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05/08/2006

MAMIEDROME

L'un d'entre vous m'ayant judicieusement fait remarquer qu'il fallait fouiller et farfouiller dans les archives lorsqu'on voulait trouver les textes accompagnant les images des jardins, je republie ce matin le texte concernant le premier "Mamiedrome".

Dés que j'aurais compris comment le faire (Grabuge, si tu m'entends...), j'insèrerai un lien vers lui à partir des photos de l'album.

Bonne promenade!



GENESE D'UN MAMIEDROME*

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Quand j’ai commencé là, à Castel Nazareth, j’ai moins vu le jardin que la douleur des dames.
Les mains crispées sur la rampe du déambulateur, à petits pas, lentement, elles avançaient. Quand même.

Alors le jardinier à peine engagé eut l’idée de transformer un parcours d’exercice en chemin des bonheurs. Récompenser chaque pas d’une couleur, d’un parfum, d’une baie, d’un émerveillement sur le verger à droite, sur les invraisemblables lumières du sous-bois à gauche. Jalonner tout du long de symboles sur le temps, sur l’avenir, sur la vie, sans la peur. Prétextes à rêverie, méditation, prière.

Une allée cimentée, parfaitement plate, sans risque de chute, ombragée, était toute indiquée.
D’abord y mettre un banc, sur une tendre pelouse, à l’ombre d’un grand chêne. Placé à mi-parcours, pour soulager l’effort. Avec quelques framboises, à picorer assise.
Au départ, un phœnix, bel arbre au nom d’oiseau qui renaît de ses cendres. Au retour, encore lui.
Puis trois arches fleuries. Chapelle “à ciel ouvert”.
Des couleurs vives et fraîches. Beaucoup de blanc, des roses, avec quelques rouges vifs pour donner l’énergie. Et tout le bleu du ciel pour apaiser l’esprit . .medium_Cloche_2.JPG

Et puis, pour le printemps, des perce-neiges, crocus, narcisses et jacinthes, toutes ces petites fleurs qui confirment aux mamies qu’elles ont vaincu l’hiver.

Tout du long des parfums. Jasmin, lavande, œillet, lilas, chèvrefeuille, menthe, seringa, muguet... Et des roses, bien sûr.
Avec l’eau d’une fontaine pour rafraîchir l’oreille, et un brumisateur, pour rafraîchir la peau.
Enfin de la lumière, car par 40 à l’ombre, on va marcher la nuit.

- Et la musique ?!
- On s’en charge, dirent le vent, les oiseaux et des rires d’enfants.
- Je pourrai quand même faire venir un violon de temps en temps ?
- Sans problème! répondit le vent. Ça me fera une pause.
- C’est joli, dit un merle qui m’écoutait rêver. Tu devrais t’y coller.
- T’es gentil, mais les sous, je vais les trouver où ?
- Des fruits plein le verger. Le sucre ne coûte pas cher. Fais donc des confitures! argumenta un rouge-gorge d’affaires.
- Bien sur, s’exclama un écureuil comptable. Ils financent bien la recherche avec un téléton. Fais comme eux : mamieton !*
C’est ainsi qu’à Castel Nazareth naquirent “Les confitures de la Madone” dont le premier pot de gelée de groseilles partit immédiatement se faire connaître au Pape. Accompagné d’un confiturier sorti tout droit des poumons d’un maître-verrier.
Enfin! Les jardiniers ont leur Graal, maintenant.
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Avon, 8 Juillet 2004

Mamiedrome : n.c. masculin. Promenade fleurie, parfumée, rafraîchie, éclairée, à l’usage des dames âgées auxquelles la médecine a prescrit de marcher malgré la douleur et la canicule.

Mamieton : n.c. masculin. Ensemble des moyens mis en œuvre par le jardinier pour financer la réalisation optimale du mamiedrome. Au premier rang desquels figure la commercialisation des confitures de la Madone, réalisées avec les fruits du verger, suivant les conseils d’un écureuil

11:35 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (10)

06/07/2006

SOUS TA FENETRE...

Lorsqu'après avoir donné un coup de main à Mère Térésa au coeur de la misère indienne, on s'apprètait à rentrer chez soi, elle avait cette formule: "Tu peux en faire autant sous ta fenêtre."

Pour les droits de l'homme, c'est la même chose.

Evidemment, j'ajoute ma voix à ces clameurs dénonçant les massacres, les arrestations arbitraires, la torture, les violations des droits fondamentaux où que ce soit par qui que ce soit.
Evidemment je déplore d'avoir cette nuit entendu hurler des foules que l'on entend rarement sur les thèmes précédents.

Mais là, sous ma fenêtre, j'ai des personnes âgées souffrant de tous les maux, qui n'ont plus guère que le droit de se taire.

Mais là, sous ma fenêtre, j'ai des enfants cassés qui attendent leur manège.

Mais là, sous ma fenêtre, j'ai des mômes prisonniers détenus par eux-mêmes.

Mais là, sous ma fenêtre, j'ai plein de morts vivants.

Mais là, sous ma fenêtre, ça ne manque pas d'ouvrage.

Je veux bien vous entendre nous souhaiter du courage.

Je vous laisse tout seuls jusqu'à demain midi. Je vais me faire restaurer cette gueule un peu cassée, comme une vieille statue.

Surtout, ne soyez pas sages!

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08:19 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (13)

27/06/2006

CIEL PROMIS, CIEL DU!

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Il me revient tout à coup que la semaine dernière, privé d'images et de son, j'avais eu l'envie contrariée de vous offrir un ciel pour regarder en l'air quand tout tirait en bas. C'est chose faïte ce matin.
Il y a comme cela des lendemains où l'on se doit de rappeler que subsistent encore quelques individus qui tiennent leurs promesses, aussitôt qu'ils le peuvent.

08:15 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (0)

26/06/2006

AJUSTER LA BALANCE

Lorsque j'ai créé Danse avec les houx, j'ai demandé à Frédérique COOK, artiste avonnaise, de dessiner pour la plaquette publicitaire un de ces hommes accablés certains soirs par la charge du pire, magistrat, commissaire... rééquilibrant, en fin de journée, sa balance personnelle dans la fraîcheur tombant sur son jardin privé.
Tandis qu’à son bureau, il auditionnait terroristes, sérial killers, violeurs, dealers, criminels de tous poils, d’autres hommes étaient là qui palissaient ses roses, ôtaient les fleurs fanées, soignaient ses hortensias...
En revenant au monde, sa réflexion le menait plus loin, au-delà de la haie, où des médecins soignaient, des infirmières pansaient et des femmes de ménage s’acharnaient à l’hygiène.
Un peu plus loin encore, les sapeurs-pompiers veillaient.
Le libraire souriait. Il avait vendu une intégrale de Cocteau.
A cette heure-ci, sans doute, à l’école de musique on rangeait les guitares, on fermait les pianos...
Le marchand de fruits et légumes était sûrement couché. Demain, Rungis, quatre heures.
Suivaient l’institutrice, le boulanger, ... Tout là-bas, à Kaboul, le soldat de la paix.

Ca faisait bien du monde.
Ca faisait bien au monde.

Allez mettre tout ça dans un dessin...

Je trouve pour ma part qu'elle s'en est bien tirée.

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Le dessin ne dit pas non plus si avant de partir en refermant derrière eux, ce sont les jardiniers qui lui ont préparé l’apéro.

Je vous laisse deviner.

Je ne l'ai pas revu, ce petit tableau-là, à la vente aux enchères de Samedi dernier.
Si c'est Bruguières qui l'a, le voilà à sa place.

25/06/2006

MEMORIAL MUSULMAN A VERDUN...

Ton grand-père et le mien
Jean-Luc Masquelier (Bruxelles, 1994)
A Rachid Barri.

En 1917, dans la boue des tranchées,
Derrière deux baïonnettes Mohamed et René.
L’un s’en vient de Blida, l’autre d’Ivry-la-Bataille
Pour le même combat, sous la même mitraille.
Le sang, rouge pareil, sur le même drapeau,
Signe des mêmes taches l'épopée des héros.
Sous le déluge d’obus qui arrosait Verdun,
Il y avait deux poilus: ton grand-père et le mien.

C’est une belle histoire faite de longs souvenirs,
Du bon et du mauvais, du meilleur et du pire,
Une histoire de famille à ne pas oublier,
Une histoire d’amitié à ne pas déranger.

1945. Dans la Première Armée
Combattent côte à côte deux jeunes enragés.
Ensemble Pierrot et Kadour à la guerre
Aux barbares d’Oradour font mordre la poussière.
Dans les chars de de Lattre, en gueulant à tue-tête,
Ils se les raccompagnent jusqu’au nid de la bête,
Certains que plus jamais elle ne pass’rait le Rhin
Il y avait deux soldats: ton père et le mien.

C’est une belle histoire faite de longs souvenirs,
Du bon et du mauvais, du meilleur et du pire,
Une histoire de famille à ne pas oublier,
Une histoire d’amitié à ne pas déranger.


Autour de l’an 2 000, à Barbés Rochechoir
Deux musiciens avancent sur le même trottoir.
L’un porte son clavier et l’autre sa guitare,
Tous deux portent un passé qui devient une Histoire.
Si les armes ont changé, la guerre, elle, continue
Contra la barbarie et les idées qui tuent.
Devant eux, deux enfants avancent main dans la main.
C’est Djamel et Django, ton fils et le mien.

C’est une belle histoire faite de longs souvenirs,
Du bon et du mauvais, du meilleur et du pire,
Une histoire de famille à ne pas oublier,
Une histoire d’amitié à ne pas déranger.

11:43 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (0)

19/06/2006

JE SUIS JEB!

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Attendu qu’ils ont trop attendu...

Comme cela arrive régulièrement, Monsieur et Madame XXXXXX ont un terrain clôturé de haies, maudite manie française de tout vouloir fermer.
Durant plusieurs années, Monsieur et Madame XXXXXX ne s’en sont pas soucié et la haie a poussé. Elle est devenue tellement haute qu’elle ôte du temps d'ensoleillement aux jardins des voisins, “envahit” leurs espaces... de vingt cinq centimètres! La colonisation, c'est encore supportable. Mais qu'on rate du bronzage, à poil sur la chaise longue, qu'on manque une occasion de faire croire aux collègues qu'on revient de Majorque quand on n'a pas bougé, ça c'est insupportable! Moins noir que moi, tu meurs... sans la haie du voisin.
Je sais que ça va plaire ;-)
Insupportable colonialisme végétal, à combattre “sans désemparer”, parce que vous, là, à une main du monoÏ mais cent bras du Camus, "vous le valez bien", n'est-ce pas ?
Un voisin est venu, puis deux, enfin les trois demander qu’on veuille bien tailler un peu ces haies.
Monsieur et Madame XXXXXX ont dit qu’ils y penseraient,
“Aujourd’hui peut-être, ou alors demain,
Ces maudits thuyas nous donnent la fièvre...”

Ne voyant rien venir, les voisins sont allés se plaindre à la mairie, qui leur a conseillé de charger un avocat de s’occuper de “l’affaire”. Voilà un titre pour Privé! L'affaire des thuyas, sous-titré: Privés de soleil.

L’avocat a écrit, de sa plume qui fait les gros yeux:”Monsieur et Madame XXXXX, si vous ne faîtes pas tailler vos haies, la Justice va vous y contraindre!”

C’est vrai, quoi! Elle n’a que ça à faire, en ce moment, la Justice, de s’occuper des haies. (Déjà qu’on lui amnistie ses jugements sur ceux qui les sautent vite...)
Alors, terrorisés à l’idée d’avoir à comparaître pour crime contre l’urbanité, Monsieur et Madame XXXXXX ont fait appel, en première instance, à moi.
Pour mettre la haie aux normes.
C’est donc un immense honneur doublé d’un plaisir de gourmet de vous annoncer mon entrée toute prochaine dans la magistrature au titre de Juge de l’Exécution des Branches.

Au nom du peuple français, thuya droit, mon garçon!

Gardes, emmenez les branches.

10:25 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (4)

17/06/2006

LES CONFITURES DE LA MADONE

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Ca, c'est du financement alternatif!
A la demande générale, voilà l'affaire.
Lorsque je décide de créer le mamiedrome de Castel Nazareth, je n'ai pas de budget pour ça.
Mais le verger donne des cerises et des groseilles, et j'ai de quoi planter cent pieds de fraisiers et acheter du sucre.
Je trouve des jolis pots de verre très bon marché en banlieue parisienne, je bricole une étiquette sur mon ordinateur et c'est parti.
Une meetic girl de la côte atlantique à qui je raconte l'affaire trouve ça joli et se propose de venir m'aider pendant ses congés. Elle se dit ceinture noire septième dan de gelée de groseilles: j'accepte avec joie!
Et là, je me dis que puisque je jardine sur une terre d'église, la politesse commande que j'en envoie un pot à son chef. J'aurais fait de même si j'avais eu à faire des confitures à Bitty ou en Poitou-Charentes ;-).
Il y a un maître souffleur de verre pas bien loin auquel je demande de me faire "le pot du pape" que voici :

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Quand la dame arrive à Paris-Montparnasse, le pot du pape est prèt et je lui annonce que nous commençons par l'emmener le chercher à Soisy-sur-Ecole. A ce moment précis, elle se dit qu'elle et tombée sur un dangereux cinglé et se tient sur ses gardes jusqu'à ce qu'elle se retrouve le pot en main, gravé, prèt à partir.

Puis cueillette des groseilles, gelée, envoi du pot du pape au pape (Jean-Paul II) avec un mot d'explication.

Vente des pots aux infirmières, aux kinés, aux familles des mamies et direction Rungis pour l'achat des fleurs.

Quelques jours se passent et je reçois dans ma boîte aux lettres ceci :

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Une preuve de la présence de Jésus aux côtés des personnes âgées, que je suis.

Et la bénédicition apostolique sur ma pomme, entre autres, et mon jardin!

Ca en a épaté le Parisien!

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12:10 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (4)

15/06/2006

PARTIR, TOUJOURS PARTIR...

Bonjour le monde ;-) !
Déjà deux souscripteurs pour le Paris-Genève lancé hier au soir (Merci!) et deux vraies bonnes questions : Pourquoi faut-il toujours partir d'ici quand il y a du beau à faire ? L'autre: pourquoi constate-t-on du matin jusqu'au soir le contraire de ce qu'on entend ? Vous avez dit "génie français"... En ce moment? Où ça?

Remarquez, ça a son charme. L'idée d'aller créer l'Emouvantail avec un horloger suisse est bien plus que plaisante. On passera voir Béjart et on ira fleurir la tombe de Charlot. Le faire avec un horloger du côté de Besançon ne serait pas mal non plus, mais Besançon ne répond pas, ni Colmar, ni Strasbourg...

C'est quoi, l'Emouvantail ? me demanderez-vous si vous venez d'arriver.
C'est une des attractions du manège jardinier. Un petit pantin triste, assis par terre, le visage dans les mains.
Quand l'enfant en fauteuil s'approche de lui, une cellule photo-électrique déclenche sa levée. On reconnait le BIP de Marcel Marceau qui sourit et murmure en agitant sa main: "Reviens me voir souvent. Allez, refais un tour...". Puis, le fauteuil passé, le pantin se rassoit. Comme ça se passe dehors, le tout est protégé du soleil et de la pluie par une vieille gueritte de sentinelle recouverte de chèvrefeuilles et de clématites.
A propos, l'armée française, il t'en reste, des guérites ? Tu nous en donnerait pas une, qui ne sert plus à rien depuis les caméras ?

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Ce n'est pas très compliqué. Il y a des choses comme ça chaque Noël dans les vitrines des grands magazins.
Mais ça coûte quatre sous et y a pas d' ça chez nous... Enfin, y a pas de sous pour ça.

"Et si on en parlait ?" comme dirait ma banque, à qui on ne parle pas, jamais, d'Emouvantail. Ni d'autre chose d'ailleurs, sinon de découverts. Jamais d'investissements, mécénat, sponsoring. Pour avoir quatre sous, ici, il faut être un cheval. Pas un vieux ni un môme, surtout handicapé. Un jardinier non plus. Ma banque est partenaire pour les concours hippiques, mais pas pour mes jardins. J'avais pourtant tendu la perche avec le Mamiedrome... Mais je n'étais pas allé jusqu'à proposer que les mamies portent casaques et toques, avec un numéro dans le dos, encore moins de m'associer avec le PMU. Suis-je donc peu audacieux, tout de même...
L'ami Guy l'aurait fait, lui. A présent, j'en suis sûr. Joli coup, la préface! (Inside joke d'initiés;-)

Allez, on va quêter! En selle, Fleuryval! Le Graal doit être par là...

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14/06/2006

MANEGE A FAIRE TOURNER

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Sébastien MORELLI l'a joliement présenté dans le Parisien et nombre d'entre vous ont plébiscité par mails mon petit manège jardinier pour les enfants cassés de l'IME de la Croix Rouge à Arbonne. (Vous pouvez commenter à son sujet sur le blog, je sais "de l'intérieur" que les RG aiment bien aussi ;-))

Pourtant aucn élu de mon coin ne s'est manifesté pour préter son concours. Doivent pas lire le journal...
Le ministère de la santé fait le mort, ce qui est un comble quand on a la santé, et même l'Elysée ne se manifeste pas, alors que son vieux chef a fait du handicap une "priorité nationale"...

Alors ? Si tout le monde aime bien ça, si personne ne s'y oppose, comment se fait-il que nous ne soyons pas déjà au travail, coulant le bronze de la petite naïade du bassin, réglant la vitesse de rotation des plumes de la machine à caresser les joues, testant la machinerie du souffleur à bisous ?

Je tournais, retournais la question dans ma tête quand une réponse jaillit devant le bureau de presse-tabac-bistrot du coin de ma rue: il n'y a pas d'enfants stars dans cet IME-là!
Pas un fils de ministre, pas une fille de chanteur, pas même un vague cousin d'un amuseur télé! Pas seulement le neveu d'un listé de Clearstream!!! Quelle malchance supplémentaire! Malades et inconnus. Le sort s'acharne donc ?

Que faire ? Demander aux juges d'Huy et Pons de rajouter le nom d'un de ces marmouzets entre Sarkozy et Fabius ? Intègres comme on les dit, ils n'accepteront jamais. Faire courir la rumeur qu'il y aurait parmi eux le fils caché d'un puissant qui se tait ? Nous passerions bien vite plus de temps aux tribunaux qu'au jardin, et tel n'est pas le but...

Alors ?... Réfléchis plus à fond, me suggèra l'oiseau. Les riches ont eux-aussi des enfants fracassés. Fais ton premier manège chez eux, tu prends ton bénéfice et tu reviens dare-dare faire sa copie ici.

Voyez comme il y en a, dans une tête de piaf !

Donc je pars à Genève. Mieux: j'y mandate un diplomate ami. Moi, je ne sais pas bien faire dans le "relationship".
Pour deux jours, faut cinq cent. C'est que ça dort à l'hôtel et ne mange pas de sandwich, les gars du quai d'Orsay.
Pour moi, c'est impossible, mais pour dix, c'est cinquante et pour cent, juste cinq.
Qui en est ?

19:05 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (2)

LIBERATION ?

Libé brisée. Libé outragée. Libé martyrisée, mais Libé libérée, libérée par son peuple...
qui ne l'achetait plus.
Le problème étant qu'il en va pour July comme pour Dominique Galouzeau de Villepin. On annonçait son départ hier et... ?
Il est encore là ce matin!
Mes jardins thérapeutiques attendront donc encore un peu que Libération veuille bien parler d'eux.
C'est un mal pour un bien.
Un mal parce qu'avec un peu de presse, je recevrais sans doute quelques commandes nouvelles ce qui, vous l'avez vu hier, me ferait le plus grand bien.
Un bien parce que le temps permet à mes clématites de s'envoler plus haut, à mes glycines de s'en aller plus loin et aux rosiers de s'épanouir davantage ce qui, pour les photos, ne sera vraiment pas mal.

Et j'ai, grâce à ce blog, un rendez-vous Dimanche de première importance. Pas n'importe où, et pas n'importe quand.
Sur la tombe de Cocteau.
Nous serons le 18 Juin.
Ce n'est pas fait exprès ;-)

07:40 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (2)

13/06/2006

BOURREAU, FAIS TON OFFICE!

Ils viennent de s'en aller. Huissier, déménageurs, témoins... Sans gendarmes ni policiers. Pas d'hélicoptère non plus. C'en est presque désobligeant ;-)
Ils n'ont presque rien dit. Les témoins, pas un mot. Bons français que rien n'interroge, rien n'interpelle, rien n'indigne, rien ne révolte. Il flotte dans l'appartement un parfum suranné: "1942", de Pétain. Comme une rafle d'objets avez-vous donc une âme...

Sur la table, grand ouvert, le projet du manège jardinier. Ils n'ont même pas regardé, pressés qu'ils étaient de me priver du PAF. Télématin, Vivement Dimanche, la coupe du monde ont débarassé les lieux. Tant mieux.
Le bateau livre, Ubick et Aparté aussi. Tant pis.

Ils ont laissé Hugo, Voltaire, De Gaulle, Gary, Camus, Clavel, Rostand, Cervantes, Coluche, Desproges... qui joueront remplaçants. Ma radio et l'ordinateur aussi. France Inter entre encore, et d'ici ça émet.

Ici l'ombre. Un français parle aux français... Et aux autres, évidemment.
De ceux qui la fichent mal à ceux de l'Affiche rouge.

Puis ils ont emballé le second tableau des "jardins de plus tard" peint par Jacqueline Bourgoin.
Grâce au numérique, il est cependant encore un peu ici et c'est une joie que de poursuivre la publicité pour cette vente aux enchères dont j'ai parlé plus tôt où, pour une bouchée de pain, vous pourrez acquérir un des fleurons d'Orsay... dans une trentaine d'années.

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Ils m'ont laissé l'oiseau, qui vous salue bien bas.

Deux ordres simples pour moi ce matin: se défendre la rage et s'interdire la haine.

10/06/2006

HOE, LES JARDINIERS!!!

L'idée est simple: créer un espace de dialogue entre jardiniers de maisons de retraite, de convalescence, de soins aux plus fragiles. Un endroit ouvert où échanger sur nos réussites et nos erreurs, mutualiser nos expériences, recommander nos lectures, créer du lien avec ceux qui pratiquent hors de France, proposer nos solutions sur la base indémontable qu'il y en a forcément plus dans plusieurs têtes que dans une seule.

Je l'ai proposée à la DDASS de mon coin, au ministère de la santé, à la fédération d'une grosse association de soutien aux handicapés, même au diocèse de mon département... Rien à faire! Pas même une réponse.
Pas même moyen d'en dresser la liste.
Alors je vais essayer par ici.

Moi, Danse avec les houx, jardinier "thérapeute", j'invite tous les jardiniers qui passent par ce blog ou qui viendraient à y passer, avec ou sans leurs sécateurs, j'invite tous les artisans ferronniers, menuisiers, tailleurs de pierre, fontainiers, les sculpteurs, tous les créateurs de bel et bon à se mettre en rapport avec moi.

Quoi qu'il arrive, la flamme de l'Art Existence ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.

Demain, comme aujourd'hui, j'écrirai sur ce blog.

Je sais. Nous ne sommes pas le 18 Juin. Mais j'aime bien avoir huit jours d'avance;-)

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07:20 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (0)

09/06/2006

JACQUELINE BOURGOIN

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Il faut trois ans au moins pour qu'un jardin ressemble à ce qu'on a imaginé. Temps végétal oblige.
Dans les maisons de retraite, les pensionnaires n'en disposent plus forcément.
Grâce au talent de Jacqueline BOURGOIN, artiste peintre à Fontainebleau, et à sa connaissance de l'évolution des plantes, Danse avec les houx est en mesure d'offrir aux résidants le jardin tel qu'il sera quelques années plus tard.
Et de s'y promener déjà, au moins par les yeux.
C'est un bonheur de présenter ici notre premier Mamiedrome à Castel Nazareth, Boissise-le-Roi, Seine-et-Marne, réalisé en 2005, tel qu'il sera en 2008.

Début Juin 2006, glycines et clématites s'en approchent.

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19:13 Publié dans Arts, Jardins | Lien permanent | Commentaires (2)

Anniversaire nostalgique.

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Voilà un an, j'allais chercher des rosiers chez André Eve à Pithiviers-le Vieil (45).
J'en profitais pour emmener gracieusement cinq mamies de la maison de retraite pour laquelle je travaillais visiter ce coin de paradis auquel on peut accéder sans avoir besoin de mourir vraiment. Avantage considérable.
Il se dit que je serais le seul jardinier à monter des expéditions pareilles.

En ce moment, chez Eve, ce doit être à peu près comme ça. Je n'irai pas cette année et ça me manque terriblement.

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07:49 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (2)

08/06/2006

CAMPS DE LA VIE

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Dans une maison de retraite dont je tairai le nom, c’était à mon arrivée la partie du terrain réservée aux personnes agées atteintes par la maladie d’Alzheimer.

Rajoutez deux miradors et un chien...

C’est devant cet ersatz de “camp de la mort” que m’est venue l’idée de créer un camp de la Vie majuscule, belle jusqu’à sa dernière goutte.

Bien sûr, pour l’inauguration, j’ai invité les organisations de rescapés des premiers à venir découvrir qu’en une vie, on pouvait passer de l’un à l’autre. Que l’abominable projet de les exterminer s’était mué en poétique ambition de les faire vivre le mieux et le plus longtemps possible.

Elles ne sont pas venues. Sans même dire pourquoi.
Immense déception. Mon jardin sur les bras, des larmes plein les yeux... Un an bientôt, déjà, que je me trimbale ce putain de chagrin.

Vous qui passez par là, si vous en connaissez, dîtes-leur vite que c’est fait.
Dîtes-leur que j‘ai hâte de leur en faire un autre.
D’en créer partout!

Ne leur dîtes surtout pas qu’on m’en empêche.
Ca les attristerait peut-être.
Dans le domaine, ils ont assez donné.

08:15 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (2)

03/06/2006

Un métier... à part entière

JARDINIER EN MAISON DE RETRAITE ?
UN METIER A PART... ENTIERE.

Jardiner pour qui ?
Jardiner pour quoi faire ?

On crée un jardin avant tout pour celles et ceux qui vont s’y trouver.

S’y trouver ? Peut-être.

Le jardin d’une maison de retraite n’échappe pas à la règle.
Il a ceci de spécifique qu’il doit permettre l’exécution de l’une des principales ordonnances de la médecine et de la kinésithérapie aux pensionnaires: il faut marcher.
Or il convient de considérer une personne âgée comme une personne poly-handicapée.
Son corps est douloureux, ses forces diminuées, sa vue souvent altérée. L’ouïe également. L’odorat parfois aussi. La palette des sensations possibles s’en trouve considérablement réduite. Il faut donc composer fort et clair. Des volumes importants, des couleurs vives, des parfums puissants et des repères partout.

Mais son principal handicap, c’est :

LA PEUR.

Peur de la CHUTE d’abord, et de sa conséquence fréquente : la fracture du col du fémur qui vous cloue pour beaucoup du peu qui reste à vivre sur un lit d’hôpital d’abord, dans un fauteuil roulant ensuite, avec une rééducation pénible et douloureuse au bout.
Le jardinier doit donc veiller à réaliser des allées parfaitement planes, en pente très douce si l’on ne peut faire autrement et dans ce cas équipées de rampes, débarrassées de tout ce qui peut faire trébucher, glisser, rouler, équipées de systèmes aptes à donner l’alarme si la chute se produit malgré tout et qu’il n’y a pas d’accompagnant à ce moment précis dans le jardin.
Pour ma part et pour l’instant, je n’ai rien trouvé de plus efficace et de moins onéreux qu’un fil longeant la promenade reliée à une ou plusieurs cloches suspendues aux endroits stratégiques de la maison: devant l’entrée principale, la fenêtre du bureau de la direction, la salle de télévision, la salle de repos du personnel.

Et enfin des parcours éclairés car par 40 à l’ombre, on va marcher la nuit! Et qu’aucune personne âgée ne sortira au jardin le soir si elle ne voit parfaitement où elle pose son pied.

Peur de la DOULEUR ensuite.
La marche étant pénible, il faut imaginer les promenades comme des parcours d’envies successives, de buts à atteindre. Transformer un parcours d’exercice en chemin des bonheurs. Récompenser chaque pas d’une couleur, d’un parfum, d’une baie, d’un émerveillement à droite, d’un enchantement à gauche. Jalonner tout du long de symboles sur le temps, sur l’avenir, sur la vie, sans la peur.
Prétextes à rêverie, méditation, prière.
Et aménager des escales à l’ombre desquelles se reposer avant de repartir plus loin ou de rentrer.
L’impossibilité de se relever seul étant toujours ressentie comme une étape irréversible de la dépendance, on veillera à disposer sur ces escales des sièges suffisamment hauts pour qu’il ne soit pas trop pénible de s’en relever, dotés d’accoudoirs sur lesquels pousser et de potences d’aide au relèvement sur lesquelles tirer.

Peur de la CHALEUR aussi qui, depuis la canicule de 2002, dissuade la plupart d’aller marcher l’été. Le jardinier aura donc soin de créer des mouvements d’eau afin de ménager des espaces rafraîchis. Fontaine, bassin, étang selon la surface, petit ru, cours d’eau, cascade selon les budgets.
En plus de sa vertu rafraîchissante, l’eau calme et apaise. Elle est source de distraction aussi puisque les vasques attirent les oiseaux pour le bain.

Peur de la MORT prochaine enfin, omniprésente comme cette pendule
“Qui ronronne au salon
Qui dit oui, qui dit non,
Et puis qui nous attend...”
Tous.

Détendons un peu l’atmosphère par un rapide passage aux plates-bandes d’herbes aromatiques qu’en humaniste épicurien j’avais installées sous les fenêtres des cuisines de ma seconde maison de retraite. Pure folie!!!
Nul ne peut croire que des normes intégristes d’hygiène interdisent formellement aux cuisiniers d’utiliser le persil du jardin! Et pourtant, elles sont là!
Le jardinier se trouve alors devant un choix cornélien: soit renoncer à procurer par quelques condiments l’un des derniers plaisirs restant aux résidants, à savoir la gourmandise, soit convaincre les chefs d’entrer en résistance et de concocter malgré tout quelques omelettes aux fines herbes dans une clandestinité maîtrisée.
Hélas, derrière les fourneaux non plus n’est pas Jean Moulin qui veut et j’en ai vu beaucoup collaborer avec la dictature de la mal-bouffe.
C’est pourquoi j’appelle solennellement toutes celles et tous ceux pour qui le basilic est un droit et la tendresse pour les vieux un devoir à rejoindre le Front le Libération du Persil et de la Ciboulette, canal historique évidemment!

Le jardin pour les “Alzheimer”

Parenthèse close: nous arrivons à la partie du jardin réservée aux personnes atteintes par la maladie d’Alzheimer, qualifiées désormais de “désorientées” après qu’on ait renoncé à les classer dans la démence.
La première évidence choquante dans la plupart de ces jardins, c’est leur aspect carcéral, avec hauts grillages quand ce ne sont pas des barreaux et les systèmes de sécurité qui enferment les personnes comme des délinquants alors que ce sont des malades. Fugueurs, certes, mais ce n’est quand même pas un délit que de vouloir rentrer chez soi!
Personnellement, j’ai entendu difficilement des résidants au bord des larmes me dirent leur sentiment de captivité dans ces maisons où ils se sentent moins soignés que gardés.
J’ai donc personnellement à coeur de faire tomber d’abord toutes ces clôtures métalliques et de les remplacer par des barrières végétales infranchissables telles que bambous, lauriers, ifs en pleine terre, en hauts bacs lorsqu’il faut respecter des surfaces en dur.

Les personnes âgées présentant des troubles cognitifs peuvent, en se promenant, absorber des baies ou mastiquer des feuilles. Toutes les plantes toxiques sont donc à proscrire. Je ne vous en ferai pas la fastidieuse énumération et me contenterai de vous envoyer en consulter la liste sur le remarquable site du CHRU de Lille à :
www.chru-lille.fr/cap/ca3c-1htm

L’une des principaux symptômes de la maladie d’Alzheimer, c’est la perte de mémoire progressive, à commencer par la mémoire immédiate: le malade ne se souvient pas de ce qu’il a dit ou fait dix minutes plus tôt. Il convient donc, dans la maison comme au jardin, de solliciter le plus souvent possible la mémoire lointaine pour ralentir la dégénérescence de la mémoire immédiate. Pour être exacte, la formule n’en est pas moins complexe. En français de jardinier, cela se traduit ainsi: “Si tu ne veux pas que tes neurones dégénèrent, Pépère, il va falloir les faire travailler un maximum.”

Des bouquets de mots, des massifs à penser.
Tous les travaux des gériatres donnent la lecture comme meilleur exercice pour la mobilisation des facultés cognitives.
Au fil de la promenade, les résidants découvrent donc des citations incontournables, fondements de la pensée universelle. Philosophiques, encourageantes, souriantes, elles incitent le promeneur à lire, à réfléchir, méditer, discuter, avancer. Incluses dans des résines de couleurs de formes et de dimensions variées, ces phrases- fleurs ou fruits sont disposés en massifs, en isolé, en grappes... On peut aussi en disposer les mots en vrac, créant ainsi un jeu de recomposition de phrase avec le sujet au départ, le complément un peu plus loin et le verbe au bout, pour le moins difficile. “Je”, “volontiers”, “m'assoirais”.

La mémoire des sens.
Chacun de nos cinq sens a sa propre mémoire. Pour ne citer que l’ouïe, nos résidants, majoritairement d’origine rurale, savent plus qu’ils s’en souviennent le bruit des sabots martelant la chaussée. Dans leur enfance, avant la révolution automobile, on faisaient tout ou presque à la campagne avec les chevaux. Et leur mémoire auditive s’active d’elle-même en entendant au petit matin les sabots du cheval de trait et les roues de la carriole passant sous leur fenêtre, puis reste alertée en voyant au fil de la journée les jardiniers effectuer tous les gros travaux avec leur paisible colosse.

La mémoire affective.
Il faut s’avancer vers celle-ci sans le moindre tabou. En effet, il est généralement admis que devrait arriver en tête de cette mémoire-là la famille des malades. Pas si sûr!
A la faveur d’une intuition et d’un hasard incroyables, j’ai pu acquérir pour trois sous une statue en résine de Charlie Chaplin dans son costume favori et je l’ai placé au centre du jardin. En promenant un malade qui ne reconnaissait plus ses enfants, je l’ai entendu murmurer en passant devant elle: “Oh!... Charlot!”.
J’attends désormais qu’avec les sculpteurs du musée Grévin nous puissions être en mesure de disposer dans un massif de graminées la frêle silhouette d’Edith Piaf qui, chantant mains tendues, semblera cueillir des fleurs. Là-bas, Maurice Chevalier vous saluera du canotier. Fernandel sourira près du cabanon à outils et Bourvil?... Où bon vous semblera. En tête (c’est le cas de le dire) des personnalités préférées des français, il fonctionnera à presque tous les coups.
Lorsque viendra mon tour, n’oubliez pas Coluche.
Épargnez-moi Renaud, sauf si j’ai fait du mal...

Après la mémoire du coeur, la mémoire “par coeur”.
Enfant, j’étais très impressionné par la mémoire de mon grand-père qui, malgré les déluges d’obus de Verdun et du chemin des dames, puis plus tard les bombardements de la Luft Waffe, avait retenu tous les départements de France avec chaque préfecture et presque chaque chef-lieu de canton. En manière de jeu, je lui demandais Cher?, il me répondait Bourges aussitôt.
De même pour les principales dates de l’histoire de France. Aussi ai-je inscrit sur des pas japonais : 1515 ? 1789? 1802 ? 1945 ? De même, à compléter : 18 Juin... ? 14 Juillet... ? Et le piège: 25 Décembre ...? Zéro, bien sûr.
Des jeux, des devinettes, des quizs, partout dans le jardin de quoi mobiliser l’intelligence.
L’un des plus beaux compliments qu’on m’ai fait à ce sujet est que ce jardin pourrait être aussi celui d’un campus universitaire.

Les familles et leurs enfants.
Fatiguées, stressées, pressées, soumises au rythme des temps modernes, il arrive souvent que les familles réalisent en arrivant à la maison de retraite qu’elles sont venues les mains vides. Un massif de fleurs à couper disposé à l’entrée permet, avec un sécateur et un peu de raphia, de réparer l’oubli en composant un joli bouquet.

Le sens de l’observation aux aguets constamment, le jardinier de maison de retraite ne peut pas ne pas voir que les jeunes enfants s’ennuient vite quand on les amène “voir Mamie”. C’est pour eux qu’on aura soin dans un coin du jardin de disposer des jeux, une cabane, un bac à sable pour les plus petits. Pour nous éviter aussi, soyons francs, des parties de foot dans les dahlias et des courses dévastatrices dans les massifs.

Voilà, Mesdames et Messieurs, que s’achève cette première présentation de ce qu’est ce métier si particulier de “jardinier en maison de retraite”.

Je ne voudrais cependant pas la terminer sans une histoire de transplantation, non pas de pieds de dahlias ou de rosiers, mais des deux pieds d’un homme, déplacé pour d’autres raisons que l’esthétique, la nature du sol ou l’ensoleillement.

Bernard est un ancien ajusteur de soixante quinze ans atteint par la maladie d’Alzheimer. Tout le monde l’aimait bien, à la maison de retraite médicalisée où sa famille l’avait placé.
Je dis “l’aimait” parce que ça s’est passé à peu près comme ça s’est toujours passé pour lui.
Quand il était enfant, il n’a pas pu aller à l’école très longtemps parce que ses parents n’avaient pas les sous.
A quatorze ans, il est rentré comme arpète chez un patron qui le payait une misère. A vingt, il a rencontré sa femme qui gagnait une misère encore plus petite que la sienne et ils se sont installés tous les deux dans un tout petit logement, loin des ateliers, parce qu’ils n’avaient pas les sous.
Puis ils ont eu deux filles, qui n’ont pas pu étudier bien longtemps non plus et, dés qu’ils l’ont pu, ils ont acheté une petite voiture qui ne les a jamais emmené bien loin parce qu’ils n’avaient jamais les sous.
Et là, maintenant, à cause du prix de journée, Bernard a été prié d’aller mourir moins cher ailleurs parce que sa famille ? Devinez...

Nous autres, jardiniers de maison de retraite, les transplantations de vieux pauvres, on n’aime pas ça du tout et on se demande si ça va durer encore longtemps.
Alors, si l’INRA veut bien nous aider, on va essayer de créer un arbre à sous. On l'appellera le sourisier, naturellement.

Histoire que le produit de la récolte évite des rempotages indignes dont on ne veut plus chez nous.

07:50 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (0)

02/06/2006

MASQUELIERE

medium_masqueliere_1.jpg




Masquelière : nom commun féminin singulier, volontiers pluriel.
Pergola destinée à accueillir des plantes grimpantes, rosiers, clématites, glycines..., créant ainsi une escale fleurie, ombragée et parfumée le long d’une promenade.
Il existe des masquelières pour ombrager des bancs à deux et trois places, ainsi qu’un modèle équipé d’une potence d’aide au relèvement pour personnes agées, handicapées ou convalescentes.

Imaginées par Danse avec les houx, réalisées par Christophe CHEVET (La forge de Villecerf) Seine-et-Marne, les masquelières sont disponibles sur demande ici.

11:55 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (0)

01/06/2006

Jardins, jardin !



Si le temps (qu'il fait) et le temps (qui passe) le permettent, ne manquez pas d'aller visiter les jardins éphémères au Carré du Sanglier du jardin des Tuileries de Vendredi à Dimanche, à partir de 10 heures.
Chapeau à Jean-Pierre BENET pour son jardin Femina, et bonjour à André EVE.

12:10 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (0)

LA LEGION JARDINIERE

Proposer aux capuches de passer d’un côté du karscher à l’autre.

En total échec scolaire, sans aucune fierté d’eux-mêmes, sans autre avenir que la délinquance et la prison, une dernière chance est offerte aux jeunes qui n’ont ni savoir être ni savoir faire. La Légion Jardinière leur propose de s’engager pour un contrat de cinq ans renouvelable trois ans pour oublier le passé et construire un futur.
En échange de cet engagement, elle classe son casier judiciaire (jusqu’à un certain seuil), sort le jeune de sa cité, lui donne une nouvelle identité, une tenue, des règles de vie personnelle et commune, lui apprend un métier d’avenir, l’engage sur les grands chantiers du monde.

CE QU’IL FAUT.

Une volonté politique et une détermination poétique.

Préalable : Les limites dans le code pénal.
S’il est possible d’oublier des tags, des vols de mobylettes, des bagarres, on ne peut pardonner le meurtre d’une jeune fille brulée vive dans un local de poubelles.
Un commissaire chevroné des quartiers dits sensibles et un juge des enfants sont chargés de fixer, dans le code pénal, ce qui peut s’oublier et ce qui ne le peut pas. Un jeune commissaire spécialiste de l’internet leur est adjoint pour anticiper les nouvelles formes de délinquance des dix prochaines années.


1 : Un lieu.
Préalable absolu: sortir le jeune de sa cité.
La Légion jardinière s’installe dans l’une des nombreuses casernes abandonnées par la refonte des armées, de préférence dans une ville située près d’un de ses grands chantiers. Fontainebleau, pour le nettoyage et la sécurisation de sa forêt - Amiens pour draguer la Somme - Ales pour le Gard - Draguignan pour débroussailler la Provence - Calvi pour débroussailler la Corse - Vannes en attendant le prochain Prestige...

2 : Un encadrement.
Ces jeunes n’obéiront qu’à des hommes et des femmes capables de susciter en eux l’admiration et la confiance, en donnant l’exemple. Le recrutement des cadres privilégie les jeunes retraités de la Légion étrangère en particulier des régiments de génie. Adaptation de la devise :” La sauvagerie barrait la route. Ordre fut donné de passer quand même. La Légion l’exécuta.”
Des professeurs volontaires viendront enseigner d’abord les règles élémentaires de vie sociale (Bonjour, S’il vous plait, Merci, Au revoir...)et le savoir plancher de la culture française.

3 : Une structure.
La “thune” étant maîtresse aux yeux de ces gamins, la Légion jardinière est nécessairement une entreprise. Il faut pouvoir y payer plus celui qui trempe sa chemise, prend des risques et propose des initiatives, que celui qui se cache derrière le manche du rateau.

4 : Des chantiers.
Outre les grands chantiers énumérés plus haut, la Légion jardinière pourra utilement se consacrer aux décharges de Marseille, au nettoyage des calanques de Cassis, à la restauration des restanques qui, de Menthon à Limoges, constitue l’une des plus belles routes touristiques du patrimoine français. Ce n’est pas l’ouvrage qui manque.
La Légion jardinière se propose aux collectivités territoriales, aux Etats. Elle a manqué à la Nouvelle Orléans, au Pakistan, au Japon...

5 : Des outils.
Des gants, des rateaux à feuilles pour ramasser les boulettes de pétrole, des brouettes, des seaux, des débroussailleuses, tronçonneuses, élagueuses pour nettoyer les foyers des prochains incendies des Alpes maritimes aux Landes.
Des camions pour transporter les hommes et leurs outils, d’autres pour évacuer les déchets.
Tout de faibles coûts et d’entretien facile.

A l’issue du contrat, les métiers acquis sont :
bucheron, cantonnier, jardinier, pompier, travailleur en zone difficile d’accès, conducteur d’engins, terrassier, maçon, tailleur de pierre... mais aussi cuisinier, gardien, logisticien, ingénieur en entretien de la terre pour les plus doués.

- OK, l'ami. Mais tu le leur proposes comment ?
- Dans les salles de garde à vue, tu laisses trainer un petit plan.
Recto: Une place avec un rond rouge "Vous êtes ici" comme sur les plans du métro. En partent deux grands axes: Avenue de la merde, avec au premier plan un cordon de CRS, second plan un commissaire maches retroussées qui vous attend, troisième plan un juge en robe et tout au fond la prison. Partent de là des rues adjascentes, rue de la dope, rue de ta mère qui pleure, impasse du coup foireux, cul de sac de la mort...
Et le boulevard des roses. Premier plan un éducateur et des outils. Second une équipe qui travaille avec un cheval de trait, troisième une mamie debout sur le pas de sa porte qui vous tend une tasse de café. Au fond, de grands arbres au travers desquels on aperçoit la mer.
Verso: "C'est vous qui voyez!" suivi du numéro de téléphone de la légion jardinière.
- Fais voir...
- Je dessine comme un pied. Tu saurais le faire ?

06:45 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (1)

30/05/2006

Le manège jardinier

Ce jardin va se créer pour les enfants de l'IME Clairefontaine de la Croix-Rouge à Arbonne (77)
Pour le réaliser, j'ai besoin de partenaires et de mécénat pour financer les créations artistiques qu'il va accueillir.
Ensuite, tous les artistes de toutes les disciplines qui voudront venir l'animer seront les bienvenus.


Le manège jardinier:
un manège pour les enfants
qui ne peuvent pas monter sur les manèges.


Après avoir pris son billet à la guérite illuminée, on entre par une ouverture taillée dans la ramure d'un saule pleureur, de rire, évidemment.

Puis on s'engage dans un tunnel de glycines blanches et roses que viennent parsemer de touches parmes et lilas quelques clématites luxuriantes.

Au sortir du tunnel, un bouquet de chèvrefeuilles délivre son puissant parfum. On s'arrête un instant, le temps que la machine à caresser la joue vienne vous la chatouiller du bout de ses douces plumes de paons.

On repart, franchissant le pont qui enjambe le bassin dans lequel quelques carpes nagent entre les nénuphars roses et blancs. On admire la naïade de Corinne Joachim qui, posée sur son île au milieu des genets, se regarde dans l'eau.

Tournez, petits manèges. En avant!

A droite, croulant sous les roses tendres d'Appel Blossom, la cabane de l'infâme Cramouillard, l'ogre du jardin.
A cette heure-ci, il dort. Il faut passer sans bruit. Ne pas le réveiller, sinon...
Tant pis. Un épouvantable vacarme se déclenche au passage du fauteuil ! Il a dû nous entendre. Va-t-il sortir? Nous courir après ? Courage: fuyons!

Le silence revient. Il a du se rendormir. Ouf!

Tiens ?! Sur le banc de bois, la cape de Bonhomme Bisous! Bonhomme Bisous ? Mais si, vous savez bien, ce cavalier masqué qui chaque nuit passe déposer un peu de tendresse aux enfants du monde qui en ont tant besoin. Il a dû faire une pause en passant par ici cette nuit. Il aura oublié son manteau en repartant. Toujours pressé. Mais il a tant de travail...
En avant, comme lui!

On déguste quelques mûres et nous voici à la volière des beaux oiseaux. Un faisan doré course ses deux femelles. Donner du grain, de l'eau. Facile! Le passage du fauteuil actionne les trémies.

Nous entrons sous le deuxième saule et là !!! Un souffleur à bisous nous projette doucement un nuage de pétales de roses qu'on traverse en riant.

On avance en picorant dans la haie des framboises, des cassis, des groseilles. On est tout barbouillé! Du rouge, du rose, du violet...

Un clown triste nous attend. "Envoie-lui un sourire, il ira sûrement mieux.", murmure-t-on quelque part.
On sourit et miracle, le clown sourit aussi et agite sa main pour souhaiter bonne route.
C'était l'Emouvantail. Normal, dans un jardin.
Hommage au grand Marceau.

Si on trouve un secret caché parmi les fraises dans les bacs de la fin, on a gagné le droit de faire un second tour.

Et souvent, des surprises! Un jongleur, un mime, des danseuses, des musiciens, des clowns, des magiciens...

Normal. Ce jardin-là est fait pour les accueillir tous.


Jean-Luc Masquelier, 12 Mars 2006.

06:54 Publié dans Jardins | Lien permanent | Commentaires (2)

 
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