne. Enfermés, sans télé, sans téléphone, travaillant douze à quatorze heures par jour...
De cela, ils ne se plaignent jamais : ils ne vivent que pour ça.
La passion, Madame ou Monsieur le Ministre...

Satisfaits de la forme écrite qu'ils ont donné au projet, ils rentrent à

PARIS-PURGATOIRE

a) : CONSTITUER LE DOSSIER.

Comme si le projet culturel était par nature criminel, il doit faire aussitôt né l'objet d'un dossier. Perfidie suprême, celui-ci devra être rédigé par son auteur sur l'impitoyable modèle : le fond, la forme et le budget prévisionnel.
Pour le fond et la forme, c'est affligeant mais relativement simple. Il n'y a guère qu'à traduire ce qu'on a pris tant de plaisir à faire du français usuel en langage administratif.
Exercice paradoxal, typiquement de chez nous, qui consiste à présenter une oeuvre de caractère de manière à ce qu'il soit bien évident que son auteur en manque.
Travail assez simple si l'on prend la précaution (déjà) de se conformer à l'absence de "style" en vogue ces temps-ci dans la presse contemporaine.
On peut même, sans être bien fier du cynisme qui s'y glisse, y trouver parfois une occasion de sourire.

b ) - LE BUDGET PRÉVISIONNEL

Pas pour le budget prévisionnel !!!
... Même si le mot suffit à m'amuser.

Premièrement : il faudrait être aveugle pour ne pas remarquer que le laps de temps qui s'écoule généralement entre l'écriture d'un projet et sa réalisation est actuellement tellement long que les salaires, les charges sociales, les coûts des matériaux, mêmes les techniques auront tellement évolués qu'il serait absolument déraisonnable de penser que le coût du film, de l'opéra, de la fête publique pourrait être celui annoncé. A moins d'apprendre à décider et à travailler VITE & BIEN.

Deuxièmement : comment voudrait-on que poètes et musiciens assurent convenablement toute la partie financière des opérations qu'ils imaginent?! Cela fait six mille ans qu'on sait qu'ils y sont tout aussi parfaitement inaptes qu'un chameau à jouer du violon.

Troisièmement, depuis plus de douze ans, nous n'avons pas en mémoire un seul exemple de "budget prévisionnel" respecté. De l'opéra Bastille à la Très Grande Bibliothèque, des cérémonies du bichiantenaire aux productions cinématographiques et télévisuelles en passant par tout le reste, tout a été en dépassement.
A moins que le "prévisionnel" n'ait été tellement "gonflé" au départ que les deux seules vraies réflexions qui se posent une fois l'oeuvre achevée sont :
"Ca n'a quand même pas pu coûter tout ça?!" et "Qui donc s'est sauvé avec la différence?"

La République, trop bonne fille, poursuit rarement ceux qui la pillent de cette manière. Aussi ferait-elle bien de se doter au plus vite de producteurs homologués ayant fonction de budgétiser les projets en amont et de contrôler en aval l'utilisation faite de l'argent public dans les oeuvres qu'elle subventionne.
Qu'on l'emploie pour payer les salaires, les décors, les costumes, la musique, les éclairages, bref tout ce qui sert à la réalisation de l'oeuvre, bien sûr!
Mais les "séances de concentration" sur des yachts aux Caraïbes, les "auditions" aux Seychelles dans des palaces, les "études de faisabilité", bien sûr que non !!! Nous en avons cependant obtenu une pour? Un concours de peinture. Si si. Vous lisez-bien: un concours de peinture est-il “faisable” ?
Elle est trop pauvre en ce moment pour entretenir des gigolos, la République. Elle a trop de belles choses en attente pour gaspiller son argent, la République. Avec cinq millions de ses fils au chômage, deux millions d’enfants pauvres, des entrepises qui ferment ou qui partent, des banlieues qui brulent, la Somme qui déborde et la Provence qui brule, elle ne pourra plus pendant un certain temps offrir des vacances aux hirondelles, la République. Triste pour elles, mais rien ne les empêche de migrer. C'est d'ailleurs dans leur nature. Et chacun sait bien que tôt ou tard elles reviendront.

Or donc le principe du budget prévisionnel est une ânerie qu'il convient de réformer au plus vite. Perte de temps pour ceux qui l'établissent, sentiment d'être trompés pour ceux qui le consultent, d'être roulés pour ceux qui l'accordent. Perche tendue à l'arnaque.

C ) - LES ATTRIBUTIONS

Quand aux attributions, on a vu souvent un projet remarquable sur le papier aboutir à une réalisation lamentable sur les planches ou à l'écran.
A l'inverse, des dossiers apparemment insignifiants ont déclenché des oeuvres considérables.
En France, c'est trop souvent sur la qualité du dossier que s'échelonne l'attribution de la subvention accordée. Pas sur l'oeuvre elle-même. Ainsi, un créatif bon " commercial " peut obtenir une somme importante sur une "anecdote" tandis qu'un auteur peu doué pour la "vente" n'obtiendra rien pour une oeuvre essentielle.

Autre paradoxe : la notoriété induit une aide en général plus importante et surtout plus facilement acquise quand c'est précisément le contraire qui devrait se passer. Ce n'est plus lorsque tous les partenaires potentiels vous connaissent, que votre C.V. fait état de nombreuses réussites, que le public vous est fidèle et que les banquiers vous font enfin confiance que l'aide de la République vous est indispensable.
C'est au contraire lorsqu'on commence, sans gloire et sans fortune, qu'il est NÉCESSAIRE que "tous les citoyens soient libres et égaux devant ..." le droit de créer. Et qu’est-ce que peut bien être un droit sans les moyens de ce droit ?
Or, on remarquera que s'il est de bon ton de célébrer sous l'égide d’un ancien ministre de la culture Arthur Rimbaud, Toulouse-Lautrec et La Goulue, Van Gogh... (des morts, encore des morts, toujours des morts...), c'est avec acharnement que les mêmes s'efforcent de laisser dans la misère les vivants qui leur succèdent.
Sauf si bien sûr ceux-ci ont pris le soin au combien "artistique" d'appartenir au parti qui convient.
"Vive la Liberté !", criaient-ils, assis dessus...

Trop de raisons poussent à imaginer ou à retrouver d'autres systèmes.

A suivre... dés demain

07:55 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (63)

24/08/2006

L'ELEPHANT DE LA PAIX : APPEL A TEMOINS

medium_L_elephant_de_la_paix.JPG La fréquentation exponentielle de ce blog m'amène ce matin à lancer un appel à témoins ou MIEUX à participants à cette scène qui se passait voilà dix ans, à Paris, devant les lourdes portes du Panthéon.
Au premier plan, Yens KOHL, peintre berlinois et votre serviteur, président de L'Art Existence! et animateur de l'espace L'Art Naissance, rue Saint Martin, dans le 3° arrondissement.

Derrière, Messieurs FAUGUET, instituteur à gauche, et MEUNIER, directeur de l'école primaire voisine de la galerie.

Tiré par les arts et poussé par l'école, sur son socle vert, l'Eléphant de la Paix, Gardien de l'Espoir, réalisé par un petit collectif d'artistes allemands (BOROWSKI, KOLH, RUPPERT, SCHNUR) et français (BISCOTTE, PINAQUY, ROUSSELLE) avec le concours des enfants que vous voyez tout autour.

La destination de l'Eléphant ? Caveau n° 22, entre Jean MOULIN et André MALRAUX.

Non... Ils ne nous ont pas laissé entrer. Pas même offrir.

Les enfants doivent être bacheliers, maintenant.

Quelqu'un, passant par ici, s'en souvient-il ?

07:57 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (64)

16/08/2006

SIMON ROUSSELLE

A ne manquer sous AUCUN prétexte:
http://jepareg.free.fr/SIMON/

08:00 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0)

13/08/2006

DANSEUSE ETIOLE

medium_Danseuse_Cullen.JPG

Johanne CULLEN, artiste peintre québècoise dansait, dansait, dansait.

Et puis un jour de lucidité particulière, elle a dessiné ça.

Va y avoir du grabuge...

09:24 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (7)

29/06/2006

COMME UN CLAIRE A CHEVAL

Quelqu’une, qui nous est chère ici, a rendez-vous Samedi
à l’opéra Garnier.
Rendez-vous décisif: rendez-vous de métier.
Un métier incroyable: faire s’envoler les gens
En sautant à leur place dans de grands jupons blancs!

Je sais peu de ta danse, vieil indien que je suis.
Tu danses pour les hommes et moi pour les esprits.
Aussi pas un conseil pour jouer ta variation.
Ceux-là, tu les reçois à l’étoile du pont
Quand elle veut bien briller.

Mais concours, c’est comme duel. Il faut le remporter.
Ta vie va se jouer là. Je peux peut-être aider.
Maître d’art, maître d’armes, c’est la même boutique.
Il faut toucher au coeur. C’est la même pratique.

D’abord, tu fais le vide en montant l’escalier.
Ta mort est à vingt mètres, l’amour juste derrière,
On n’a pas tous les jours l’occasion d’y confier
Son essentiel mais là... Ton art et ma manière.

Un palais, un jury, des concurentes sévères,
Les unes veulent un emploi. Elles ne seront pas prises.
Vivre d’art, c’est un choix, jamais une entreprise.
Les autres veulent vivre haut. Deux ou trois adversaires.

Celles-là vont dédaigneuses, ne parler à personne.
Dans leur esprit c’est fait. “Pauvres petites connes”.
Reécouter Gainsbourg dans “Mélodie Nelson”
Comme si c’était pour toi que le maître bougonne.

Isolée dans ta bulle, quand tu sens que ton tour
Va arriver bientôt, écoute l'Immense Amour.
“Préface”. Léo Ferré. La Marseillaise des arts.
Tu as déjà gagné. Tu sais pourquoi tu pars.

Enfin viendra ton tour. Il n’y aura que toi.
Un poète, autrefois, avait tout dit sur ça.
Rendez-vous improbable avec les gens d’après,
Ca lui fera plaisir d t’y voir désormais.

Et voilà. Le trou noir. Oublies-nous aussitôt.
Tu restes avec Mozart, Van Gogh, André Malraux.
La musique commence. Toi, tu montes aux étoiles,
Tu deviens l’évidanse. Le sujet de ta toile!

Maintiens juste à l’esprit: “ Faire s'envoler les gens”
Et laisse aller ton corps et ton coeur maintenant.
Regarde vers en haut, tu es sur la montagne,
Destin, tu l’attends là! Elle y sera vraiment.
Et que ma meilleure gagne.


Des mots ne se disent pas aux filles de diplomates.
Mais les premières lettres du quatrain précédent
Devraient, de haut en bas, te faire comme une patte
De lapin, ou un trèfle, ou un fer à jument...

23:21 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (8)

26/06/2006

AJUSTER LA BALANCE

Lorsque j'ai créé Danse avec les houx, j'ai demandé à Frédérique COOK, artiste avonnaise, de dessiner pour la plaquette publicitaire un de ces hommes accablés certains soirs par la charge du pire, magistrat, commissaire... rééquilibrant, en fin de journée, sa balance personnelle dans la fraîcheur tombant sur son jardin privé.
Tandis qu’à son bureau, il auditionnait terroristes, sérial killers, violeurs, dealers, criminels de tous poils, d’autres hommes étaient là qui palissaient ses roses, ôtaient les fleurs fanées, soignaient ses hortensias...
En revenant au monde, sa réflexion le menait plus loin, au-delà de la haie, où des médecins soignaient, des infirmières pansaient et des femmes de ménage s’acharnaient à l’hygiène.
Un peu plus loin encore, les sapeurs-pompiers veillaient.
Le libraire souriait. Il avait vendu une intégrale de Cocteau.
A cette heure-ci, sans doute, à l’école de musique on rangeait les guitares, on fermait les pianos...
Le marchand de fruits et légumes était sûrement couché. Demain, Rungis, quatre heures.
Suivaient l’institutrice, le boulanger, ... Tout là-bas, à Kaboul, le soldat de la paix.

Ca faisait bien du monde.
Ca faisait bien au monde.

Allez mettre tout ça dans un dessin...

Je trouve pour ma part qu'elle s'en est bien tirée.

medium_Frederique_Cook.JPG


Le dessin ne dit pas non plus si avant de partir en refermant derrière eux, ce sont les jardiniers qui lui ont préparé l’apéro.

Je vous laisse deviner.

Je ne l'ai pas revu, ce petit tableau-là, à la vente aux enchères de Samedi dernier.
Si c'est Bruguières qui l'a, le voilà à sa place.

24/06/2006

UNE COMEDIE FRANCAISE

Bonjour le monde!

Ce n'est ni au prestigieux théâtre ni à sa troupe que ce titre entend faire allusion.

C'est à cette comédie humaine chère à Balzac qui se déroule ici en ce moment. A tous les étages. Et dans les caves aussi.

Quand Monsieur Raffarin parlait de France d'en bas, il en oubliait une: la France de tout au fond.

Ils sont tous là. Les Rougon-Maquard, où qu'on porte les yeux, sévissent à tour de bras.

Je laisse aux journalistes, écrivains, chroniqueurs le soin de relater la guignolade d'en haut.

Je m'en vais ce matin, moustaches et lunettes noires, voir les Rougon d'en bas et les Maquard d'au fond. Ceux qui restent dans l'ombre si propice aux "affaires", une télé pour deux sous, une bague pour quatre... L'EADS du pauvre, le clearstream du modeste, la tolérance zéro en matière de dettes. Thénardier sera là. La bête humaine peut-être.

Imaginez-vous ça: un matin de Pléiade!

Ca se joue à 10 heures dans une salle des ventes de zone industrielle. Notez "industrielle"...
Vente des objets saisis par les huissiers du coin. Razzia sur la misère et redistribution. Aux plus offrants, aux mieux disants... Une "industrie", vous dis-je.
Sentiment que je vais me déplacer non pas dans l'espace, mais dans le temps. En plein XIX° siècle.
Avec cette "nouveauté" qu'on y côtera des peintres...

J'y vais le rire aux dents et la plume à la main.
Je reviendrais vous dire.

Gwynplaine

23/06/2006

MANEGE A CREER, BRONZE A COULER!

medium_Naiade.jpg



Heureux de retrouver enfin la possibilité de vous présenter cette sculpture de Corinne Joachim destinée à l'ile du bassin du manège jardinier. Exposée au soleil, à la pluie et au gel, cette terre doit être moulée et coulée en bronze.

Il s'agit là de mettre une oeuvre d'art originale dans un jardin.

Son prix ne peut en être supporté seul par l'IME auquel cette statue est destinée. Aussi, les entreprises qui le souhaiteraient peuvent contribuer à cette réalisation au titre du mécénat, bénéficiant ainsi d'avantages fiscaux trop peu utilisés en France.

Celles qui le souhaiteraient peuvent me contacter directement par mail (en haut, colonne de gauche), en m'indiquant le nom de l'interlocuteur et les coordonnées téléphoniques que je rappellerai au plus vite.

La mise en chantier du jardin n'est pas encore d'actualité. La réalisation des oeuvres et des attractions qui s'y trouveront peut, elle, commencer grâce à vous.

Et ces temps-ci, ça ne ferait pas de mal de mettre un peu d'art dans la vie...

09:56 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0)

13/06/2006

BOURREAU, FAIS TON OFFICE!

Ils viennent de s'en aller. Huissier, déménageurs, témoins... Sans gendarmes ni policiers. Pas d'hélicoptère non plus. C'en est presque désobligeant ;-)
Ils n'ont presque rien dit. Les témoins, pas un mot. Bons français que rien n'interroge, rien n'interpelle, rien n'indigne, rien ne révolte. Il flotte dans l'appartement un parfum suranné: "1942", de Pétain. Comme une rafle d'objets avez-vous donc une âme...

Sur la table, grand ouvert, le projet du manège jardinier. Ils n'ont même pas regardé, pressés qu'ils étaient de me priver du PAF. Télématin, Vivement Dimanche, la coupe du monde ont débarassé les lieux. Tant mieux.
Le bateau livre, Ubick et Aparté aussi. Tant pis.

Ils ont laissé Hugo, Voltaire, De Gaulle, Gary, Camus, Clavel, Rostand, Cervantes, Coluche, Desproges... qui joueront remplaçants. Ma radio et l'ordinateur aussi. France Inter entre encore, et d'ici ça émet.

Ici l'ombre. Un français parle aux français... Et aux autres, évidemment.
De ceux qui la fichent mal à ceux de l'Affiche rouge.

Puis ils ont emballé le second tableau des "jardins de plus tard" peint par Jacqueline Bourgoin.
Grâce au numérique, il est cependant encore un peu ici et c'est une joie que de poursuivre la publicité pour cette vente aux enchères dont j'ai parlé plus tôt où, pour une bouchée de pain, vous pourrez acquérir un des fleurons d'Orsay... dans une trentaine d'années.

medium_mamiedrome_2.jpg


Ils m'ont laissé l'oiseau, qui vous salue bien bas.

Deux ordres simples pour moi ce matin: se défendre la rage et s'interdire la haine.

09/06/2006

JACQUELINE BOURGOIN

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Il faut trois ans au moins pour qu'un jardin ressemble à ce qu'on a imaginé. Temps végétal oblige.
Dans les maisons de retraite, les pensionnaires n'en disposent plus forcément.
Grâce au talent de Jacqueline BOURGOIN, artiste peintre à Fontainebleau, et à sa connaissance de l'évolution des plantes, Danse avec les houx est en mesure d'offrir aux résidants le jardin tel qu'il sera quelques années plus tard.
Et de s'y promener déjà, au moins par les yeux.
C'est un bonheur de présenter ici notre premier Mamiedrome à Castel Nazareth, Boissise-le-Roi, Seine-et-Marne, réalisé en 2005, tel qu'il sera en 2008.

Début Juin 2006, glycines et clématites s'en approchent.

medium_mamiedrome_2006.jpg

19:13 Publié dans Arts, Jardins | Lien permanent | Commentaires (2)

31/05/2006

CRAME LA HAINE!

Y a-t-il un maire qui veuille qu'on en finisse avec la haine dans sa ville ?



Crame la haine.


Spectacle de rue



N° SACD 129097



“Le sage ignore la haine.” Proverbe chinois.
“C’est bien pour cela qu’il l’étudie.” Complément français.

Aux enfants, les miens et tous les autres.


GENESE.

Si l’on peut en constater les manifestations toujours, partout, de la bande de Gaza aux frontières du Kossovo, de la Tchétchénie aux confins du Zaïre, des tours de New-York aux cavernes des fondamentalistes, des quartiers de misère au parvis de la Défense, la haine, tout le monde en parle sans qu’on la voit jamais.

Fatigué d’elle depuis l’âge de raison, l’idée m’est venue de lui donner corps à la manière des sculpteurs qui, au temps des cathédrales, donnaient visages aux péchés capitaux. Ensuite d’en réaliser la statue en matériaux combustibles et de la brûler en place publique, donnant lieu à un grand spectacle de rue faisant appel à toutes les disciplines de l’art.

Première étape: réunir à son sujet un philosophe, un religieux, un militaire et votre serviteur devant un(e) peintre dont les croquis jailliront au fil de la conversation. Avec quelques discrètes caméras disposées dans le lieu, nous tenons une assez fameuse émission de télévision et l’enregistrement d’une solide émission radiophonique. Avec la transcription écrite du débat illustrée par les dessins du peintre, c’est aussi un livre qui devrait dater.

Une fois le portrait établi, l’aventure pourra continuer avec les sculpteurs, les artistes du feu, les musiciens, les danseurs, les créateurs d’objets volants clairement identifiés, celles et ceux des effets spéciaux, du décor, du costumes, de l’éclairage, du son, de l’audiovisuel...

Qui aime me suive!

SYNOPSIS

Le spectacle en plein air commence par la fin d'un procès d'assises mené par un tribunal d'enfants. La présidente lit le verdict qui condamne la Haine à être brûlée en place publique.

La statue de la haine (noire) est hissée sur une charrette, encadrée par les gardes et suivie par les enfants.

Le cortège traverse la ville, précédée de tambours. Durant le trajet, la haine est vilipendée par des comédiens de rue qui invitent le public à lui lancer des boules de plâtre. Au terme de son transfert, elle arrivera toute blanche au bûcher.

Les huit assistants la dressent alors sur le bûcher tandis qu'arrivent des roulottes gitanes sur lesquelles des guitaristes jouent la rumba de la vie. Ce cortège s'arrête à quelques pas du bûcher.

Deux enfants sortent de la roulotte de tête: une petite fille israélienne et un petit garçon palestinien, par exemple. Le petit garçon extrait une boîte d'allumettes de sa poche. La petite fille s'en saisit, en allume une et enflamme le bûcher.

De derrière celui-ci monte une symphonie jouée par un orchestre invisible jusque là, tandis que jaillissent des roulottes des danseurs qui vont évoluer devant le bûcher durant l'incendie.

La haine crame. En hurlant dans le son tout ce qu'elle a fait subir.

Lorsqu'elle n'est plus qu'un tas de cendres, une colombe géante traverse le ciel et part prendre quelques vacances en Haute Provence (qu'elle a bien mérité) tandis qu'une voix céleste murmure: "Vous aurez mis le temps..."

La colombe disparue dans la nuit, la haine en cendres, les bals populaires peuvent commencer aux quatre coins de la ville.

CHASSE A COURT... D'ARGENT.

“L'extrême faiblesse impose l’extrême intransigeance.” Charles De Gaulle
Affirmatif, mon général. L'extrême précarité impose l’extrême pertinence aussi, si je peux me permettre, mon général...

Qui n’a pas eu affaire aux ponctionnaires des sévices culturelles des institutions françaises ne peut comprendre pourquoi un auteur pauvre met tant d’acharnement à les éviter. Alors voilà.

D’abord, ceux qui les peuplent ont à peu près peur de tout, excepté d’être rétribués chaque fin de mois pour leur lenteur et leur absence de caractère.

Ensuite, ceux qui les dirigent ont généralement pour mot d’ordre :” Pas de vagues !”, condamnation irrévocable d’une oeuvre d’art, quelle qu’en soit la discipline. Comédie, symphonie, toile, chanson, chorégraphie, rien n’a sa raison d’exister si l’oeuvre ne produit “pas de vagues”. J’en ai approché plus d’un qui interdiraient toujours “L’origine du monde” et qui, pour les plus lucides, n'apprécieraient guère qu’on monte un Bourgeois gentilhomme à leur image. Surtout si, pour l’adapter mieux à notre époque, l’artiste s’autorisait à le ré-intituler “Le même-pas gentilhomme”. Un artiste digne de ce titre est comme un surfeur: il s’ennuie sur les mers immobiles. Comme il doit impérativement s’interdire les seules vagues de boues que l’actualité contemporaine lui propose, il a du temps pour inventer l’à faire.

Ainsi, pour un projet de cette nature, imaginer comment en assurer un financement totalement indépendant des forces d'indifférence et d’inertie évoquées plus haut.

Afin d’éviter les “La haine, c’est de gauche ou de droite ?” et d’anticiper sur les “Pas si provocateur, le bras...”, “ Si chaud, le feu ? Vous croyez?”, l’auteur a la volonté inflexible de dégager ses propres moyens de productions afin de se libérer des gêneurs et d’engager les meilleurs.*

La première étape du portrait de l’ennemie sera donc travail d’échange de réflexions et création, mais aussi, par l’enregistrement audiovisuel du débat, source de financement de l’étape suivante par la vente des émissions télévisées et radiophoniques qui en résulteront. La transcription des interventions, relue et au besoin corrigée par chacun des participants, illustrée des croquis du peintre, devrait aboutir à un ouvrage tentant pour un éditeur.

Comme rétribution sera reversée à chaque participant une quote-part de ces recettes et des droits attenants, déterminée ultérieurement par un professionnel du contrat. C’est le pourcentage restant qui financera la liberté des créateurs intervenant dans les étapes suivantes. Rien n’interdira aux premiers d’investir tout ou partie de leurs droits dans l’aboutissement du projet.

Il ne faut pas vendre la peau de la haine avant de l’avoir tuée.
Certes.
Encore faut-il décider d’ouvrir la chasse.

Ce serait pour moi un grand honneur si vous acceptiez d’être de celle-là.



* L’auteur aurait une infinie gratitude pour ceux qui lui démontreraient qu’il a tord. Lucide, il croit peu qu’on y parvienne dans un avenir immédiat.

07:15 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (2)

 
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