Avertir le modérateur

08/04/2010

RAGOTS D'ANACONDA

Si l'on enregistre une première chanson commençant par "Y a quelqu'un qui m'a dit" et qu'on est victime d'une rumeur au cerveau, je devrais me retrouver à Montréal bientôt: mon premier disque chez Polydor s'intitulait "La gigue des bistrots".

 

Beaumarchais avait déjà fait un point remarquable sur la question dans "Le barbier de Séville", acte II scne 8.


Bazile : La calomnie, Monsieur? Vous ne savez guère ce que vous dédaignez ; j'ai vu les plus honnêtes gens près d'en être accablés. Croyez qu'il n'y a pas de plate méchanceté, pas d'horreurs, pas de conte absurde, qu'on ne fasse adopter aux oisifs d'une grande Ville, en s'y prenant bien ; et nous avons ici des gens d'une adresse!... D'abord un bruit léger, rasant le sol comme hirondelle avant l'orage, pianissimo murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné. Telle bouche le recueille, et piano, piano vous le glisse en l'oreille adroitement. Le mal est fait, il germe, il rampe, il chemine, et rinforzando de bouche en bouche il va le diable ; puis tout à coup, ne sais comment, vous voyez Calomnie se dresser, siffler, s'enfler, grandir à vue d'oeil ; elle s'élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au Ciel, un cri général, un crescendopublic, un chorus universel de haine et de proscription. — Qui diable y résisterait?

 

Je laisse conclure, Michel Audiard dans "Les tontons flingueurs": "Si on bricolait plus souvent, on aurait moins la tête aux bêtises."

17/03/2010

RAGOÛT D'ANACONDA

 

Parce que je suis un républicain farouche, un citoyen modèle (et pour faire plaisir à Zgur), je suis allé voter Dimanche dernier.

Parce que je n’avais pas eu l’occasion de me divertir beaucoup durant les semaines précédentes,  j’ai survolé le soir les plateaux télévisés sur lesquels les mêmes vieilles barbes sont venues nous proposer d’avaler leurs vieilles couleuvres en proposant leurs formules éculées. (Non. Ne voyez pas le mal partout. C’est pur hasard.)

Je gage qu’au soir du deuxième tour, les mêmes nous proposeront d’avaler des anacondas.

anaconda.jpg

 

 

Rares sont sans doute les visiteurs de ce blog qui doivent savoir comment cuisiner le serpent. Aussi je vous propose un fricot de Louisiane suffisamment  à l’avance pour vous procurer les ingrédients et surtout vous familiariser avec l’idée.

 

Attention cependant: l’abus de serpent peut nuire gravement à la santé mentale.

 

05/01/2010

DE LA METHODE ALTERNATIVE

Plusieurs d’entre vous me demandent pourquoi je ne crée pas une association pour mener à bien les différents projets de jardins utiles que vous avez pu trouver ici ou .

 

Lançons donc un débat sur les fonctionnements alternatifs. Cela nous éloignera du bavardage vénéneux qui se ventile ailleurs sur l’hydre entité nationale que mon fidèle Héracles, invincible beauceron tant attendu, ira tuer sitôt que nous aurons fini de curer les écuries d’Augias.

Mais auparavant, expliquer pourquoi chercher de nouvelles méthodes pour réaliser des projets comme le manège jardinier.

 

Adossé à une solide expérience.

J’ai été sollicité voilà vingt ans en tant que chanteur pour monter un festival afin de financer des projets de santé à Bordeaux.

Là, j’ai créé puis présidé pendant dix ans une association culturelle dont j’ai déjà parlé ici: L’Art Existence!. Je connais donc assez bien les deux côtés de l’aventure consistant à mener à bien un projet bel et bon, et les risques qui vont avec car il faut devenir mangouste au milieu des cobras. C’est long, pénible et parfois dangereux mais rassurez-vous, aussi venimeux que soit le serpent, c’est toujours la mangouste qui gagne.

A bon entendeur...


Pierre Bergé n’a pas tors quand il énonce que vingt ans de «charité business» et les «affaires» qui les ont régulièrement émaillés ont sévèrement entamé la crédibilité des associations et rendue méfiante la générosité française.  On le serait à moins.

Qui lit régulièrement la presse constate, affligé, que depuis des années le pôle financier et la brigade de police qui va avec n’en finissent pas avec des associations qui détournent les dons ou les affectent à des postes ayant peu à voir avec l’objectif affiché.

Aussi prévoyant que puisse être le texte encadrant un projet, un malveillant finit toujours par s’introduire dans le dispositif et s’évapore avec tout ou partie des fonds collectés pour en faire un tout autre usage que celui prévu. Chirurgie plastique, piscine à la campagne, financement indirect de campagne électorale... L’éventail est large. Je n'en ai pas tout vu.

Aussi celles et ceux qui avaient monté le projet et devaient entièrement s’y consacrer se retrouvent-ils au tribunal à traquer, sans rien connaître des procédures ni des roueries judiciaires, les Thénardier qui ont fait capoter la belle aventure par totale et infâme cupidité.

Tandis que je devais être en studio avec une chorale d’enfants, me voilà à la barre devant un procureur qui veut classer l’affaire et menace de me poursuivre pour outrage à magistrat alors même qu’à propos d’enfants malades volés, spoliés, privés d’un rêve, dans ce cadre, à cet instant, aux regards du coeur comme de l’esprit, sans aucun doute possible, l’outrage, c’est lui!

A l’heure où je devais me consacrer aux lumières, j’y étais en effet! Convoqué à la brigade financière pour éclairer un inspecteur sur l’utilisation de fonds de production jamais vus. (Qui me trouve tellement coupable qu’il accepte au terme d’une matinée d’interrogatoire de déjeuner avec votre serviteur blanchi de toute malversation dans un petit restaurant de Verdelais où repose Toulouse-Lautrec. Je me suis laissé dire que ça ne se passait pas  comme cela avec tout ses «clients» tous les jours).

Alors au manège jardinier, cela (re)donnerait, si l’on ne s’y prenait pas autrement: au lieu d’être dans le jardin avec un pépiniériste, perdre une journée au palais de justice avec un juge d’instruction. S’il en reste.

Tandis que je devrais régler le mouvement d’un automate, chercher des sous pour me constituer partie civile. Comme dit Cyrano: «Non. Merci!» Je n’ai plus de temps à perdre dans ces embrouilles puantes.

Gâchis humain, gâchis financier, gâchis de temps, déception magistrale  avec encore en prime une colossale torgnolle dans la tronche des généreux donateurs!

Enfin le pire: après s’être engagé devant des gamins malades à embellir un peu leur sinistre ordinaire, devoir revenir leur expliquer que «ça ne va pas être possible.» La honte et l’impuissance sont alors suffisantes pour songer à se tirer une balle dans la tête s’il n’y avait à poursuivre, retrouver et châtier les raclures responsables de l’échec jusqu’au plus profond du plus lointain recoin des enfers!

Donc, pour m’éviter le suicide et ne pas rajouter de travail à Laurence Vichnievsky, Renaud Van Ruymbeke et éventuellement à l’archange Michel, procéder désormais autrement. Au lieu de demander de l’argent aux gens pour financer les composants du manège, leur demander d’envoyer les éléments directement. Ainsi, ceux qui expédieront un rosier, un arbre, un oiseau pourront le voir installé sur le manège ou, s’ils en sont trop éloignés géographiquement, sur son site internet. La mairie, le département ou la région payeront directement l’entreprise qui réalisera l’allée adaptée aux fauteuils. Les forains, les sculpteurs, les artisans apporteront directement une attraction qu’ils mettront en place eux-mêmes. Ainsi pour tout. Sauf pour la confection de la barbe à papa, des gaufres et des pommes d’amour qui resteront l’apanage des voisins.

Quant au maître d’oeuvre, essayer de le faire embaucher par une collectivité territoriale comme jardinier coordinateur en CDD pour la durée des travaux. Pas de frais de fonctionnement, pas d’argent en circulation, pas d’intermédiaire.

Sans argent à voler, pas d’escroc attiré.

Comme aurait pu dire Coluche: «Circulez, y a rien à prendre!»

A procéder comme font les autres, il me faudrait chercher des avocats et des comptables avant les horticulteurs et les pépiniéristes.

Pour un manège fleuri, avouez que ce serait ballot!

Comme disait mon père: «On te le fait une fois. C’est normal: tu apprends.

On te le fait deux fois, tu dois être un peu con.

A la troisième, le doute n’est plus permis.»

Comprenez que pour sa mémoire j’essaye de prévenir la seconde. Je lui en ai suffisamment fait voir pour ne pas rajouter à ses illustres titres et qualités celui de «père d’abruti».

Ami(e)s du bel et bon, humanistes des jardins, des arts et du droit, le blog vous est ouvert pour discourir de la méthode et nous améliorer tout ça!

18/12/2009

AMUSONS-NOUS !

 

Je doute que quiconque ait pu échapper en France à la pantalonnade ouaibesque du play-back d’une chanson piratée par «l’avenir pop'".

Regardez, copiez, transférez, téléchargez sans rien demander ni payer à l’auteur, au compositeur, aux interprètes, aux musiciens...

Hadopitre n’a jamais si bien porté son nom.

Aussi, pour égayer notre week-end paralysé autant par la neige que par les minimas sociaux, je propose un petit jeu consistant à adapter le texte en vue d’un live dub jardinier. Nous pourrions enregistrer et le tourner au printemps prochain sur une musique originale, étant entendu qu’ici nous n’avons nul besoin d’emprunter des musiques aux autres puisque nous composons nous-mêmes.

Je propose:

« Tous ceux qui veulent changer le monde,

Commencez par cent mètres carrés.

Tous ceux qui veulent changer le monde,

Venez bêcher, venez planter.»

Kenya-Athi-River-Pres-16septembre2009-1.jpg

 

 

C'est à vous.

Evidemment, les commentaires sont modérés tant il est évident que la tentation sera grande d’introduire pour la rime «les têtes blondes» et «la bête immonde».

 

08/10/2009

CON-SCIENCE

 

Vieilles dames mal soignées, mal nourries, maltraitées.

«On n’a rien dit par peur, pour garder notre travail.»

Employé à Auschwitz, interrogé par le tribunal de Nuremberg en 1946?

Non.

Infirmière dans une maison de retraite de Bayonne, interwievée dans sa voiture hier.

 

 

Les colombes.jpg

 

 

Observez attentivement cette photo de Bertrand Lapegue pour Sud-Ouest et dîtes-moi si cette haie et cet if ne sont pas mieux soignés que les vieilles pensionnaires.

Par un jardinier aveugle et sourd, sans doute.

Comme tous les «libéraux» qui intervenaient là.

Le commerce du labrador et de la canne blanche semble toujours promis à un bel avenir.

 

29/06/2009

APOCALYPSE FINANCIERE MONDIALE EN VUE!

Je vous la narre courte:

 

Un élève de seize ans en seconde D obtient au troisième trimestre une moyenne de 4,2/20 en mathématiques et de 4,1/20 en sciences physiques.

 

Il a en revanche 11 en français et 14 en musique, sans guère travailler.

 

Conclusion du lycée: «Non admis en première littéraire. Admis en première STG (Sciences et techniques de GESTION).»

 

Je crois que la crise financière 2009 n’est dés lors plus qu’un pâle brouillon de la formidable qui devrait s’en suivre dans une dizaine d’années.

02/04/2009

VERTIGE DE LA MORT

2 Avril. Finie, la rigolade!
Tandis que nos vaillantes troupes, après leur victoire de Saint Quentin et celle de Chatellerault s'apprêtent à en remporter une nouvelle à Strasbourg, je me dois de nous ramener aux choses sérieuses.

En quarante ans, j’aurai vu des gens étonnants :
A peu près chronologiquement:
Des éditeurs de chansons qui veulent toutes les tiennes pour ne pas qu’on les entende.
Des maisons de disques qui veulent absolument te signer pour ne pas qu’on te trouve.
Des musiciens qui composent sans se soucier qu’on les entende.
Des artistes-peintres qui travaillent, indifférents qu’on voit leurs oeuvres.
Des auteurs qui écrivent des pièces pour ne pas qu’on les joue
ou des bouquins pour ne pas qu’on les lise.

Des producteurs qui montent des spectacles pour ne pas qu’ils tournent.
Des éditeurs de livres qui veulent ton roman pour ne pas le vendre.
Des industriels qui veulent ton invention pour ne pas qu’on l’achète.
Des designers qui travaillent pour ne pas que ça se sache!
Des chefs d’entreprises qui montent des boîtes pour ne pas qu’elles fonctionnent.
Récemment, des gens sans foi ni loi qui voudraient «moraliser le capitalisme» (sic).

Mais là, je crois que je viens d’atteindre un sommet !

Vertigineux.

Il y a des gens qui s’imaginent qu’on remet un gamin mal parti dans le droit chemin juste en signant une pétition.

Mais où s’arrêteront-ils ?

himalaya_2.jpg


25/04/2008

JARDINIERS FAINEANTS.

On connaissait les rois fainéants.

Voici venu le temps des jardiniers du moindre effort.

Obsédés par l’entretien que demande un jardin de maison de retraite tout au long de l’année, les voilà qui m’adaptent en chœur le début d’une célèbre chanson de Jacques Higelin:
“Poil dans la main, payé à rien foutre,
Regarde c’ que ça coûte de faire un beau jardin...”

8a071f1c8cabc5e9f057947aaee0bf28.jpeg


Quelques extraits surréalistes d’une conversation dont je vous laisse imaginer mes répliques. Les VRAI(E)S jardinier(e)s apprécieront:

- Pas de vivaces, Fleuryval! Il faut les rabattre au début de l’hiver.

- Pas d’annuelles! Faut labourer, semer, arroser...

- Pas de rosiers non plus! Faut couper les fleurs fanées, enrichir au printemps, soigner et tailler quand nécessaire!

- Pas de mélanges prairies fleuries. Faudrait faucher l’hiver!

- Pas d’arbres caduques, malheureux! En automne, faudrait ramasser les feuilles!!!

- Pas de bassins, pas de ruisseaux, pas de fontaines! Pas d’eau! Pas de nénuphars! Ni poissons ni grenouilles!

- De la pelouse, de l’arbuste persistant à croissance lente et du grillage solide tout autour. Faudrait pas que les résidants s’échappent.

Ils auraient pu dire “s’évadent” car s’impose assez rapidement le sentiment de discuter davantage avec des représentants de l’administration pénitentiaire plutôt qu’avec des jardiniers soucieux de beauté et du bonheur des gens.

Bref, si on les laisse faire, les jardins des maisons de retraite de 2020 ressembleront tous aux sinistres “massifs” des parkings de fast-food.

Ca vous tente, vous ?

Mais ce ne sera pas bien grave: rassurez-vous, l’agonie sera de courte durée.
Cerise sur le gâteau: ils ne connaissent ni les allergènes ni les toxiques et contre les “mauvaises herbes”, si d’aventure une insolente particulièrement vaillante parvenait à traverser l’épais tapis d’écorce de pin déversé partout où elle pourrait apparaître, ils “préconisent un jet de Roundup”. Vous savez ? Un désherbant particulièrement toxique produit par ...?

Ben oui, encore eux!

C’est écrit noir sur blanc à peu près partout dans la presse, on l’entend tout le temps sur les ondes: cette saloperie est hautement cancérigène et se retrouve toujours dans les nappes phréatiques.

Mais peut-être ne faut-il pas écarter totalement l’hypothèse selon laquelle ils ne lisent jamais aucun journal et n’écoutent jamais la radio...

Mwarfctualisation: dans sa chronique du week-end sur France Inter, Alain Baraton encourageait un auditeur à couvrir le sol au pied de ses rosiers d'écorces de pin, évitant l'évaporation d'eau et réduisant le desherbage. Il ajoutait avec raison: "Mais avec le temps, l'écorce de pin acidifie le sol et il est nécessaire de la remplacer tous les trois ans." A quoi les Frustators auraient sans doute répondu: "On va faire plus simple, Monsieur Baraton. S'il faut remplacer les écorces tous les trois ans, on ne va pas mettre de rosiers du tout."

06/03/2008

LES "ABSENCES" DU LEGISLATEUR

5ac36df6a62168d29d58657dc90ee05b.jpgUne loi impose depuis quelques temps aux collectivités locales de couvrir les sols des aires de jeux pour enfants d’un revêtement souple apte à limiter les risques en cas de chute.




Elle ne s’étend pas aux promenades des personnes âgées, dont pourtant plus de deux millions tombent chaque année (source officielle).

On en conclut qu’une fracture du col du fémur à la roseraie est, pour le législateur, moins grave, moins douloureuse et moins longue à soigner qu’une gamelle au toboggan.


Il semble que le législateur présente parfois des signes cliniques de vieillissement appelés communément “les absences”...

28/02/2008

RAMA YADE LA JOIE!

"Venue soutenir, mardi à Argenteuil, le maire UMP sortant Georges Mothron, Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, a estimé qu'il fallait "essayer des choses" en réponse à une question sur l'usage, par la municipalité UMP, d'un répulsif pour chasser les sans-abris."

Ca arrive assez rarement pour mériter d'être signalé: je suis parfaitement d'accord: il faut "essayer des choses" pour les sans abris.

Comme de les loger, par exemple...

25/01/2008

SEPT MILLIARDS... ET DES OEUFS.

7fc21332daab6f8b375c68de292a1672.jpgVeux-tu bien arrêter de rigoler, Anaxagore ?

Anaxagore de Clazomènes, philosophe grec de l’antiquité d’une étonnante modernité, est plié en deux et se roule sur mon tapis comme un dératé depuis hier.

C’est lui qui inspira à Lavoisier son célèbre principe: “Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.”

D’habitude, Anaxagore sait se tenir.

Sagement assis sur une étagère de ma bibliothèque, Anaxagore médite, réfléchit, songe... dans un silence de mort.

Mais là, quand il a entendu dans la même information que la Société Générale avait perdu cinq milliards à cause d’un courtier fou et ne retrouvait ni le courtier ni les sous, Anaxagore a murmuré: “Ils ne vous prendraient pas pour de gros benêts, des fois ?”

Devant mon air ahuri, il a poursuivi comme il aime à le faire, en illustrant sa question: “Toi, par exemple, tu perds une pièce de cinquante centimes parce que ta poche est trouée. Un gamin qui marchait derrière toi la trouve par terre et court chez l’épicier s’acheter des bonbons. Tu n’as plus ta pièce, mais elle n’a pas disparue. Elle est chez l’épicier.”

D’un air malicieux, Lavoisier ajouta: “Elle s’est pourtant un instant transformée en bonbons...”

“Oui, mais là, il s’agit d’une fraude...” risquais-je.

“C’est pareil pour le vol et la fraude, mon garçon.”

(Je ne sais pas pourquoi mais j’ai horreur qu’Anaxagore m’appelle “mon garçon”.)

Il poursuivit: “Tu te fais piquer un billet de vingt par un voleur ou tu te fais détourner un virement par un escroc, tu n’as plus tes sous mais un autre les a.”

“Et les transforme à ta place...” soupira Lavoisier.

“ Un billet de vingt, d’accord. Un virement de chantier, peut-être. Mais là: cinq milliards!... Ca ne s’évapore pas dans la nature comme ça!”, objectais-je le plus respectueusement possible.

“C’est là que nous voulions t’amener, notre garçon!”, répliquèrent dans un sourire et d’une même voix taquine Anaxagore et Lavoisier, avant d’être pris d’un fou rire inextinguible qui dure depuis hier.

Je n’avais jamais entendu rire aussi fort toute une bibliothèque.

Comme ces deux-là ont le rire communicatif, j’ai fini par me marrer aussi et je vous livre l’anecdote au cas où la rigolade pourrait se transmettre par internet.

Je vous laisse pour un moment.

Comme il y a sept milliards dans la nature (deux de plus à cause de ces salauds de pauvres américains;-)))))))), j’enfile le blouson, je lasse les godillots et j’emmène le chien faire un tour.

On ne sait jamais...

Si je les trouve, ce soir, ce sera omelette aux milliards pour (presque) tout le monde!

Cèpe Debout, tu as pris ton panier ?

10/01/2008

CHEVALIER ENGUERAND de FINKIELKRAUT

Ah mes ami(e)s, quelle grande journée s’annonce là!

Je viens d’écouter au journal du matin sur France Inter Alain Finkielkraut déplorer lui-aussi la récente colère de Bartabas à la Drac. Bartabas, cet “incomparable artiste” dont le “philosophe” attendait qu’il contribue à réintroduire des “valeurs chevaleresques” dans la “société post-culturelle”.

Ca ne vous enchante pas une matinée, ça ?

Finkielkraut sur la chevalerie!

D’abord, il semble lui avoir échappé que le mot et le concept sont basés sur “cheval”. Il me semble qu’entre Bartabas et lui, il y en a un qui maîtrise le sujet mieux que l’autre.
Allez! En selle, Monsieur Finkie! Montrez-nous un peu votre assiette sur un pur sang anglo-arabe.

Ensuite, il apparaît que tout à son Proust, il n’aura pas trouvé le temps de considérer ce qui se serait passé avec les plus célèbres de nos chevaliers, Bayard, Du Guesclin, d’Assas ... à la Drac.
Et c’est tant mieux pour le drac, qui serait mort.

En matière de fiction non plus, il n’a pas dû faire beaucoup d’effort. Reste à Bartabas à monter un “Bossu” à la faveur duquel un cavalier s’écriera en regardant Gonzague de Canchy: “Si tu ne viens pas à Bartabas, Bartabas ira à toi!”

Je pense donc qu’au train où vont les choses, je suis en mesure de vous annoncer les points forts des émissions à venir:

A 10 heures, ne manquez pas l’interview de Christine Bravo consacrée à la physique nucléaire suivie par l’analyse des progrès remarqués par Laurent Ruquier dans la mécanique des fluides.

Invitée du 13 heures, Marie-Claude Pietragalla nous enchantera sans doute avec sa conception très personnelle et documentée de la maintenance des engins multifonctions dans les régiments de génie de l’armée de terre.

Cette après-midi, sur France-Culture, une analyse très pertinente de Benoît XVI sur les sites érotiques américains sera suivi d’un débat sur la gastronomie périgourdine avec, notamment, deux top-models anorexiques.

Au vingt heures, on m’annonce une interview très pointue de Chantal Goya sur les travaux du viaduc de Millau dont elle soutient mordicus qu’il n'aurait pas fallu le construire comme ça.

Ce soir enfin, sur Arte, ignorant tout de la cuisine japonaise, je vous en entretiendrai au cours d’une émission finement intitulée “ Y a pas de sushi!”

Les médias étant, comme chacun sait, démocratiques en France, je ne saurai trop vous engager à déposer ici vos suggestions pour produire désormais des émissions pertinentes et documentées.

Allons-y qu’on rigole!

f2a68df18216be9d557f7534e98d7949.jpg

31/12/2007

FINIR 2007

Pour terminer cette année en beauté, mon soutien total à Bartabas dont la ministre de la culture a vivement condamné l’emportement dans le bureau d’un DRAC (Directeur Régional des Affaires Culturelles).

A croire que Madame Albanel n’a jamais eu à faire en tant que créatrice à cette engeance.

Je lis, ici ou là, sous des plumes accusatrices, que Bartabas se serait conduit comme un voyou. J'en déduis qu'on n'a pas dû avoir à faire non plus à ce genre de voyous encravatés qui vous annoncent tranquillement que vos chevaux mangeront moins et que vos élèves étudieront moins encore. Peut-être devrait-on, avant de s'en méler, tenter de monter une pièce d'Anouilh. On découvrirait alors que dans le théâtre de la médiocrité, on peut faire mieux encore.

Symétriquement, on aurait pu penser que Madame Albanel condamnerait aussi le "DRAC" pour avoir voulu parler d’argent avec l’un de nos plus géniaux créateurs de spectacles et de nos plus prestigieux cavaliers.

Avec Bartabas, on parle chevaux, musique, danse, équilibre, cirque, acrobatie, public et humanité.

Pour l’argent, on voit le régisseur.

Et puis quoi, un DRAC ne va tout de même pas se plaindre de recevoir trois chaises, lui qui passe sa vie à réclamer des dossiers. Cette fois-ci, il a eu les trois sièges et les douze pieds avec. Un alexandrin à la culture!

De quoi se plaint-on ?

En plus, (je veux dire en moins), il est gentil, Bartabas. Il était venu à pied.

Imaginez un peu s’il était venu à cheval...

347f9cd9575c5761fe9f22700f76d33d.jpg


Si d'ailleurs, l'envie lui prenait d'aller à la Région Ile de France réclamer les promesses qui lui ont été faites, je l'y accompagnerais volontiers. A cheval!

Il se pourrait dés lors qu'il y rit moins sous cape, Huchon!

Quelle bonne soirée en tous cas ça a dû être pour les policiers du XI° arrondissement qui ont eu un géant pour eux tous seuls jusqu’au lendemain onze heures. On les envie.


Reste que notre jolie ministre devra apprendre à marcher avec des hauts talents.

Je lui trouve d'ailleurs la condamnation bien sélective. Quand on a un président qui veut se friter au milieu de ses quatorze gardes du corps avec un marin pécheur, peut on s'agiter de la sorte quand Mozart se met en colère chez un cuistre ?


Et pour finir, une invitation tout ce qu’il y a de plus sérieuse et officielle à Monsieur Brice Hortefeux qui fait figurer "bûcheron" dans la liste des métiers peu qualifiés ouverts à l’immigration. La prochaine fois que j’aurai un arbre dangereux de quatre ou cinq tonnes à abattre près d’une maison, je vais lui offrir l’occasion de nous montrer exactement comment il s’y prend pour qu’en tombant l’arbre épargne la toiture et se pose précisemment où il l’a décidé.

Après, nous l’enverrons couper un frène.

J’ai dit un frène, Monsieur Hortefeux.

Pas un châtaignier...

c76c0c8658ef9a87149ebb8fd875b267.jpg

27/11/2007

BAMBOUDUS

a8fd6bd2b8ee5b4c849c49cd5d01f195.jpgJe ne voulais pas vous en parler à chaud parce que sur le moment, un peu énervé, j’aurais pu m’emporter mais ayé: le rire a repris le dessus et la distance est là:

j’ai mon échéancier chez l’huissier et je vais pouvoir enfin m’acquitter tout petit à petit de bambous dont un tribunal de commerce avait jugé qu’on ne me les avait jamais demandé.

Pardon aux fidèles, mais il y a plein de nouvelles et de nouveaux à Fleuryland donc: rapide résumé des épisodes précédents.

1 - Danse avec les houx, (rikikitte entreprise individuelle issue de l’insertion) crée deux jardins dans une maison de retraite dont un pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Ce faisant, la direction me demande (entre autres suppléments) d’établir un petit espace isolé des résidants pour que les personnels puissent y prendre leur pause. Ce que je réalise en plantant une haie de bambous.

2 - Les jardins livrés et inaugurés, je présente les factures des suppléments.

3 - “On” refuse de payer.

4 - Je saisis le tribunal de commerce de mon trou qui juge qu’en effet, ce “On” ne m’a rien demandé. Inventant du coup la notion avant-gardiste d’une sorte de terrorisme végétal consistant à aller planter des arbres chez des gens qui ne vous les avaient pas demandés. Comme qui dirait un viol de pelouse. Ou, plus charmant, comme si des talibans venaient enterrer nuitament des bulbes de tulipes sous Central Park sans que l'administration américaine en ait passé commande...

5 - Le pépiniériste fournisseur de bambous exige son dû.
Pendu-planté, ne pouvant le régler, le fournisseur me poursuit à son tour devant ce même tribunal de commerce qui me condamne à payer dans les trois mois ces bambous intégristes. Incapable de m’en acquitter, l’huissier me convoque et nous convenons d’un échéancier.
Mon RMI venant de tomber, j’ai l’immense fierté d’annoncer au monde que je viens de verser la première mensualité des bambous dus!!! (Essayez à voix haute, c’est plus rigolo...)

Imaginez un peu ce que Boby Lapointe en aurait fait si ça avait été les bambous dus de Boudu!

Allons, tout n’est pas si noir et nous ne sommes pas si seuls!

Il me revient d’un peu partout qu’une jeunesse exaltée militerait ces soirs-ci avec ardeur dans la banlieue Nord de Paris pour qu’on presse le pas sur le Parc des Tiges.
D’autant qu’une friche pourrait bien se libérer prochainement sur Aubervilliers.
Selon les déductions de mes “milieux autorisés”, quelques policiers et pompiers blessés en seraient bien d’accord.


Trouvée sur le site des Compagnons du Devoir cette belle illustration qu’il y a tellement plus constructif et tellement plus beau à faire avec le feu.9fe44254cb711fa5085523602a70785d.jpg


Comme ça, par exemple.

92c2798f695b84e709b744a5d700a7db.jpg

10/10/2007

EOLIENNES

medium_eoliennes.jpg



Ha mes ami(e)s!

Je sors d’une rencontre “entrepreneuriale” et, en mon âme et conscience, je me dis que je n’ai pas le droit de garder pour moi seul une aussi pathétique expérience.

Qu’est-ce ?

Une “rencontre” organisée par une association d’anciens entrepreneurs, cadres et chercheurs décidés à “aider” la création et le développement d’entreprises sur mon secteur et à... faciliter les financements de l’innovation.

Du coup, je lâche un peu mon jardin de racaille et mes parcours de santé et je vais.

Rapport que j’ai moi-même quelques innovations en attente de financements...

A quoi ressemble-ce ?

Ca se passe dans une petite salle polyvalente aussi joyeuse qu’un salon mortuaire, grand tableau et rétroprojecteur en plus pour diffuser des transparents conçus comme des faire-parts.

Le lieu est assez bien assorti aux participants. J’ai d’abord cru que je m’étais trompé et que j’arrivais au conseil d’administration d’une entreprise de pompes funèbres. Jaunies, ternes, des tronches longues comme des jours sans pain, on messe-basse, on chuchote, on fronce du sourcil, on opine du chef et on prend un air entendu pour montrer à l’interlocuteur qu’on a compris sa confidence.
On n’y rit pas. Jamais. Se coincerait-on les doigts dans une porte qu’on ne crierait pas non plus. Un rituel secret mais terriblement efficace et scrupuleusement observé y veille.

La séance commencée, vocabulaire et syntaxe sont raccords. Ces gens ont beau parler naissances, incubateurs et pépinières, tu vois d’abord le corbillard, puis la gerbe et le trou. Même à propos de “création”, ça suinte l’ennui, ça sent la mort.

D’abord, l’organisateur se présente.
Puis, “en deux mots” qui doivent en faire en réalité mille sept cent quatre vingt quinze bon poids, il rappelle à quoi est censée servir son association, son historique, et cite tous ceux grâce auxquels...
Toi, pauvre buse, tu ne savais pas tout ça!!! Tu pensais venir à une représentation de la Traviata!
“C’est pour dîner ? demande le serveur au restaurant.
“Non, c’est pour faire un tennis!” (JM Bigard)

Puis s’énoncent les excuses de toutes celles et ceux qui, malades ou occupés ailleurs, n’ont pas pu venir.

Toi, assis sur la chaise la plus proche de la porte (en rentrant tu sentais intuitivement que tu n’allais peut-être pas rester jusqu’au bout), tu les comprends...

Enfin viennent les “deux” mots de bienvenue du maire qui a tenu à accueillir personnellement tous ces énergumènes qui, va t’en savoir pourquoi, voudraient créer de la richesse et de l’emploi sur sa commune. Les salauds!

Puis qui confesse que dans son coin, on n’a pas la culture “entrepreneuriale”. Curieux: à deux kilomètres à vol d’oiseau, il y a la seconde école mondiale de management, l’INSEAD! Qui, il est vrai, irradie peu, localement.
Son bourg évoque davantage une maison de retraite que la Silicone Valley et les verrous s’y vendent mieux que les clés usb...

Et conclue, cerise Rougon sur le gâteau Macard, que la communauté de communes est réticente à aider des entreprises qui s’arracheraient du “territoire” sitôt qu’on leur proposerait mieux ailleurs.

Gigolose atmosphère:
Le maire: “Si je t’aide, tu vas me quitter!”
L’entrepreneur : “Mais si tu ne m’aides pas, je meurs.”
Le maire : “Finalement, j’aime mieux ça...”

Puis “interviennent” des “porteurs de projets” en “phase d’incubation” (sic). Comme qui dirait des têtards qui raconteraient toutes leurs misères existentielles à devenir des grenouilles.

Et là, tu commences à t’emmerder grave.

T’es venu chercher du cash. Pas de la psychanalyse.

Alors tu glisses un sourire à une Gentille Organisatrice (bénévole) et tu lui demande à voix basse à quelle heure doivent intervenir les “financiers”.

Et là, stupéfaction, elle te répond qu’il n’y en a pas.
Personne. Pas une banque. Pas une caisse d’épargne. Pas un fond d’investissement. Rien. Nada. Nothing. Nib!

Alors doucement, sans faire de bruit, tu ramasses ta musette et tu t’arraches tout ébouriffé.

Comme sorti d’un champ d’éoliennes.

Pareil.

Ca brasse du vent et ça dégage moins d’énergie que ça en gaspille.

04/10/2007

LES RONCES ET LES ROSES

medium_ronces.jpgLe temps que le produit (bio) épandu lors des deux notes précédentes fasse effet sur la ronce envahissant les allées de notre haute administration, je vous invite à n’avoir pas peur (pas de quoi, Robert...) de déposer ici toutes les entorses au bon sens dont vous pourriez être témoins en notre beau pays de France.

Comme par exemple cette commission chargée de réfléchir et de proposer des pistes sur et autour de la maladie d’Alzheimer dont il a fallu attendre huit jours pour savoir qui la compose, mais dont on ignore encore où, quand et comment en contacter les membres...

Comme tous ces sites institutionnels sur lesquels le visiteur trouve difficilement qui s’occupe de quoi, et quasiment jamais comment la (le) joindre directement.

Ainsi ces hauts fonctionnaires dont on apprend quand fût publié au Journal Officiel l’arrêté de leur nomination (ce dont tout le monde se fiche éperdument), mais dont on ne trouve ni le mail ni le téléphone...

Ca manque de liens, tout ça!

Ou, arc-bouté sur son petit pré carré, ça n’en veut pas...

N’hésitez pas non plus pour les “anomalies”.

Comme ces disparitions de notes sur certains blogs, des mails qui s’égarent, des politesses élémentaires qui se perdent là où l’on les croyait préservées, des incohérences par trop criantes...

Comme ces gens qui déplorent le manque d’éducation d’une jeunesse qui ne dit plus: “Bonjour”, “S’il vous plaît” et “Merci” et qui raccrochent au nez de celles (ceux) qui les appellent, ne répondent pas à celles (ceux) qui leur écrivent, ne remercient jamais non plus...

Et si vous disposez de deux minutes, conseillez-moi.

Un rmiste de mes très proches, dont le “dossier” est en cours de traitement, se voit crédité par les impôts d’un chiffre d’affaire colossal pour l’année dernière, quand chacun sait ou devrait savoir dans son secteur qu’il n’a rien pu faire!

Faut-il alerter la brigade des stupéfiants ?



Heureusement, vous êtes là. Quelque part...

Si nombreu(se)x!!!

medium_André_Eve.JPG

27/09/2007

HOMERIQUE: ICELLE ET RICOTTE!

medium_Homere.jpg C'est d'Ingres! A la pulvérisation des records de visites de ce modeste blog, j’entends haleter la foule de celles et ceux qui suivent la lutte de titan(e)s entre Icelle et Ricotte.

Pour le moment, après une semaine de combat acharné, Ricotte tient, Icelle ruse.

Notre camp est choisi: on ne peut qu’espérer ici que Ricotte s’use.

Épaté par Icelle, je me dois de vous dire, sans rien dévoiler, que nous la voyons emprunter des chemins insensés qui finiront bien par aboutir à une reconsidération de ce que l’habitude nous fait trop facilement appeler: “service” public.

Comme l’on me rapporte (non sans une certaine malice) que quelques fonctionnaires surferaient sur les blogs à leurs moments perdus, je ne peux m’empêcher de songer à celles et ceux qui, à la cantine du ministère de la Santé, scrutent les visages en se demandant : “Mais qui donc est Ricotte ?”

Une pincée de mystère, deux doigts de suspens, un soupçon de buzz, un peu de savoir-faire et voilà Ricotte propulsée star des blogs!

Évidemment, ainsi poussée dans la lumière et bientôt sous le feu des médias, Ricotte va, immanquablement, être invitée chez Stéphane Bern, Jean-Luc Delarue, Mireille Dumas, Drucker peut-être!!!
Soyons fous: faire la une de Voici, Closer et Paris-Match. Se faire paparazer sur la plage des flots bleus! Ricotte va faire de l’ombre à qui vous savez et là...

En attendant d’être approché par l’armée pour mon petit prototype d’arme de ridicule massif, j’en profite pour indiquer qu’ici-même et sous peu, nous annoncerons fièrement l’ouverture d’une première mondiale dédiée aux jardins de maisons de retraite.

Rien moins!

21/09/2007

LE RICOTTON

medium_Ricotte.jpgConformément aux règles en vigueur dans les médias français, je me dois d’avertir avant lecture que cette note risque de bouleverser les esprits sensibles et influençables. Qu’à son issue, des illusions seront perdues, Descartes mis à mal, Edgar Morin secoué, des Rastignac enterrés, des rationalismes battus en brèche, des pans entiers de notre “génie français” submergés de rires québécois, suisses, nordiques, anglo-saxons, et que même les français ayant aimé Coluche risquent d’en rire aussi pour ne pas en pleurer.

Aussi est-ce après mure réflexion du Conseil des Sages de l’Audience de Mon Modeste Blog (CSA/MMB) que je déconseille la lecture de la présente note à tout esprit structuré de plus de vingt ans.

Par avance, je décline toute responsabilité dans les conséquences psychologiques, philosophiques, patriotiques et politiques qui pourraient résulter d’une transgression de la mise en garde précédente.

----------------------------------------------

Cela va beaucoup plaire à certains, carrément déplaire à d’autres: il est tout à fait illusoire de penser que Nicolas Sarkozy est le Président de la République Française, que François Fillon gouverne à Matignon et que Madame Bachelot exerce un quelconque pouvoir à la Santé. Même si l’on vient vous en soutenir l’apparence dans les médias, n’en croyez rien.

Le vrai pouvoir n’est plus de faire.

Il est d’empêcher.

Ce pouvoir-là, c’est, (avec quelques autres), Madame Ricotte qui le détient.

Qui donc est Madame Ricotte ?

Bien sûr, ce n’est pas son vrai nom. Nous n’allons pas ici nous attirer en plus les foudres de puissances occultes (la vieille, c’est le printemps!)

Ricotte, c’est le pseudo féminisé de Rico, rottweiler bienveillant que vous avez vu rejoindre voilà peu les premier(e)s volontaires du Parc des Tiges.

Avec cette variante notable que si Rico laisse passer les brouettes et les gens quand il n’y flaire pas malice, Ricotte ne laisse passer personne. Jamais. Ses maîtres seraient-ils à l’agonie dans le ministère qu’elle ferait barrage aux secours, mordrait les pompiers, déchiquetterait le médecin-urgentiste... Ricotte se ferait tuer plutôt qu’on les secoure.

Affirmons, en préambule, que nous avons au plus profond la conviction intime que Ricotte n’est pas consciemment méchante. Elle fait son job. Comme on lui a demandé de le faire. Sans penser à mal. Peut-être sans penser du tout.

Comment diantre entrâmes-nous dans ce Da Vinci gode à la française et fîmes-nous connaissance de l’existence de cette fondamentaliste de la paperasse, du gardiennage et de l’isolement ?

Aux fidèles je rappelle (et aux nouveaux venus j’apprends) que Danse avec les houx eut l’honneur insigne de recevoir les félicitations de Madame la Ministre de la Santé pour l’ensemble de son œuvre par un courrier daté du 7 Juin dernier que, fièrement, nous exposâmes ici:
http://danseavecleshoux.20minutes-blogs.fr/archive/2007/06/07/felicitations-du-ministre-de-la-santé.html

Nous nous empressâmes de demander à la rencontrer dans un courrier daté-posté du 12 Juin “afin de solliciter son appui pour tout le travail qui reste à accomplir, en particulier la mise au point d’un banc adapté aux personnes âgées pour lequel je rencontre des difficultés invraisemblables. Un partenariat avec le Ministère de la Santé aplanirait sans doute bien des obstacles.
C’est dans cette intention que je me permets de lui demander de bien vouloir m’accorder un court entretien.”

Z’avez lu? Z’avez vu comment on sait la demander bien poliment, l’entrevue, chez les jardiniers ? Et je vous passe la présentation des “salutations respectueuses” fièrement dressées en bout de parcours comme un massif de lys muscadet.

Trois mois d’été passèrent dans un silence de mort, que ne parfumait pas même quelque effluve de monoï vus la faiblesse des vents et le peu de soleil sur nos côtes atlantiques.

J’allais téléphoner pour demander à ma manière si “oui ou merde on allait l’apercevoir autrement qu’en photo, la ministre!” quand l’une des nôtres se proposa de faire ça à ma place, de façon moins abrupte ou plus diplomatique, selon qu’on choisira.

J’acceptais volontiers qu’enfin doté d’une ambassadrice de charme, et avec le précieux concours d’icelle, Danse avec les houx “reprenne langue” avec le ministère.

Icelle (c’est désormais son pseudo dans le réseau des houx) téléphona une première fois au cabinet de la ministre et entreprit Ricotte, qui lui demanda les références de ces correspondances. Icelle donna.
Ricotte pria qu’on la rappelle ultérieurement.

Ce qu’Icelle fit. (Et non l’inverse: Ficelle, c’était ma chatte. ;-)

Beaucoup trop tôt.

On avait égaré. Ricotte ne trouvait plus.

S’étant assurée que nous avions archivé les précieux documents au format numérique, Icelle proposa qu’on les maile.
“Faites donc ça!”, répondit Ricotte en donnant une @dresse longue comme un code nucléaire.gouv.fr

Dans l’heure, c’était fait.

Sans retour, Icelle (la tenace) rappela une nouvelle fois pour s’assurer de la bonne réception du mail et des pièces jointes.

Hélas! Trois fois hélas!!!

Si tout était bien arrivé, deux soucis majeurs se dessinaient soudain: premièrement, la référence portée sur le courrier ministériel ramenait à un lourd dossier d’ONG et nous n’en sommes pas (encore) une. Ceci expliquait bien qu’on ne nous trouvât point...

Deuxièmement, plus technique, l’imprimante du cabinet refusait obstinément de coucher sur papier le contenu de l’écran.

“On croule sous la paperasse...” risqua dans un sourire vocal Icelle (la pétillante).

“Ha! Ne m’en parlez pas! Renvoyez-moi un fax.” lui répondit Ricotte. “Il faut, précisa-t-elle, tout ceci sur papier.”
On admirera ici la cohérence subtile.

Icelle, qui faisait là ses premiers pas dans l’art de faire en France, mesurait tout soudain l’étendue de sa tâche.

Elle confia à Ricotte qu’elle trouvait bien étrange qu’on ait tant de misères pour rencontrer quelqu’un pour faire un banc en bois pour les personnes âgées...

C’est là qu’Icelle (la novice) fit l’erreur. Que dis-je ? L’énorme faute!

“Si c’est pour les personnes âgées, ce n’est pas ici!” hurla Ricotte comme un arrière du XV renvoie de ses 22. Et de généreusement et sur le champ donner à Icelle (l'abasourdie) toutes les coordonnées du chef de cabinet de Xavier Bertrand dont l’immense ministère englobe effectivement les solidarités, au nombre desquelles semble-t-il manque celle avec nous...

Travaillant à distance, Icelle me rappela, abattue.

Tant bien que mal, je la consolais de mots de réconfort, lui rappelant qu’à l’impossible nul n’était tenu, qu’on ne fait pas boire un âne quand il n’a pas soif ... et toutes ces sortes de choses qui vous viennent à l’esprit devant un gros chagrin sous un fardeau trop lourd.

Cinq tours de mon quartier à pieds plus tard, mon calme revenu, une demie douzaine de Ferrero-Rocher avalés en préventif et du suave dans la voix à bader Arditti, j’appelais à mon tour, façon “chef d’entreprise”.

Ricotte réitéra tout ce qu’elle avait asséné à la pauvre Icelle, au premier rang de quoi il lui FALLAIT un fax!

Je fis valoir alors que travaillant sur le web depuis plusieurs années, nous n’avions plus l’appareil adéquat, ajoutant, taquin, que nous ne disposions plus de pigeons voyageurs non plus.

“De toutes façons, comme je l’ai dit à votre collaboratrice, c’est pas ici!” grogna Ricotte dont je pressentais la babine légèrement retroussée.

Je lui fis part en désespoir de cause de ma surprise d’apprendre que l’orthopédie ne concernait plus la santé.

Long silence.

Ricotte méditait fort.

C’est là que j’ai compris et qu’est venue l’idée.

En marchant dans les rues, dans les squares, en regardant sa mère, en prenant l’autobus, le métro ou le train, Ricotte n’a jamais VU comme les personnes âgées ont du mal à s’asseoir et à se relever des sièges ordinaires.

Sinon, vous pensez bien...

Alors, Fleurylandaises, Fleurylandais, vous qui passez ici rempli(e)s de compassion pour cette gardienne aveugle, je vous invite à donner généreusement au premier Ricotton.

Si la somme est modeste, nous lui offrirons un billet aller-retour pour Lourdes. Si elle s’avère suffisamment conséquente, nous financerons une canne blanche et un bon Labrador.

J’ai raccroché le coeur bouleversé et j’ai couru poster les papiers qu’elle voulait.

Puis, lentement, à petits pas, vieilli, je suis allé déposer ma demande de RMI.

Il manquait un papier...

On est peu de choses, tout de même!

Et rarement ce qu’on se croit.

12/09/2007

RUPTURE

medium_GS.JPGLa porte de l’agence s’est refermée sur un éclat de rire.

Fatiguée par tant de misère, de significations à tiers détenteur, d’inscriptions au privilège, de découverts non-autorisés, la Société Générale a clôturé mon compte personnel et celui de Danse avec les houx.

Ouste, le jardinier! Dehors!!!

Pas que ça à faire, moi! Faut que je supporte l’équipe de France de rugby et que je me sorte de Clearstream...

medium_blaireau.jpg


Faut dire que j’étais au moins aussi fatigué d’elle qu’elle l’était de moi, même si elle me faisait encore parfois sourire devant la télé avec ses coups de pouce publicitaires et ses slogans à deux balles.

C’est la rupture bête et brutale.
J’ai dû reprendre mes bonbons...

Me voilà donc SBF (Sans Banque Fixe).

Si, passant par ici, un(e) banquier(e) dynamique (doit bien y en avoir un(e), quand même...) avait envie de participer à des promenades sécurisées pour les personnes âgées, avec des bancs rehaussés et ombragés, à des jardins pour personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, à des jardins pour enfants autistes, à un manège jardinier pour enfants handicapés physiques, à un parc des tiges, à des partenariats entre les maisons de retraite et les écoles d’arts et à tout ce qu’il nous reste à inventer, qu’il (elle) n’hésite pas à se manifester. Bienvenue d’avance!

Surtout s’il (elle) vient d’ailleurs.

Avec mes 50 000 visites, le bandeau sera offert ;-)

(Merci à Veuve Tarquine chez qui j’ai pris l’idée sous un cadenas Go Sport ;-)))))))))

10/09/2007

LE FEU AUX RUCHES !

medium_Abeille.jpg"Si l'abeille venait à disparaître de la surface du globe, l'homme n'aurait plus que 5 années à vivre." (Albert Einstein)

Il y a le feu aux ruches et il est bien naturel de relayer ici l’alerte de la Fédération des apiculteurs dont Alain Baraton, jardinier à Versailles, s’est fait le porte-parole hier dans sa chronique du Dimanche matin sur France Inter.

Les insectes, abeilles et papillons en tête, sont décimés par les pesticides utilisés à outrance dans l’agriculture intensive.

Comme de plus en plus de jardiniers préoccupés de développement durable, il y a belle lurette que j’ai abandonné l’utilisation de tout produit phytosanitaire. Ils tuent plus sûrement qu’ils ne soignent et pourrissent, en plus, l’eau de nos nappes et de nos rivières.

On ne va encore pas se faire des amis chez les chimiquiers et leurs revendeurs mais tant pis: j’appelle solennellement tou(te)s les lecteurs(trices) de ce blog à abandonner dé-fi-ni-ti-ve-ment l’usage de ces saloperies au jardin!

Je ne sais pas vous mais pour ma part, un buddleia sans papillon, un jardin sans abeille, un bassin sans libellule, ce serait comme Adriana Karembeu sans les jambes, un symphonique sans les violons ou une une blanquette sans champignons.

Et plus de miel pour nos petits-enfants, vous imaginez ?

Pour celles et ceux qui voudraient en savoir d’avantage, ça commence par là:
http://www.universnature.com/dossiers/pesticides/apiculture.html

medium_libellule.jpg

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu