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01/10/2006

LE TUNNEL A DOUCEURS

Suite des éléments constituant le premier petit jardin des conséquences pour les enfants autistes.

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Plantées serrées de part et d’autre d’un tunnel de verdure, des plumes d’autruche caressent l’enfant sur les bras, les épaules et les jambes.

Elles sont suivies de soieries pendues qu’il doit écarter pour avancer.

L’éducateur l’attend à la sortie, derrière des graminées appelées ici "herbes à chatouilles".

Naturellement, on aura pris soin d’habiller les petits garçons en marcel et en short et les petites filles en robe sans manches.

Le tunnel est réalisé de modules successifs d’un mètre vingt sur roulettes, permettant d’en allonger ou d’en raccourcir la longueur.

Illustration enchanteresse de Fanny Guillot découverte à l'instant.

Ca, c'est du beau Dimanche!!!

Merci Fanny ;-)

Hâte de vous lire, tou(te)s.

11:25 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (6)

26/09/2006

PETIT JARDIN DES CONSEQUENCES: LE BASSIN FERME

Miracle!! Ca remarche!!!



Mesdames Messieurs, en exclusivité mondiale pour vous ici, nous avons le bonheur intense de vous présenter la première page du "Petit jardin des conséquences" conçu et rédigé par ma pomme d'après le livre de Madame Barbara DONVILLE "Vaincre l'autisme" et illustré par Fanny GUILLOT, sous vos applaudissements s'il vous plaît.

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Le bassin fermé


Au bord d’un bassin cimenté planté de nénuphars et dans lequel viennent flotter en arrière-plan les feuilles basses d’un saule pleureur sont disposés deux tas de pierres de différentes tailles.

1 - L’enfant jette une pierre dans le bassin.
2 - Conséquence immédiate: des ronds dans l’eau.
3 - Si la pierre est assez lourde, conséquence suivante: les vaguelettes font danser les feuilles des nénuphars.
4 - Si la pierre est très lourde, les vaguelettes font bouger les feuilles du saule.

Si l’on a de la chance, peut-être fait-elle même plonger la grenouille qui se prélassait là...


J'ai comme qui dirait assez hâte de vous lire ;-)

19:40 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (2)

24/09/2006

AUTOMNE

L'automne est là.

Le jardin change de couleurs, de parfums...

Pluies et bourrasques diminuent le nombre des promeneurs. Ceux qui viennent encore s'habillent plus chaudement.

Les plus grandes des fleurs deviennent les parapluies.

Dans le sous-bois, les champignons prolifèrent sous les premiers ocres des feuilles.
Avez-vous remarqué comme le bonheur des uns coincide avec le chagrin des autres?
Les jolies filles qui venaient prendre le soleil ronchonnent que le temps change, tandis que les jardiniers voient d'un bon oeil arriver l'eau tant attendue.

Au loin, on entend claquer les premiers coups de feu des chasseurs.
Michel est parti ce matin vendanger en Champagne. Ils presseront demain de quoi fêter l'année prochaine, et les suivantes... Les vignerons savent ça aussi: il y a loin de la grappe à la bouteille.

Ici, on va enfouir sous terre les bulbes du printemps. Le rouge-gorge, petit contre-maître, viendra surveiller que le travail avance.

Chaque matin, jusqu'à l'hiver, on ôtera les feuilles tombées sur les promenades.
Rien n'est plus glissant.

C'est calme. Ca sent bon. C'est Dimanche.

Sourire d'aise.

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22/09/2006

ALZHEIMER. Cohérence, alors ?

Lu dans notre quotidien de référence d'hier: "Environ 860 000 personnes souffrent de la maladie d'Alzheimer en France, où 225 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. Selon les prévisions de l'Insee, près de 1,3 million de personnes seront atteintes d'ici à 2020, soit un Français de plus 65 ans sur quatre. Des chiffres alarmants qui ont poussé le gouvernement à annoncer, jeudi 21 septembre, que la lutte contre cette maladie neurodégénérative serait "la grande cause nationale" de l'année 2007, après l'égalité des chances en 2006.

"Pour lutter contre Alzheimer, la détermination du gouvernement est totale", a déclaré Dominique de Villepin lors d'une visite à Nice sur ce thème, à l'occasion de la Journée mondiale Alzheimer. Face à cette maladie, "notre système de santé n'apporte pas de réponse complètement satisfaisante", a-t-il reconnu. Il a rappelé que la maladie n'est en moyenne diagnostiquée "que deux ans après l'apparition des premiers symptômes", déplorant, "pour les malades, une perte de temps considérable qui réduit l'efficacité de leur traitement. Seul un patient sur deux est diagnostiqué"

SU-PER!!!

On va pouvoir faire plein de jardins pour personnes désorientées, alors ?!

http://danseavecleshoux.20minutes-blogs.fr/archive/2006/08/08/premier-jardin-alzheimer.html

Avec l'aide de l'état cette fois-ci.
Sans doute!
Avec une telle détermination, le ministère de la Santé et le secrétariat d'état aux personnes agées vont peut-être enfin m'accorder les aides nécessaires pour la recherche, la conception et la réalisation, permettant des prix accessibles aux maisons de retraite modestes.
Entrainés par ce bel élan, les collectivités locales vont peut-être emboiter le pas.
Devant tant d'enthousiasme, les banques vont suivre...
J'en entends déjà se demander doucement: "Dis-donc, il a démarré au rosé de bonne heure, ce matin..."
Hé ben non! Juste du café je le jure! L'optimisme aussi est une drogue dure.

En attendant cet avenir radieux, l'Etat ne pourrait-il pas juste demander à ses impôts de me lacher la grappe pour 2005 puisqu'en ayant réalisé le premier jardin pour "Alzheimer" de France sans aucune aide de qui que ce soit, je ne suis pas à même de calculer l'immensité de mon déficit, ni de payer ma comptable pour en faire seulement le tour...

Ce qui, en l'absence de mon avis d'imposition, me vaut l'arrêt du versement de l'APL par la MSA.

Tant qu'à faire, non? C'est pas très compliqué, ça: me foutre provisoirement la paix fiscale...

A moins qu'un contrôle... Ce serait bien aussi ;-)

Parce qu'à la rue, ça va devenir compliqué d'y croire à mon petit poème-marelle:

Petits pas de zen
(Poème cognitif)

Je - marche - dans - un jardin - où - tout - m’est - destiné.
C’est - en pensant - à moi - qu’ils - ont - tout - dessiné.
Je - suis - ces pas - de lune. - Ils - me - mènent - vers - des fleurs.
Des herbes, - dans le vent, - me - dansent - le bonheur.
Je - vais - m’asseoir - ici, - prendre - un peu - de repos.
Le monde - est - ce qu’il - est. - Vu - d’ici, - il est - beau.
Les tirets séparent les pas.

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08:00 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (14)

20/09/2006

LE PETIT JARDIN DES CONSEQUENCES

Avant dernière étape dans la création du premier jardin destiné aux enfants autistes.

Postés hier, son plan et la description de la dizaine d'éléments qui le composent devraient arriver sur le bureau du professeur Dominique SAUVAGE au CHRU de Tours aujourd'hui pour dernières lecture, corrections et amendements.

Au retour, dans une quinzaine de jours sans doute, nous passerons au dessin définitif qui servira de plan de base à la réalisation et à l'élaboration du budget prévisionnel et du dossier de demande de subvention pour le ministère de la Santé.

Malhabile au crayon, je profite de cette note pour appeler dés maintenant les dessinateurs ou trices à m'aider pour les croquis, ceux-ci valant mieux, comme chacun sait, qu'un long discours.

Evidemment, comme il est habituel ici, il n'y a pas le moindre fond pour "monter le dossier", encore moins pour entreprendre le projet. Je ne suis moi-même payé que de l'espoir de l'aboutir un jour et d'y voir des enfants s'épanouir et, peut-être, progresser.

Si nous les attendions pour commencer, on n'entendrait pas ronfler le motoculteur avant des lustres.

C'est donc encore d'une "production à l'envers" qu'il s'agit, dans laquelle le travail précède la rémunération.

Sur le DEL ce matin, Guy BIRENBAUM appelle ses visiteurs à moderniser le mode d'élection du Président de la République.

Ici, c'est à la lenteur administrative et aux financements du progrès que je vous invite à vous attaquer.

En essayant d'inventer mieux que les appels à la charité, truc-en-tons et autres "pièces jaunes" parceque je demeure convaincu que la santé et la beauté méritent mieux que la manche.

Qui a dit: "Les ateliers de la VI° ?"

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08:25 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (17)

19/09/2006

PAS DE POLITIQUE ICI!!!

Ayant lu hier soir sur un blog ami et sous une plume qui ne l'est pas moins "Fleuryval ne fait pas de politique", il m'a semblé naturel d'en confirmer le bienfondé en (re)publiant ce matin une approche "fantaisiste" du métier que j'exerce de façon, il est vrai, bien peu politicienne.


JARDINIER EN MAISON DE RETRAITE :
UN METIER A PART... ENTIERE.


Jardiner pour qui ?
Jardiner pour quoi faire ?

On crée un jardin avant tout pour celles et ceux qui vont s’y trouver.

S’y trouver ? Peut-être.

Le jardin d’une maison de retraite n’échappe pas à la règle.
Il a ceci de spécifique qu’il doit permettre l’exécution de l’une des principales ordonnances de la médecine et de la kinésithérapie aux pensionnaires: il faut marcher.
Or il convient de considérer une personne âgée comme une personne poly-handicapée.
Son corps est douloureux, ses forces diminuées, sa vue souvent altérée. L’ouïe également. L’odorat parfois aussi. La palette des sensations possibles s’en trouve considérablement réduite. Il faut donc composer fort et clair. Des volumes importants, des couleurs vives, des parfums puissants et des repères partout.

Mais son principal handicap, c’est :

LA PEUR.

Peur de la chute d’abord, et de sa conséquence fréquente : la fracture du col du fémur qui vous cloue pour beaucoup du peu qui reste à vivre sur un lit d’hôpital d’abord, dans un fauteuil roulant ensuite, avec une rééducation pénible et douloureuse au bout.
Le jardinier doit donc veiller à réaliser des allées parfaitement planes, en pente très douce si l’on ne peut faire autrement et dans ce cas équipées de rampes, débarrassées de tout ce qui peut faire trébucher, glisser, rouler, équipées de systèmes aptes à donner l’alarme si la chute se produit malgré tout et qu’il n’y a pas d’accompagnant à ce moment précis dans le jardin.
Pour ma part et pour l’instant, je n’ai rien trouvé de plus efficace et de moins onéreux qu’un fil longeant la promenade reliée à une ou plusieurs cloches suspendues aux endroits stratégiques de la maison: devant l’entrée principale, la fenêtre du bureau de la direction, la salle de télévision, la salle de repos du personnel.

Et enfin des parcours éclairés car par 40 à l’ombre, on va marcher la nuit et qu’aucune personne âgée ne sortira au jardin le soir si elle ne voit parfaitement où elle pose son pied.

Peur de la douleur ensuite.
La marche étant pénible, il faut imaginer les promenades comme des parcours d’envies successives, de buts à atteindre. Transformer un parcours d’exercice en chemin des bonheurs. Récompenser chaque pas d’une couleur, d’un parfum, d’une baie, d’un émerveillement à droite, d’un enchantement à gauche. Jalonner tout du long de symboles sur le temps, sur l’avenir, sur la vie, sans la peur.
Prétextes à rêverie, méditation, prière.
Et aménager des escales à l’ombre desquelles se reposer avant de repartir plus loin ou de rentrer.
L’impossibilité de se relever seul étant toujours ressentie comme une étape irréversible de la dépendance, on veillera à disposer sur ces escales des sièges suffisamment hauts pour qu’il ne soit pas trop pénible de s’en relever, dotés d’accoudoirs sur lesquels pousser et de potences d’aide au relèvement sur lesquelles tirer.

Peur de la chaleur aussi qui, depuis la canicule de 2002, dissuade la plupart d’aller marcher l’été. Le jardinier aura donc soin de créer des mouvements d’eau afin de ménager des espaces rafraîchis. Fontaine, bassin, étang selon la surface, petit ru, cours d’eau, cascade selon les budgets.
En plus de sa vertu rafraîchissante, l’eau calme et apaise. Elle est source de distraction aussi puisque les vasques attirent les oiseaux pour le bain.

Peur de la mort prochaine enfin, omniprésente comme cette pendule
“Qui ronronne au salon
Qui dit oui, qui dit non,
Et puis qui nous attend...”
Tous.

Détendons un peu l’atmosphère par un rapide passage aux plates-bandes d’herbes aromatiques qu’en humaniste épicurien j’avais installées sous les fenêtres des cuisines de ma seconde maison de retraite. Pure folie!!!
Nul ne peut croire que des normes intégristes d’hygiène interdisent formellement aux cuisiniers d’utiliser le persil du jardin! Et pourtant, elles sont là!
Le jardinier se trouve alors devant un choix cornélien: soit renoncer à procurer par quelques condiments l’un des derniers plaisirs restant aux résidants, à savoir la gourmandise, soit convaincre les chefs d’entrer en résistance et de concocter malgré tout quelques omelettes aux fines herbes dans une clandestinité maîtrisée.
Hélas, derrière les fourneaux non plus n’est pas Jean Moulin qui veut et j’en ai vu beaucoup collaborer avec la dictature de la mal-bouffe.
C’est pourquoi j’appelle solennellement toutes celles et tous ceux pour qui le basilic est un droit et la tendresse pour les vieux un devoir à rejoindre le Front le Libération du Persil et de la Ciboulette, canal historique évidemment!

Le jardin pour les “Alzheimer”

Parenthèse close: nous arrivons à la partie du jardin réservée aux personnes atteintes par la maladie d’Alzheimer, qualifiées désormais de “désorientées” après qu’on ait renoncé à les classer dans la démence.
La première évidence choquante dans la plupart de ces jardins, c’est leur aspect carcéral, avec hauts grillages quand ce ne sont pas des barreaux et les systèmes de sécurité qui enferment les personnes comme des délinquants alors que ce sont des malades. Fugueurs, certes, mais ce n’est quand même pas un délit que de vouloir rentrer chez soi!
Personnellement, j’ai entendu difficilement des résidants au bord des larmes me dirent leur sentiment de captivité dans ces maisons où ils se sentent moins soignés que gardés.
J’ai donc personnellement à coeur de faire tomber d’abord toutes ces clôtures métalliques et de les remplacer par des barrières végétales infranchissables telles que bambous, lauriers, ifs en pleine terre, en hauts bacs lorsqu’il faut respecter des surfaces en dur.

Les personnes âgées présentant des troubles cognitifs peuvent, en se promenant, absorber des baies ou mastiquer des feuilles. Toutes les plantes toxiques sont donc à proscrire. Je ne vous en ferai pas la fastidieuse énumération et me contenterai de vous envoyer en consulter la liste sur le remarquable site du CHRU de Lille à :
www.chru-lille.fr/cap/ca3c-1htm

L’une des principaux symptômes de la maladie d’Alzheimer, c’est la perte de mémoire progressive, à commencer par la mémoire immédiate: le malade ne se souvient pas de ce qu’il a dit ou fait dix minutes plus tôt. Il convient donc, dans la maison comme au jardin, de solliciter le plus souvent possible la mémoire lointaine pour ralentir la dégénérescence de la mémoire immédiate. Pour être exacte, la formule n’en est pas moins complexe. En français de jardinier, cela se traduit ainsi: “Si tu ne veux pas que tes neurones dégénèrent, Pépère, il va falloir les faire travailler un maximum.”

Des bouquets de mots, des massifs à penser.
Tous les travaux des gériatres donnent la lecture comme meilleur exercice pour la mobilisation des facultés cognitives.
Au fil de la promenade, les résidants découvrent donc des citations incontournables, fondements de la pensée universelle. Philosophiques, encourageantes, souriantes, elles incitent le promeneur à lire, à réfléchir, méditer, discuter, avancer. Incluses dans des résines de couleurs de formes et de dimensions variées, ces phrases- fleurs ou fruits sont disposés en massifs, en isolé, en grappes... On peut aussi en disposer les mots en vrac, créant ainsi un jeu de recomposition de phrase avec le sujet au départ, le complément un peu plus loin et le verbe au bout, pour le moins difficile. “Je”, “volontiers”, “m'assoirais”.

La mémoire des sens.
Chacun de nos cinq sens a sa propre mémoire. Pour ne citer que l’ouïe, nos résidants, majoritairement d’origine rurale, savent plus qu’ils s’en souviennent le bruit des sabots martelant la chaussée. Dans leur enfance, avant la révolution automobile, on faisaient tout ou presque à la campagne avec les chevaux. Et leur mémoire auditive s’active d’elle-même en entendant au petit matin les sabots du cheval de trait et les roues de la carriole passant sous leur fenêtre, puis reste alertée en voyant au fil de la journée les jardiniers effectuer tous les gros travaux avec leur paisible colosse.

La mémoire affective.
Il faut s’avancer vers celle-ci sans le moindre tabou. En effet, il est généralement admis que devrait arriver en tête de cette mémoire-là la famille des malades. Pas si sûr!
A la faveur d’une intuition et d’un hasard incroyables, j’ai pu acquérir pour trois sous une statue en résine de Charlie Chaplin dans son costume favori et je l’ai placé au centre du jardin. En promenant un malade qui ne reconnaissait plus ses enfants, je l’ai entendu murmurer en passant devant elle: “Oh!... Charlot!”.
J’attends désormais qu’avec les sculpteurs du musée Grévin nous puissions être en mesure de disposer dans un massif de graminées la frêle silhouette d’Edith Piaf qui, chantant mains tendues, semblera cueillir des fleurs. Là-bas, Maurice Chevalier vous saluera du canotier. Fernandel sourira près du cabanon à outils et Bourvil?... Où bon vous semblera. En tête (c’est le cas de le dire) des personnalités préférées des français, il fonctionnera à presque tous les coups.
Lorsque viendra mon tour, n’oubliez pas Coluche.
Épargnez-moi Renaud, sauf si j’ai fait du mal...

Après la mémoire du coeur, la mémoire “par coeur”.
Enfant, j’étais très impressionné par la mémoire de mon grand-père qui, malgré les déluges d’obus de Verdun et du chemin des dames, puis plus tard les bombardements de la Luft Waffe, avait retenu tous les départements de France avec chaque préfecture et presque chaque chef-lieu de canton. En manière de jeu, je lui demandais Cher?, il me répondait Bourges aussitôt.
De même pour les principales dates de l’histoire de France. Aussi ai-je inscrit sur des pas japonais : 1515 ? 1789? 1802 ? 1945 ? De même, à compléter : 18 Juin... ? 14 Juillet... ? Et le piège: 25 Décembre ...? Zéro, bien sûr.
Des jeux, des devinettes, des quizs, partout dans le jardin de quoi mobiliser l’intelligence.
L’un des plus beaux compliments qu’on m’ai fait à ce sujet est que ce jardin pourrait être aussi celui d’un campus universitaire.

Les familles et leurs enfants.
Fatiguées, stressées, pressées, soumises au rythme des temps modernes, il arrive souvent que les familles réalisent en arrivant à la maison de retraite qu’elles sont venues les mains vides. Un massif de fleurs à couper disposé à l’entrée permet, avec un sécateur et un peu de raphia, de réparer l’oubli en composant un joli bouquet.

Le sens de l’observation aux aguets constamment, le jardinier de maison de retraite ne peut pas ne pas voir que les jeunes enfants s’ennuient vite quand on les amène “voir Mamie”. C’est pour eux qu’on aura soin dans un coin du jardin de disposer des jeux, une cabane, un bac à sable pour les plus petits. Pour nous éviter aussi, soyons francs, des parties de foot dans les dahlias et des courses dévastatrices dans les massifs.

Je ne voudrais pas terminer sans une histoire de transplantation, non pas de pieds de dahlias ou de rosiers, mais des deux pieds d’un homme, déplacé pour d’autres raisons que l’esthétique, la nature du sol ou l’ensoleillement.

Bernard est un ancien ajusteur de soixante quinze ans atteint par la maladie d’Alzheimer. Tout le monde l’aimait bien, à la maison de retraite médicalisée où sa famille l’avait placé.
Je dis “l’aimait” parce que ça s’est passé à peu près comme ça s’est toujours passé pour lui.
Quand il était enfant, il n’a pas pu aller à l’école très longtemps parce que ses parents n’avaient pas les sous.
A quatorze ans, il est rentré comme arpète chez un patron qui le payait une misère. A vingt, il a rencontré sa femme qui gagnait une misère encore plus petite que la sienne et ils se sont installés tous les deux dans un tout petit logement, loin des ateliers, parce qu’ils n’avaient pas les sous.
Puis ils ont eu deux filles, qui n’ont pas pu étudier bien longtemps non plus et, dés qu’ils l’ont pu, ils ont acheté une petite voiture qui ne les a jamais emmené bien loin parce qu’ils n’avaient jamais les sous.
Et là, maintenant, à cause du prix de journée, Bernard a été prié d’aller mourir moins cher ailleurs parce que sa famille ? Devinez...

Nous autres, jardiniers de maison de retraite, les transplantations de vieux pauvres, on n’aime pas ça du tout et on se demande si ça va durer encore longtemps.
Alors, si l’INRA veut bien nous aider, on va essayer de créer un arbre à sous, qu’on appellera le soulier, naturellement.
Histoire que le produit de la récolte évite des rempotages indignes dont on ne veut plus chez nous.

Alors? Tout ça sans Sarko-Ségo, sans Villepin, sans Chirac, sans Buffet, sans Bové, ce n'est évidemment pas de la politique!
Juste du jardinage ;-)

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08:30 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (18)

15/09/2006

A LUNDI!!! ;-)

Je vous laisse jusqu’à Lundi matin tôt car je m’en vais d’un pas alerte et joyeux récupérer cet aprés-midi le plan du “petit jardin des conséquences” pour les enfants autistes. Il vient de passer en première lecture chez Madame Barbara DONVILLE pour corrections et améliorations, et va prendre dés demain matin la direction du CHU de Tours pour se faire améliorer encore par le professeur SAUVAGE.
La Poste, si tu m’entends, fais-nous ça vite et bien ;-)
Ensuite, nous passerons enfin à la réalisation.

Mais je ne vous quitte pas tous totalement.
Pour les franciliens qui souhaiteraient passer du virtuel au réel et qui passeraient ce week-end par la fête de l’Humanité à La Courneuve, sachez que votre jardinier préféré sera au Village du Livre sur le stand des éditions “Les points sur les i” Samedi de 14 à 17 heures et Dimanche de 12 à 17 heures pour dédicacer son premier roman: “Va mourir à Bangkok!”.
Bien sûr, il se pourrait fort bien qu’il en soit momentanément absent. En ce cas, n’hésitez pas à demander à son éditeur à lui qu’il a vers quelle buvette il l’a vu se diriger.
Et n’hésitez surtout pas à l’y rejoindre: plus on est de fous...

Pour vous y rendre, le plan d’accès se télécharge là:
http://www.humanite.fr/fete-article.php3?id_article=832148

Et puis, à celles et ceux qui laisseraient des messages pendant “une aussi longue absence”, je répondrais chaque soir de Paris.

A tou(te)s un bon week-end.

PS spécial Monsieur Fontenelle: les pièges du jardin sont tendus de la manière la plus complexe qui soit, même pour des commandos chinois. Profiter de mon absence pour les lancer sur mes bégonias vous vaudrait dés lundi procès en félonie et, devant tant de pertes, risquerait de retourner la Glolieuse Alméé de l’Olient Louge contre vous.
D’autre part, il est inutile de perdre votre temps à chercher les noms qui déclencheraient l’alarme sur le Danse avec les houx au risque de m’attirer les foudres des voisins.

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LE LUXE - IV° épisode

Un bus me monte de la gare jusqu’à l’école.

Direction “Le désert”, arrêt “Presbytère”. J’aime bien ce petit air "Tamanrasset” dans Lauzane, donnant au maître un petit côté Père de Foucauld ;-)

Je monte la rue.

Et là, je découvre que cette prestigieuse école est abritée dans un bâtiment si vilain, dans un environnement urbain tellement conventionnel et si peu élégant que des glycines, des roses et des bambous s’imposent!

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Qu’on fera ça de nuit et qu’au petit matin, les élèves et les profs arrivant pour les cours croiront s’être trompés.

Si Cristo emballe des ponts, j’ai bien l’intention moi de recouvrir "mon" monument sous les fleurs.

En attendant, vous pouvez aller vous promener à l’intérieur par vous-même en cliquant là
http://www.bejart-rudra.ch/

Pourquoi ai-je tant d’admiration pour Maurice BEJART?

Parce que cet homme a su populariser un art jusqu’à lui totalement élitiste: le ballet.

Et que j’aime sans réserve les hommes qui font grandir les hommes.

Me voilà dans l’école. Coup d’oeil à la cafétaria. Il n’y est pas.
Mains dans les poches, l’oreille aux aguets, je remonte le couloir des studios. Ca travaille de partout. Je n’ose entrebailler les portes.
On ne pérturbe pas ce qui se forge ici.

Revenant sur mes pas pour repartir, je hume à pleins poumons cette atmosphère d’intelligence, de grâce et de travail mélés.

Un peu comme un jardin où fleuriraient des gens.

Une porte entrebaillée. C’est l’administration.
Je frappe. “Entrez”.
“Le maître est-il ici ?
-Non, il est souffrant. C’est pour quoi?

Et là, je ne sais plus. Quoi dire? Qu’un jardinier de passage a fait le pari fou de parler avec lui?
Mon interlocuteur se rend compte de ma gène soudaine et se présente. Michel GASCARD, directeur adjoint de rudra. J’invente que je viens me renseigner sur les conditions d’inscription pour ma fille. Deux mensonges aussi énormes dans la même journée... Du jamais vu!
J’admire la petite fontaine électrique qui décore son bureau et j’évoque les jardins...
Quelques instants plus tard, je lui livre une idée à travailler ensemble : “Les attentats de beau”.

Il m’écoute tout sourire. L’événementiel, il aime.

Avant de prendre congé, je lui raconte une anecdote qui m’a fait grand plaisir.
Présentant voilà peu un projet de parc planté d’arbres souples pour que le vent le tienne en mouvement perpétuel, peuplés d’oiseaux, un interlocuteur m’avait surnommé “le béjardinier”. Et j’en étais bien fier.

Dans le train qui me ramenait à Paris, je méditais sur le luxe, encore.

Certes, je n’avais pas vu le maître. Mais j’avais fait la connaissance d’un nouvel artiste. Simple. Généreux. Curieux. Attentif. Ouvert au monde. Un grand. Un rare. De luxe ?

Un de ceux qui vous font oublier ces danseurs dont on se demande s’ils n’apprennent à sauter que pour chier de plus haut sur ceux qui les regardent.
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14/09/2006

LES FEUILLES MORTES SE RAMASSENT...

Patience... Le quatrième épisode consacré au luxe se mitonne dans la lourde cocotte en fonte noire, sur le coin de mon feu.

Mais l'autome est en avance et les feuilles mortes nous appellent, mon souffleur et moi.

Nous partons donc "faire propre" là où nous devrions être depuis longtemps à la réalisation du manège jardinier...

Il y a des matins où, d'une lucidité tranchante, on sait qu'on ne va faire que du vent.

Faiseur de vent, ce n'est déjà pas si mal...

Le cantonnier vous souhaite une bonne journée ;-)

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08:33 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (19)

13/09/2006

NOUVELLES DU FRONT !

Plus de renvois ici = pas de Primpéran ce matin!

Avant de m’adresser à tous, quelques mots d’abord pour mes créanciers qui viennent voir régulièrement ici évoluer la situation de Danse avec les houx. Téléphoner, écrire et poster à tous impliqueraient des frais qui retarderaient d’autant mon redressement et mes règlements.

Vous l’avez lu sur ma tardive note d’hier, l’affaire qui m’oppose à la maison de retraite dans laquelle j’ai créé grâce à vous et avec vous le premier jardin Alzheimer de France a enfin été plaidée devant le tribunal de commerce de Montereau.

Bien sûr la partie n’est pas gagnée puisqu’elle est mise en délibéré jusqu’au 14 Novembre prochain.
Mais les faits ont été régulièrement exposés, ma situation rigoureusement présentée et après plusieurs renvois inadmissibles dûs à des manoeuvres indignes destinées à gagner du temps et SURTOUT à m’en faire perdre, le tribunal va ENFIN pouvoir juger.

J’ai donc de bonnes raisons de penser que TOUT LE MONDE pourra être payé avant Noël. Certes, même en cas de victoire, ceci n'y suffira pas complètement. Mais de nouveaux chantiers arrivent et mon livre va se vendre! Globalement, ça va le faire!!!

Un mot nécessaire d’explication sur une perfidie de la partie adverse qui plaidait en second hier.

Mon avocate ayant exposé que ma situation financière était catastrophique et ne me permettait pas même d’envisager d’aller démarcher de nouveaux clients, la conseillère juridique qui représentait la maison de retraite (avec un mandat que n’a pas manqué de lui demander la présidente hier) s’est étonné que, dans cette situation, je sois assisté d’une brillante avocate. Donc, sans doute, dans son esprit, chèrement payée...

Je tiens à dire ici que je suis conseillé et représenté GRACIEUSEMENT par Maîtres Claire HOCQUET et Judith SCHOR, du cabinet RAPPAPORT du barreau de Paris qui, plus qu’à être mes avocats, aiment et défendent BENEVOLEMENT avant tout l’esprit de mes jardins.

Une étrangeté française interdit aux avocats de faire leur publicité.
Rien n’interdit cependant à ceux qu’ils défendent d’en faire la louange. Aussi ai-je trouvé SANS LEUR CONCOURS ce solgan qui les qualifient bien:
“Le cabinet RAPPAPORT a toujours pris soin des gens.
Il défend les gens qui prennent soin des gens.”

A cette dame qui pourrait s’étonner pareillement que je ne me sois pas présenté à pied et en guenilles, je veux préciser que nous sommes venus avec la voiture de ma mère dont le soutien devient ici légendaire, et que même si mes vêtements ne sont pas du dernier cri, j’en prends un soin infini compte tenu précisément de ma situation.

Quant au magnifique livre tout neuf de l’immense Alain REY, “A mots découverts” (Robert Laffont - 21 euros), que je lisais en attendant notre tour, il venait de m’être offert par la délicieuse Hélèna BERCAU, maître de conférence à l’université de Nanterre où elle enseigne le droit et la procédure pénale avec laquelle je fêtais hier deux ans de compagnonage total et de batailles communes. (Clin d’oeil à Camerone)

Si cette dame passe par ici et, fouillant les archives, s’étonne d’y lire que j’étais en Sologne voilà peu et au maquis Misère récemment, je dois préciser, (mais est-ce désormais bien nécessaire?), que j’y étais invité.

Je sais. Ce doit être très dur à avaler quand on n’a pas d’amis.

A toutes celles et tous ceux qui m’ont témoigné ici (et plus discrètement ailleurs) leur soutien dans cette bataille du bel et bon, je veux dire ce matin mon infinie gratitude et ma fierté de rassembler ici quelques Hercule pour entreprendre, (mais ne vient-il pas de commencer?), le nettoyage nécessaire des écuries d’Augias.

MERCI!!!

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09/09/2006

LE LUXE (Troisième épisode)

J’apprenais tout d’abord que James Bond consultait l’heure sur l’une de leurs montres. Quand on sait avec quelle précision les agents de sa Gracieuse Majesté montent leurs opérations, cela a quelque chose de rassurant.
A Waterloo, vieux grognard, j’aurais tellement aimé que Grouchy en eut une au poignet...

(Sans doute, quand mon éditeur que j’ai m’annoncera que nous avons dépassé les trois cent milles exemplaires vendus de Va Mourir à Bangkok, songerai-je à en offrir une à un ami que j’ai. Oui. C’est par là si vous Suivez Mon Regard ;-))

Puis je vis quelques bagues finement taillées, des colliers, pendentifs, diadèmes étincellants...
Puis des pierres énormes au cou de quelques femmes qui ne l’étaient pas moins. La galanterie française commande qu’on s’arrête là ici.

Sans jamais voir un prix.

Comme dans ces restaurants où seul Monsieur aura le privilège d’estimer à la louche le diner de Madame.
Quand on aime, on ne compte pas...
Et toutes ces sortes de choses...

Sans être expert en la matière, j’estimais cependant que cette grosse dondon avait autour du coup un hôpital en Inde, cette autre portait au poignet dix écoles au Mali, celle-ci avait aux oreilles de quoi restaurer tous les squatts de Paris et enfin cette dernière portait à l’annulaire largement de quoi nourrir le Darfour grassement pendant six mois .

J’en étais là de mes évaluations quand on vint me chercher.

Le bureau était vaste et l’homme sympathique, accueillant, chaleureux. La directrice de la communication d’une élégance rare et d’une réserve exquise.

J’allais droit au sujet, exposant mon souci et demandant qu’on veuille bien me faire un portrait type du client de la maison.

On n’avait pas ça. Du moins, si on l’avait, n’était-on point disposé à le livrer si promptement.

Allez faire un jardin sans savoir pour qui! Si si. Essayez...

Puis nous parlâmes de commerce et de nos différences. Il fût vite établi que quiconque poussait la porte d’une de leurs boutiques dans l’intention d’acheter y serait accueilli avec respect et courtoisie et que, pour peu que le quiconque en eut les moyens, on lui vendrait ce qui lui ferait plaisir.
D’où que vienne sa fortune.

Je précisais quant à moi que tentant de créer des jardins propices à l’inspiration, je ne ferai JAMAIS, même pour tout l’or du monde, le jardin du général Mladic pas plus que celui de Ben Laden.

Un ange passa vite, les ailes pesantes d’incompréhension.

Il était évident que pour aller plus loin, force serait de nous apprivoiser quelques temps, et à l’oeuvre.
Façon Saint-Exupéry... à l’ouvrage.

Ca tombait bien: de l’ouvrage, il allait y en avoir. Leur boutique de Paris, située place Vendôme, allait être reconçue.
- Vous voyez où elle est ?
- Bien sûr! Mais tout à fait!!!
Je vérifiais aussitôt mon ombre sur le mur: rien du côté du nez.
A cet instant précis je bénissais mon père de n’avoir pas été marionnettiste italien.

On examinerait donc avec intérêt et bienveillance le projet paysagiste que je ne manquerai pas d’envoyer pour la façade.
Nous nous séparames sur cette enthousiasmante perspective, Monsieur METZGER me complimentant d’un “Vous m’avez bien fait rire” qui m’alla droit au coeur.

Sur le trottoir, j’appellais aussitôt le général Misère.
http://danseavecleshoux.20minutes-blogs.fr/archive/2006/07/24/le-general-misere.html
Devines d’où je t’appelle...

En y repensant tout à coup, je me dis que c’était bien irréfléchi... Ca aurait pu me le tuer.

Je filais à la gare, j’avais trois heures avant le train de retour à Paris. Il me restait trois sous.
Je sautais dans un train pour Lauzane me tenter un vrai luxe. Un à moi. Un immense et pas cher:

Echanger quelques mots en prenant un café avec mon roi Arthur que j’ai.

Avec un peu de chance, il serait peut-être à sa géniale école.

Et la chance, semblait-il, me souriait ce jour-là.

A suivre.

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08/09/2006

LE LUXE (Deuxième épisode)

Me voilà au petit jour dans le TGV Paris-Genève.
Habillé du mieux possible selon ce que j'imagine être la tenue conforme à l'idée que pourrait se faire un patron du luxe d'un nouveau chef d'entreprise créatif dans le secteur des parcs et jardins.

Tant il est vrai qu'on n'a jamais deux fois l'occasion de faire une première impression.

Notez bien le "j'imagine". Il resservira.

Tandis que le train roule sous un soleil presque aussi radieux que moi, je suis surtout préoccupé par le profil des "cibles" de la communication Piaget.
Communiquer, c’est d’abord s’adresser à quelqu’un dans sa langue, son style et ses valeurs et je n’ai AUCUNE, mais alors strictement aucune idée sur qui sont ces gens qui, aux quatre coins du monde, s’achètent aujourd’hui de la joaillerie de luxe.

Bien sûr, “ma” princesse russe en a probablement reçu, acheté peut-être, porté à coup sûr dans ses grandes occasions. Mais nous n’avons rien échangé sur ce sujet et l’eussions-nous fait, je crois qu’elle en aurait ri, ramenant l’exposition de bijoux de valeur à la manifestation ostensible d’un signe de pouvoir.
D’une simplicité éclatante qui devait tout à l’élégance, au charme et à la courtoisie, elle n’avait aucunement besoin de pierreries pour être Belle, même à 85 ans.

Pour ce qui était de préparer un cadre jardinier à la montre qu’aurait pu désirer Mike Jagger, Elton John ou Madonna, j’avais bien quelques idées.

A l’évidence, celles-là ne seraient pas les bonnes pour l‘empereur du Japon.

Moins encore pour les gros parvenus du Texas.

Peut-être même seraient-elles dangereuses chez les souriants intégristes des émirats du Golfe.

Retard du train, téléphone immédiat pour prévenir de l’incident, “Pas de problème, on vous attend...” et après une course effrenée dans Genève, j’arrivais à l’heure dite au rendez-vous fixé.

Une charmante hôtesse m’invita à patienter le temps que l’on prévienne de mon arrivée dans un petit salon sur la table basse duquel trônait le catalogue de la maison et là...!

Il était là, leur luxe.

A suivre.

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Juste pour vous mettre sur la voie... Voilà un peu du mien ;-)

07/09/2006

LE LUXE (Premier épisode)

Vous allez rire.
Ou ne pas le croire.
Pourtant, c'est vrai.

Peu avant de créer mon entreprise en Mars 2003, je "jardinais" déjà au sein d'une entreprise d'insertion, l'artiste français étant depuis longtemps invité à s'intégrer au mieux et au plus vite dans l'univers précaire des techniciens de surface.

Par une chance inouïe, j'entretenais le jardin d'une authentique princesse russe d'un âge respectable dont je tairais naturellement le nom et le village.
Passer chez Stéphane Berne oui, mais pas n'importe comment.

Je commençais en automne.
Sous la fenêtre de sa chambre qu'elle ne quittait plus guère, je travaillais à genoux et de dos par rapport à la maison à un massif de printemps, enfouissant dans les terres oignons de croccus, narcisses, jacynthes et tulipes, à l'ombre perces-neige.

Le monde de l'insertion intègre, avouons-le au risque de déplaire à SMR (Suivez Mon Regard), quelques frippons et il n'est pas rare que les "clients" chez lesquels on travaille surveillent de derrière le rideau de la fenêtre qu'on fait bien son ouvrage et surtout qu'on ne flane pas durant le nombre d'heures qu'on va leur compter.

Je sentais donc régulièrement peser sur mon dos le poids d'un regard. Je ne dis pas le sien. Nous étions quatre à travailler ici et les plus suspicieux ne sont pas forcément ceux-là auxquels on pense.

Ce travail fini, on se relève et le massif resemble très exactement à ce qu'il était avant qu'on s'agenouille, tout étant sous la terre. On pourrait en déduire que le jardinier n'a pas fait grand chose d'autre que de prier vers La Mecque, si toutefois le massif est orienté dans la bonne direction.

Vaguement inquiet de ce qu'on allait déduire d'un résultat si peu visible, je rangeais mes outils et revenais vers la maison quand je vis s'avancer à ma rencontre la princesse.

Elle me demanda ce que serait son massif, le mariage des couleurs, les parfums. Je lui répondais, ajoutant que j'étais bien heureux d'avoir préparé son prochain printemps et d'avoir mis en terre "toutes ces petites fleurs qui annoncent aux personnes âgées qu'elles ont vaincu l'hiver."

Il faut, pour prendre la mesure de ce qui va venir, savoir que la princesse connaissait Ninjinsky, était l'amie de Jean Cocteau et avait reçu à sa table les artistes, écrivains et philosophes les plus remarquables du XX° siècle.

Elle prit mon bras pour rentrer. Nous fîmes quelques pas puis, s'arrétant un instant, elle planta dans mes yeux un regard bleu intense et me dit dans un sourire: "Monsieur, je ne sais pas plus grand luxe que de vous avoir dans mon jardin."

Le coeur au fond des bottes, l'eau qui monte aux paupières et la voix qui s'étrangle... Qu'allez-vous dire après ça?

Nous rentrâmes en silence.

Chez moi, c'est assez rare pour qu'on l'évoque ici ;-)

Quelques matins plus tard, sur France 2, Monsieur Alain PERRIN qui dirige le groupe Cartier venait à Télématin expliquer qu'il appartenait à la tête des entreprises du luxe français.

Ni une ni deux. Une feuille, un stylo:

Monsieur,
On n'est pas tout à fait dans le luxe tant que l'on ne m'a pas moi.
Signé: Votre serviteur, jardinier des princesses.

Quelques jours se passèrent. Mon portable sonna.
La secrétaire de Monsieur PERRIN m'avoua qu'on avait bien ri à l'arrivée de ma lettre, qu'elle faisait route vers Londres et qu'on allait me rappeler.
C'est amusant ces gens qui vous téléphonent, vous ont au bout du fil et vous disent qu'on vous dira plus tard pourquoi on vous appelle.

Quelques jours se passèrent. J'avais presque oublié.

Le téléphone sonne. A Genève, le patron de Piaget, Monsieur Philippe METZGER, m'appelle de la part de Monsieur PERRIN, m'indique que sa communication est fondée sur les jardins et amicalement me propose in petto: "Voyons nous quand vous passerez par Genève..."
"Bien sur! Avec plaisir! J'ai mon agenda là..." Et rendez-vous fût pris pour mon "prochain passage".

Pensez! Au RMI, avec quelques heures de jardin payées une misère, j'étais à cette époque à Genève tous les jours. Ha, prendre son café en lisant La Tribune juste devant le Léman quand on est jardinier en milieu d'insertion...

J'avais dans mon camion de quoi faire cent kilomètres au plus, et j'étais sous Paris.

Mais grâce à ma sainte mère et à quelques amis, une semaine après l'immatriculation au tribunal de commerce de Montereau, "Danse avec les houx" se présenta à son premier rendez-vous de travail chez l'un des plus prestigieux joalliers qui soit.

A suivre.

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Pour une histoire pareille, il faut bien un cosmos;-)))

31/08/2006

"CULTIVONS NOTRE JARDIN"

Et rêvons un peu...
Rêvons que tous les candidats à la présidentielle nous posent enfin LA question qu'on ne leur entend jamais prononcer et qui pourtant devrait leur venir en tête, au propre comme au figuré:

QU'EST-CE QUI VOUS FERAIT PLAISIR ?

Dans la limite définie par Coluche: "Grossier peut-être, vulgaire jamais!"

Chacun sait bien que la haine et la pornographie n'ont pas leur place ici.


Impatiens... de vous lire.

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07:50 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (31)

29/08/2006

VITAMINES

Fers à cheval, pattes de lapin, trèfles à quatre feuilles ou doigts croisés, je ne sais pas trop bien comment vous appeller ce matin puisque vos voeux de chances ont réussi leur coup sur tous les fronts hier.

Côté jardin, d'abord. Madame DONVILLE a beaucoup aimé mon "petit jardin des conséquences".
L'aventure continue avec ses amendements. Nous attaquons ensemble le second brouillon.
Prochaine étape chez le professeur SAUVAGE, spécialiste de l'autisme au CHU de Tours pour le plan définitif.
Après son dernier coup d'oeil, "manches retroussées et au boulot!"
Il faudra un terrain de 20 mètres par 30 non loin du CHU et là encore j'aurais besoin de l'aide de ceux du Val de Loire pour le trouver, et de tous pour l'acheter...
Mais nous n'en sommes pas là.

Côté roman ensuite, tout le monde est épuisé. "Va mourir à Bangkok!", mon éditeur que j'ai et pour paraphraser Woody Allen: "je me sens un peu fatigué moi-même".
Douze jours d'attente pour les nouveaux lecteurs pour cause de réimpression. Des signatures qui s'organisent chez les libraires, le stand de "Les points sur les i" à la Fête de l'Humanité... A ce train-là et si ma situation financière s'améliore, je me demande si je ne vais retenir une place en voiture décapotable l'année prochaine dans la caravane du Tour de France ;-)
Non, Monsieur Fontenelle! Pas pour piquer de l'EPO aux coureurs! Pour dédicacer...

Alors un dernier petit effort: ce matin, à dix heures, signature de la commande du jardin de l'IME de Montereau... avant de filer à la Poste retirer une lettre recommandée qui n'annonce rien de bon.

En ce moment, c'est marrant la vie ici. Contrasté, pour le moins. Lundi, c'est genre Gaston: "Ne négligez pas l'hypothèses que je sois peut-être un génie..." Mardi, on en est moins sûr. Mercredi ?...

Allez, pour la route!
http://danseavecleshoux.20minutes-blogs.fr/archive/2006/07/20/va-les-chercher.html

27/08/2006

A DEMAIN...

Deux notes pour ce Dimanche matin! Le jardin et la maison ne reculent devant rien pour satisfaire leurs visiteurs.

D'abord un souci à moi que j'ai: l'ami FONTENELLE avait donné rendez-vous sur le Vive le Feu! le 25 Août. Nous sommes le 27 et toujours pas de nouvelles. S'il passe par ici, qu'il veuille bien rassurer ses potes à lui qu'il a.
Sinon, si quelqu'un sait au bord de quelle nationale il est en panne, qu'il nous le dise pour qu'on aille le chercher, avec ou sans la caisse à outils.

Ensuite, c'est demain à quatorze heures que je vais avoir l'immense honneur de présenter pour la première fois mon petit jardin des conséquences pour les enfants autistes. A Paris et à Madame Barbara DONVILLE.

Avec la sortie du livre, j'ai les mains qui tremblent.
Avec ça, c'est les genoux qui flageollent.

Dans cet état, je pars longtemps à l'avance en vous laissant les clefs...

Prenez garde à vous.

Et surtout ne soyez pas sages! ;-)

Je vous laisse avec l'une de mes préférées: Ghilaine de Feligonde.

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17/08/2006

FRONT DE LIBERATION DES FINES HERBES

Dans la dernière maison de retraite médicalisée où il m'a été possible d'exercer "mon art", j'avais assez vite observé que les résidants n'y voyaient plus grand chose, n'entendaient guère mieux et ne semblaient s'égayer vraiment qu'à l'approche des repas.
Du coup, en humaniste épicurien, j'avais planté sous les fenêtres des cuisines une plates-bandes d’herbes aromatiques histoire de mettre un peu de persil dans les salades, un bouquet garni dans le pot-au-feu, quelques feuilles de menthe sur les fraises, un peu de thym sur les grillades, une chtite feuille d'estragon dans le cul du poulet... Enfin, vous voyez le genre.

Pure folie!!!

Des normes intégristes d’hygiène interdisent formellement aux cuisiniers d’utiliser les aromates du jardin!
Ca s'appelle les HACCP et ça vient te gâcher les gamelles quand ce sont les dernières.
HACCP, c'est une abréviation anglaise qu'on peut traduire en français par: "Te Pourrir La Vie Jusqu'Au Bout!"

Sait-on par exemple qu'au cours des ateliers patisserie, si les mamies ont droit de cuisiner une tarte aux prunes du verger, elles n'auront pas celui de la manger? Pas plus que de l'offrir aux gamins de l'école d'à côté qui la verraient peut-être arriver avec plaisir à l'heure du goûter... Ben non! C'est défendu!!! Poil au ?

Alors, le jardinier se trouve devant un choix cornélien: soit renoncer à procurer par quelques condiments l’un des derniers plaisirs restant aux résidants, à savoir la gourmandise, soit convaincre les chefs d’entrer en résistance et de concocter malgré tout quelques omelettes aux fines herbes dans une clandestinité maîtrisée.
Hélas, derrière les fourneaux non plus n’est pas Jean Moulin qui veut et j’en ai vu beaucoup collaborer avec la dictature de la sale-bouffe.

C’est pourquoi j’appelle solennellement ici, comme je l'ai déjà fait sur France Inter grâce à Jean-Pierre COFFE dans "Ca se bouffe pas, ça se mange!", toutes celles et tous ceux pour qui le basilic est un droit et la tendresse pour les vieux un devoir à rejoindre le Front le Libération des Fines Herbes, canal historique évidemment!
Oui, mes amis! Exigeons pour nos vieux aujourd'hui notre droit pour plus tard à du romarin dans la dorade, de la ciboulette goûtue dans la mayo, de la coriandre dans le couscous!
La tristesse ne passera pas!

11/08/2006

LA MEDIOCRITUDE

"C'est beau quand c'est propre, c'est beau quand c'est net!"
Evidemment, avec des formules de cette envergure, le jardinier sait d'entrée qu'on ne va rien lui demander de plus que de tondre la pelouse et de tailler les haies. Au point de s'en croire tout au plus homme de ménage dehors.
Le voici donc parti pour des allers-retours à couper du gazon, aligner du laurier, débarasser les tontes et évacuer les chutes... Exaltant.

Consciencieux et soucieux de pimenter un peu cette journée qui s'annonce fertile en imagination, il aura soin de ramasser aussi les mégots de cigarettes qu'un indélicat aura jeté un peu partout, de faire disparaître les papiers de bonbons qu'une marmaille laxiste a abandonné près du portique, le tout sous l'oeil soupçonneux du propriétaire qui ne voudrait pas qu'on lui compte deux heures quand ça ne fait que cent dix minutes.
L'escroquerie a ses limites, tout de même!

Parfois, sur la plainte d'un voisin se sentant envahi, il coupera une branche dépasant la clôture. http://danseavecleshoux.20minutes-blogs.fr/archive/2006/06/19/je-suis-jeb.html

Alors, fou qu'il est, il tentera de proposer un bassin comme but de promenade, avec des nénuphars. Une tonnelle fleurie pour ombrager un banc sur lequel lire l'été. Quelques roses par ici, quelques dahlias par là, de quoi se composer quelques jolis bouquets pour fleurir l'intérieur. Un chèvrefeuille là-bas, pour cacher une laideur criante à en pleurer.
"Oh non! Pas cette année!!!" s'entendra-t-il répondre dans le moins pire des cas.
Ca peut aller, si si, jusqu'à "Des fleurs? Mais pour quoi faire?" et, nous l'avons entendu:"Un bassin?!! Mais vous n'y pensez pas! Ca fait venir les grenouilles qui font du bruit la nuit!"
La preuve! medium_Grenouilles.JPG

Alors, me demanderez-vous?
Alors cela procure aux plus républicains d'entre nous des nostalgies surprenantes.
Des envies de châteaux de Versailles, de Fontainebleau, de jardin de Bagatelle... Des envies de jeux d'eau, de statues, de vieux arbres. Ca vous colle le blues des rois, des empereurs... Ca vous mène à penser qu'il vaut peut-être mieux des monarques éclairés que des démocrates éteints.
Là est tout le danger!

RALLUMEZ LES LUMIERES!

LE MANEGE JARDINIER

Dans la série "Republication des projets de jardins" en attendant les liens, en voici un qui, malgré un article élogieux dans "Le Parisien", n'avance pas d'un pouce.
Le coût du cadre n'est pas particulièrement élevé. Par contre, celui des attractions qui l'agrémentent est relativement important car elles sont oeuvres originales d'artistes.
Aussi je lance ici l'idée du mécénat d'entreprise qui, outre les avantages fiscaux qui s'y rattachent, offre à celles qui participeront la garantie d'une image forte, humaniste, progressiste et esthétique.
Comme on dit ici: "Qui aime me suive!"

Le manège jardinier:
un manège pour les enfants
qui ne peuvent pas monter sur les manèges.


Après avoir pris son billet à la guérite illuminée, on entre par une ouverture taillée dans la ramure d'un saule pleureur, de rire, évidemment.

Puis on s'engage dans un tunnel de glycines blanches et roses que viennent parsemer de touches parmes et lilas quelques clématites luxuriantes.

Au sortir du tunnel, un bouquet de chèvrefeuilles délivre son puissant parfum. On s'arrête un instant, le temps que la machine à caresser la joue vienne vous la chatouiller du bout de ses douces plumes de paons.
medium_Machine_a_caresser_la_jou_c.JPG
On repart, franchissant le pont qui enjambe le bassin dans lequel quelques carpes nagent entre les nénuphars roses et blancs. On admire la naïade de Corinne Joachim qui, posée sur son île au milieu des genets, se regarde dans l'eau.

medium_Naiade.2.jpg

Tournez, petits manèges. En avant!

A droite, croulant sous les roses tendres d'Appel Blossom, la cabane de l'infâme Cramouillard, l'ogre du jardin. A cette heure-ci, il dort. Il faut passer sans bruit. Ne pas le réveiller, sinon...
Tant pis. Un épouvantable vacarme se déclenche au passage du fauteuil ! Il a dû nous entendre. Va-t-il sortir? Nous courir après? Courage: fuyons!
medium_apple_blossom_Cramouillard.JPG

Le silence revient. Il a du se rendormir. Ouf!

Tiens?! Sur le banc de bois, la cape de Bonhomme Bisous! Bonhomme Bisous? Mais si, vous savez bien, ce cavalier masqué qui chaque nuit passe déposer un peu de tendresse aux enfants du monde qui en ont tant besoin. Il a dû faire une pause en passant par ici cette nuit. Il aura oublié son manteau en repartant. Toujours pressé. Mais il a tant de travail...
En avant, comme lui!

On déguste quelques mûres et nous voici à la volière des beaux oiseaux. Un faisan doré course ses deux femelles. Donner du grain, de l'eau. Facile! Le passage du fauteuil actionne les trémies.

Nous entrons sous le deuxième saule et là !!! medium_Souffleur_a_bisous_face_cop.JPGUn souffleur à bisous nous projette doucement un nuage de pétales de roses qu'on traverse en riant.

On avance en picorant dans la haie des framboises, des cassis, des groseilles. On est tout barbouillé! Du rouge, du rose, du violet...

Un clown triste nous attend. "Envoie-lui un sourire, il ira sûrement mieux.", murmure-t-on quelque part.
On sourit et miracle, le clown sourit aussi et agite sa main pour souhaiter bonne route.
C'était l'Emouvantail. Normal, dans un jardin...
medium_Emouvantail_copie.JPGHommage au grand Marceau.

Si on trouve un secret caché parmi les fraises dans les bacs de la fin, on a gagné le droit de faire un second tour.

Et souvent, des surprises! Un jongleur, un mime, des danseuses, des musiciens, des clowns, des magiciens...

Ce jardin-là est fait pour les accueillir tous.


Avon, 12 Mars 2006.

06:50 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (4)

08/08/2006

PREMIER JARDIN "ALZHEIMER"

Dans la série: "Republication des jardins en attente des liens ;-))))",voici...

LE JARDIN DES SENS.


Mettre les cinq sens des malades Alzheimer en émotion constante dans la totale sérénité d’un jardin thérapeutique sécurisé, tel est le projet développé par l’entreprise Danse avec les houx en direction des maisons de retraite médicalisées.


Repère sera notre mot-clé.


La vue.
Les fleurs sont des repères dans le temps des saisons.
Les perce-neiges, crochus, narcisses et jacinthes annoncent la fin de l’hiver. Puis les tulipes, le muguet et les fruitiers en fleurs confirment le printemps. L’iris appelle l’été et les roses le claironnent avec les clématites. Les hortensias l’automne. Les ellébores, dites “roses de Noël”, l’hiver.
Nos pensionnaires, majoritairement d’origine rurale, le savent plus qu’ils s’en souviennent. Et leur mémoire s’active d’elle-même en entendant au petit matin les sabots du cheval de trait, les roues de la carriole passant sous leur fenêtre, puis en voyant plus tard les jardiniers effectuer tous les gros travaux avec leur paisible colosse. Labours, cueillettes... Quand le temps le permet, Fanfaron l’ardenais promène les plus faibles dans sa carriole aménagée.
Les oiseaux, attirés par les baies des arbustes, donnent un constant spectacle devant le balancement de légères graminées qui laisse apercevoir, en transparence, un bassin au-dessus duquel un angelot discret conseille aux nymphéas de garder leur secret. Tout paraît si tranquille...
Quand soudain, bouquet vivant, un paon déploie sa roue au milieu du jardin.

L’odorat.
Lilas, seringa, muguet, lys, arôme, romarin, lavande, rose, œillet, jasmin et même le mimosa qui attend sereinement le printemps au jardin d’hiver, autant de parfums jalonnant la promenade tout au long de l’année. Voisin d’un vaste champ, s’ajoutent à la Saint Jean les senteurs inoubliables des foins coupés. En été, l’odeur des côtelettes d’agneau frottées de thym grillant sur le barbecue du cabanon devant lequel déjeunent les jardiniers...
Repères de temps aussi.

Et l’écurie de Fanfaron, producteur bénévole d’engrais naturel, premier responsable de la folle exubérance des rosiers grimpants. Repère constant.

L’ouïe.
Les oiseaux, encore eux, avec leurs chants variés. Mésanges, rouges-gorges, merles, tourterelles, alouettes, bouvreuils et moineaux... Le vent dans les bambous. Les fontaines, extérieure au bassin, intérieure au patio. Le carillon de roseaux accroché à une branche du polonia. Les sabots du cheval. Un jardinier qui chante. La cloche de l’églis
e du village et celle de la maison appelant aux repas. Les rires des enfants aux récréations de l’école voisine. Parfois, la musique militaire de l’Ecole Supérieure des Officiers de Police, de l’autre côté de la rue. Repère de 14 Juillet, de 8 Mai et de 11 Novembre... Des dates qui ne s’oublient pas.

Le toucher.
Le velours d’un pétale, le satin d’une feuille, la douceur d’un bois lisse à l’accoudoir du banc, la fraîcheur du fer forgé de la chaise disposée à l’ombre des bouleaux, la douceur d’un coussin, le souffle frais et léger du vent s’introduisant, coquin, dans les chemises ouvertes... Et sur le gazon dru des déambulatoires, le souvenir lointain d’une marche pieds nus.

Le goût.
Des baies à picorer tout au long de la promenade. Framboises, groseilles, cassis, mures (des mûriers sans épines). Au verger, cerises, pommes, prunes, poires, noix et châtaignes. Au potager, des fraises, des melons, des pastèques... Repères de printemps, d’été, d’automne.
Rien de toxique, bien sûr. Du beau, du bio, sans autre engrais que le compost maison et le fumier du cheval.

Des feuilles mortes aux tulipes, dans le jardin d’hiver qu’une large baie vitrée isole des frimas, un écrin de verdure et de plantes tropicales d’où l’on regarde la neige tomber sur le village. En prenant soin de ces frileuses, fragiles elles aussi.
Dans le grand aquarium, les poissons multicolores savourent paisiblement leur perpétuel été. Dehors, les passereaux dansent un ballet constant de nichoirs en nichoirs garnis de nourriture.
Un sapin pour Noël, des jacinthes aux étrennes, on attend le printemps en écoutant Mozart, Schubert et Vivaldi.


Il ne passera pas, l’hiver !

C’est étonnant comme une virgule change tout.



LE JARDIN DES MEMOIRES


Solliciter le plus souvent possible la mémoire lointaine pour ralentir la dégénérescence de la mémoire immédiate.

Dans un massif de graminées, la frêle silhouette
d’Edith Piaf, mains tendues, semble cueillir des fleurs.
Là-bas, Charlot s’éloigne. Ici, Maurice Chevalier salue du canotier. Fernandel sourit. Et Bourvil? Il bourville.

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Des parterres de sens.
Tous les travaux des gériatres donnent la lecture comme meilleur exercice pour la mobilisation des facultés cognitives.
Au fil de la promenade, les résidants découvrent donc des citations incontournables, fondements de la pensée universelle. Philosophiques, encourageantes, souriantes, elles incitent le promeneur à lire, méditer, discuter, avancer. Incluses dans des résines de couleurs de formes et de dimensions variées, ces phrases deviennent des fleurs ou des fruits disposés en massifs, en isolé, en grappes...

Parmi notre sélection provisoire :

La plus grande des victoires est la victoire sur soi.
Platon.

Sur les flots, sur les grands chemins, nous poursuivons le bonheur. Mais il est ici, le bonheur!
Horace.

La vie ressemble à un conte; ce qui importe, ce n’est pas sa longueur, mais sa valeur.
Sénèque.

La fatalité triomphe dés que l’on croit en elle.
Simone de Beauvoir.

Le point de vue le plus simple est toujours le meilleur.
Chaplin.

L'heure de la fin des découvertes ne sonne jamais.
Colette.

La vraie sagesse est de ne pas sembler sage.
Eschyle.

Il faut oser ou se résigner à tout.
Tite-Live.

On n’est jamais aussi vainqueur ni aussi vaincu qu’on se l’imagine.
de Montalembert.

La mort est le berceau de la vie.
Higelin.

Quand il est dur d’avancer, ce sont les durs qui avancent.
Kennedy

Ne pas subir.
Maréchal Jean de Lattre de Tassigny

En notre temps, la seule querelle qui vaille est la querelle de l’homme.
De Gaulle.

Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été.
Camus.


A lire avec les pieds, sur une allée de sable fin, ce poème-marelle est écrit sur des pas japonais.

Petits pas de zen
(Poème cognitif)

Je - marche - dans - un jardin - où - tout - m’est - destiné.
C’est - en pensant - à moi - qu’ils - ont - tout - dessiné.
Je - suis - ces pas - de lune. - Ils - me - mènent - vers - des fleurs.
Des herbes, - dans le vent, - me - dansent - le bonheur.
Je - vais - m’asseoir - ici, - prendre - un peu - de repos.
Le monde - est - ce qu’il - est. - Vu - d’ici, - il est - beau.
Les tirets séparent les pas.

On peut s’asseoir alors à l’ombre parfumée d’une masquelière* couverte de roses rouges, clématites et jasmin.
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*Masquelière : nom commun féminin singulier, volontiers pluriel. (du nom de son inventeur) Pergola destinée à accueillir des plantes grimpantes, créant ainsi une escale fleurie, ombragée et parfumée le long d’une promenade.
Il existe des masquelières à deux et trois places, ainsi qu’un modèle équipé d’une potence d’aide au relèvement pour personnes agées, handicapées ou convalescentes. in Dictionnaire à venir.


La guinguette

De Mai à Octobre, au fond du jardin, un kiosque à musique abrite un accordéoniste qui vient parfois jouer les airs qui collent à la mémoire.

Non, rien de rien, non, je ne regrette rien...

Ah! le petit vin blanc
Qu’on boit sous les tonnelles
Quand les filles sont belles
Du côté de Nogent...

J’ai pris ces roses blanches
Pour aller voir Maman...

Un gamin d’ Paris, c’est tout un poème...

L’aventure commence.
Bien sûr, nous créons ce jardin pour les malades.
Nous le faisons tout autant pour le bien-être, le repos
et l’énergie de celles et ceux qui prennent soin d’eux.

Nous tiendrons un journal de nos observations.

Cannes-Ecluses, ce 24 Mai 2005.


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08:20 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (8)

 
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