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08/10/2009

CON-SCIENCE

 

Vieilles dames mal soignées, mal nourries, maltraitées.

«On n’a rien dit par peur, pour garder notre travail.»

Employé à Auschwitz, interrogé par le tribunal de Nuremberg en 1946?

Non.

Infirmière dans une maison de retraite de Bayonne, interwievée dans sa voiture hier.

 

 

Les colombes.jpg

 

 

Observez attentivement cette photo de Bertrand Lapegue pour Sud-Ouest et dîtes-moi si cette haie et cet if ne sont pas mieux soignés que les vieilles pensionnaires.

Par un jardinier aveugle et sourd, sans doute.

Comme tous les «libéraux» qui intervenaient là.

Le commerce du labrador et de la canne blanche semble toujours promis à un bel avenir.

 

09/05/2009

VOTEZ UTILE... DULCI

 

 

Les élections européennes approchant, voilà qu’on nous appelle de toutes parts à faire campagne.

Je ne demande pas mieux: c’est même une partie du coeur de mon métier.

Mais faire campagne en ville !?!

Il y a du Jarry là-dessous.

J’appelle solennellement (il faut toujours ajouter «solennellement» pour être pris au sérieux) à voter pour Madame Solvay, candidate des rosiers lianes, dont voici un portrait réalisé sur le terrain, sans aucun maquillage, garanti «sans communication».

 

DSCN0069.JPG

Madame Solvay: la petite candidature qui grimpe.

 

DSCN0070.JPG

On rejoint le comité de soutien ici.

 

 

 

07/05/2009

FONDAMENTAUX

Albert Camus écrivait justement qu'on juge du degré d'humanité d'une société à l'état de ses prisons.

Si j'en crois les personnels de l'administration pénitentiaire en révolte contre leurs conditions de travail, on en juge, en effet. 

 

Ici aussi, en plein coeur de Paris.

 

Un Mépris Phénoménal.

 

Simultanément, le "pouvoir" s'en prend (encore) à la liberté de la presse.

Médiapart attend du soutien. Je relaye bien volontiers son appel. http://www.mediapart.fr/node/39892

 

 

14/04/2009

LES JARDINS EN ETABLISSEMENTS POUR PERSONNES AGÉES

Ecole Nationale Supérieure du Paysage / Formation Continue AECT – 10, rue du Maréchal Joffre 78 009 VERSAILLES

01 39 24 62 26 ou 01 39 24 62 05 - mailto:p.saingenest@versailles.ecole-paysage.fr


Ecole Nationale Supérieure du Paysage
Les Journées de la Formation Continue
ENSP - LE POTAGER DU ROI - 10, avenue Joffre 78 000 VERSAILLES
AMPHITHEATRE DE LA FIGUERIE

LES JARDINS EN ETABLISSEMENT
POUR PERSONNES AGEES

Journée d’échange – Mardi 26 mai 2009 - Programme

Objectifs et Orientation de la journée :

Faire connaître des expériences diverses de jardins à vocation thérapeutique en établissement pour personnes âgées,
pointer l’identité de chaque projet et l’importance des opportunités, pour donner envie de faire.
Mettre en évidence la richesse du travail en commun des différents professionnels de l’accompagnement et du soin avec
des créateurs - concepteurs de jardins et des jardiniers.
S’interroger sur les effets physiques pour les résidents, maintien ou moindre perte de l’activité, de l’attention, du tonus, de
l’expression verbale, mais aussi sur les effets psychologiques et sociaux (rencontres, échanges, ouverture aux non-
résidents…)


Cibles :

Les divers professionnels de l’accompagnement des personnes âgées.
Les Paysagistes et Architectes Paysagistes.
Les Jardiniers...


Organisation de la journée :
Présentation d’expériences et de réalisations en relation avec les objectifs et l’orientation de la journée. Vincent
BOUVIER Paysagiste DPLG et enseignant-chercheur à l’Institut National d’Horticulture d’Angers
accompagnera la journée. Il nous fournira des éclairages suite aux présentations et participera aux échanges de questions
et aux débats.

Coordinateur de la journée : Patrick SAINGENEST – ENSP/FC/AECT.
Ecole Nationale Supérieure du Paysage / Formation Continue AECT – 10, rue du Maréchal Joffre 78 009 VERSAILLES

01 39 24 62 26 ou 01 39 24 62 05 - mailto:p.saingenest@versailles.ecole-paysage.fr
Matin
9h00 – 9h30 : Accueil

9h30 – 10h25 : Un projet de jardin à but thérapeutique au sein d’un Etablissement d’Hébergement pour
Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) à Bondy (93) : Raphaëlle CHERE Paysagiste.
Un projet d’établissement.
Une prise en compte des différentes situations de dépendance.
Questions et débat avec la salle.

10h25 – 11h20 : Un jardin intergénérationnel au Centre d'Orientation Sociale - Villapia de Bordeaux
(33) : Rodolphe KARAM Directeur du Centre.
Un jardin commun pour un accueil de jour, un EHPAD et une crèche.
Un projet au développement progressif dans l’espace et à la conception évolutive.
Questions et débat avec la salle.

11h20 – 11h40 : Pause



11h40 – 12h45 : Un jardinier dans les jardins à but thérapeutique : Fleuryval Jardinier.
La collaboration entre un jardinier et les professionnels des maisons de retraite.
L’utilisation des plantes dans des jardins à vocation thérapeutique, intérêts, précautions.
Le jardin lieu d’échange – lieu de culture.
Questions et débat avec la salle.



Pause déjeuner 12h45 – 14h00
Visite libre du « Potager du Roi » 14h – 14h30

Après-midi
14h30 – 15h30 : Hortithérapie et Jardins de Santé : Martine BRULE Architecte Paysagiste.
Historique de l’hortithérapie.
Les apports de cette approche.
Les différents jardins de santé.
Un programme d’hortithérapie dans un EHPAD – un essai d’évaluation.
Questions et débat avec la salle.

15h30 – 16h45 : Des projets de jardins pour malades alzeihmer en EHPAD : Fabien CHARLOT Architecte
Paysagiste.
Des projets de jardins thérapeutiques de la Bretagne à l’Aude qui tiennent compte des particularités locales.
Humanisation des établissements et Jardins.
Des orientations de conception qui tentent de tenir compte des exigences de la maladie.
Questions et débat avec la salle.

16h45 – 17h15 : Si la durée des interventions le permet débat rétrospectif sur la journée avec la salle et
tous les intervenants.






Ecole Nationale Supérieure du Paysage / Formation Continue AECT – 10, rue du Maréchal Joffre 78 009 VERSAILLES

01 39 24 62 26 ou 01 39 24 62 05 - mailto:p.saingenest@versailles.ecole-paysage.fr




BULLETIN D’INSCRIPTION


Ecole Nationale Supérieure du Paysage
Les Journées de la Formation Continue

LES JARDINS EN ETABLISSEMENT
POUR PERSONNES AGEES
Journée d’échange - Mardi 26 mai 2009 - Programme

Nom, Prénom…………………………………………………………………………………………………………………………………
Profession ou fonction……………………………………………………………………………………………………………………….
Service ou entreprise…………………………………………………………………………………………...……………………………
Adresse professionnelle…………………………………………………………………………………................………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………….…………...
Tél. / fax/ courriel………………………………………………………………………………………………………………..................
………………………………………………………………………………………………………………………………………………….
Frais d’inscription :
Administrations et entreprises 160 €  Associations ou individuels 80 € 
En complément de votre inscription par courrier, nous vous conseillons de faire une pré-inscription
par courriel : p.saingenest@versailles.ecole-paysage.fr

MODALITES D’INSCRIPTION :
Inscription dans le cadre de la formation continue :
Entreprises : bulletin d’inscription dûment rempli ainsi que votre règlement par chèque bancaire ou postal,
établi à l’ordre de l’« Agent Comptable de l’ENSP »
Administrations : bulletin d’inscription dûment rempli ainsi que votre bon de commande établi à l’ordre l’ENSP
Formation Continue 10, rue du Maréchal Joffre – 78000 Versailles.

Associations ou Inscriptions individuelles :
Bulletin d’inscription dûment rempli ainsi que votre règlement par chèque bancaire ou postal, établi à l’ordre
de « l’Agent Comptable de l’ENSP »

Agrément ENSP. Formation Continue 178 P 000178
Les inscriptions sont à adresser à :
Les Journées de la Formation continue - ENSP Formation Continue
Le Potager du Roi 10, rue du Maréchal Joffre – 78000 Versailles

La confirmation de l’inscription sera envoyée dès réception du bulletin d’inscription, du chèque, ou du bon de commande.

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N'est-ce pas très exactement ce qu'on appelle une excellente nouvelle ?

02/04/2009

TOUT BLOGUEUR N'EST PAS UN FLIC QUI S'IGNORE!

Verger.JPG


Tous des flics, les blogueurs ?

C’est en tous cas le thème proposé sur un blog habituellement mieux inspiré :


Bénédicte Desforges y soutient que la consultation des statistiques de visiteurs serait une forme de pathologie d’un égo surdimentionné et d’une paranoïa des auteurs.

Qu’un (modeste) jardinier bien portant la détrompe: on peut aller lire ses stats juste pour voir germer une idée comme une graine, puis grandir la plante et s’ouvrir les fleurs sur un terrain qu’on s’est choisi.

Quand j’ai ouvert celui-ci, c’était dans le but de promouvoir l’idée du Jardin Utile pour les Gens Exclus, le JUGE ( anéfé, comme dit Fontenelle, elle est excellente, merci ;-)), personnes âgées, enfants handicapés physiques et/ou mentaux, gamins mal partis vers des vies de bagnards.

Accessoirement, sortir quelques fois du silence une ou deux de mes créations «mal venues» dans les merdias «bénis oui-oui-tendance».

Alors je l’avoue, (voyez que j’y mets du mien pour parler «policière») il est vrai que c’est pur bonheur d’aller chaque matin voir de combien, la veille, ma glycine a poussé.
Les cuisiniers diraient: «Voir si la mayonnaise a pris».

Vrai tout autant le plaisir de constater que ça pousse lentement, mais puissamment et sûrement. Comme une glycine. Sans «rouler mes mécaniques», je vais annoncer sous très peu les 75 000 visiteurs uniques de Danse avec les houx. Ca ne me gonfle pas la tête, je l’assure, mais ça rapproche sérieusement le motoculteur! ;-)

Faux en revanche de penser que tous et toutes se dotent d’outils sophistiqués pour tracer ses lecteurs(trices), savoir qui, quand et combien de temps est venu lire ici.

Non, Madame Desforges, tous les blogueurs ne sont pas aussi imbus d’eux-mêmes ou paranoïaques que vous le proposez.

Installer l’idée que des personnes en fin de vie qui ont trimé toute leur existence à s’éreinter pour que nous mangions, dormions à l’abri, voyagions en train, en voiture, en avion, allions à l’école, visitions le monde, ce n’est pas de l’ego, c’est du droit. Le droit de ces gens à partir en beauté, avec toute notre gratitude.

Soutenir qu’un marmouzet dans un fauteuil roulant a droit lui aussi à un tour de manège dans un jardin, ce n’est pas de la procédure à deux balles. C’est une loi intangible.

Proposer qu’un gamin paumé découvre qu’il y a mieux à faire de sa vie que de brûler des voitures ou d’attaquer des commissariats, ce n’est pas de la garde à vue, c’est de la pédagogie.


Bien sur, après Dieudonné et Faurisson au Zénith, la récidive de Le Pen au parlement européen à propos du «détail» des chambres à gaz nazies, les provocations à deux balles de ce malheureux Zemmour chez ce vulgaire Ruquier, j’aurais bien moi-aussi quelques idées pour promouvoir mes jardins. Médias et blogueurs ont l’air tellement friands de ce genre d’événements pourris, sur lesquels ils foncent tel des vaches landaises sur des pantalons rouges, que je ferais sans nul doute toutes les unes au galop tant il y a pire à faire.

Ainsi, tant qu’à mettre en marche un peu d'imagination sans grands moyens, profitant éhontément de la haute estime dans laquelle semble me tenir la Chancellerie, je pourrais sans doute et sans difficulté obtenir que Michel Fourniret et Francis Haulme me soient confiés sous bonne escorte pour poser (gratuitement, cela va sans dire) quelques minutes par une matinée ensoleillée sur un de mes bancs adaptés pour les vieux dans mon jardin «alzheimer». Avec un peu d’aide du quai d’Orsay vers la Belgique, nous aurions même peut-être Marc Dutroux en bonus. Vous voyez ? A Cannes-Ecluse ? Juste en face de l’ENSOP ? Ils ne seraient pas mignons, tous les trois, souriants à l'ombre de ma pergola, en "Une" de Paris Match ? Vous m'avouerez (à votre tour) que ça prendrait tout de même une autre dimension qu’un révisionniste au Zénith, non ?

Ou bien, surfant sur la polémique des autres, affirmer haut et fort, derrière un titre bien provacateur comme: «La journée de la dupe», que «La journée de la jupe» n’est qu’un détail dans l’histoire de l’éducation nationale. Sans en penser un mot, bien sur, puisque j‘adore ce film et par avance tout le bon qui va en découler.

A moins encore que, préférant «créer le buz», je soutienne qu’Hugo Chavez n’a pas toute sa tête quand il présente Christophe Collomb comme le père du plus grand génocide de l’histoire de l’humanité et que la conquête des Amériques n’a pas déclenché contrairement à ce qu’il prétend la plus vaste extermination qu’on ait jamais pu dénombrer.

Sinon, pour attirer les trolls, nous avons aussi bien le Proche-Orient, la taille du président, les tignasses de l’UMP, la couardise du PS, les vantardises de BHL, les gourmandises de Pamela Anderson... Ca, ça fait venir du monde!

S’agirait-il bien alors des lecteurs que vous et moi espérons ?


NB 1 @ l’invitée: Bonne chance pour la BD. J’ai hâte de voir.
NB 2 @ tou(te)s: la nouvelle adresse de MAQJA:
http://www.politis.fr/Sous-La-Jupe-Des-Senteurs.html


20/03/2009

LES LOIS DE L'ESPRIT (2)

LE DROIT À L'HOMMAGE.

Bonjour jeunes gens!
La baronne étant retenue par des obsèques médiatiques, nous différerons notre intervention sur la politesse élémentaire et, nous adossant à l’actualité, nous aborderons cette semaine un cas de droit civil lié aux médias: le droit à l’hommage.

Pauvre Bashung. Il n’avait pas anticipé.

Vous l’aurez envisagé, brillants que vous êtes, une fois mort, ça devient extrèmement difficile de gérer soi-même la sélection de ceux qui vont suivre son propre corbillard jusqu’au cimetière.

Là comme ailleurs, il y a les vrais amis. Les fidèles.

N’y voyez pas familiarité mais je vais aujourd’hui plus qu’à l’ordinaire vous parler avec le coeur et comme les mots me viennent.

Ha! Les amis! Les vrais! Tu es content qu’ils soient là pour qu’ils aillent boire un coup entre eux après ta mise au trou, disant tout le bien qu’ils pensaient de toi autour d’un Gaillac perlé bien frais, «avec une rondelle de saucisson, la patronne, siouplaît,» se rappelant quand tu leur chantais Brel aux Saintes Maries de la Terre:
«J'veux qu'on rie
J'veux qu'on danse
J'veux qu'on s'amuse comme des fous
J'veux qu'on rie
J'veux qu'on danse
Quand c'est qu'on m'mettra dans l'trou.»

Ou quand tu leur récitais «La mort de la Mort», en imaginant à voix haute ses mensurations. Et qu’aux verres suivants, tu en venais à te demander si elle portait de la lingerie Chantal Thomas sous son suaire! Puis, une barrique plus loin, accostant les étoiles, tu prenais le pari que tu allais être le premier dans l’histoire de l’humanité à la faire gémir tellement fort que tu aurais le droit de revenir pour un second tour, tellement elle en voudrait encore, voire un troisième si tu étais en forme... Sans huîtres, sans gingembre, sans viagra, juste comme ça, en «live» avec seulement un accordéon dans la tête, du printemps dans les veines, une envie de brûler le froid et de t’attarder encore un peu à table. Et, en bon jardinier, à ne pas vouloir abandonner tes lilas avant de les voir fleurir l’année suivante.
Au milieu du beau monde. Du Juste. De l’humain. Du consciencieux. Du qui aime la belle ouvrage qui dure parce que tu l’entretiens.

Et il y a les charognards.
Ceux qui viennent se faire photographier avec des lunettes noires pour ne pas qu’on voit l’absence totale de chagrin dans leurs yeux de vautours. Auxquels il faut quelqu’un pour donner le bras tellement ils ont les genoux qui flanchent. Ton enterrement, c’est en direct et c’est certain. Leur cours de mime, c’est du souvenir et c’est réel.
Ceux qui t’ont bien connu mais que tu n’as jamais vu. Ceux qui s’exclament: «Quel bonhomme!» mais dont tu n’as jamais reçu le moindre coup de téléphone. A qui tu ne peux plus dire: «Ha bon ? On se connaissait ?» ni demander: «Qu’est-ce que vous faîtes ici, vous ? Je ne vous ai pas invité.» Que tu ne peux pas reconduire jusqu’à sa limousine à grands coups de pompe dans le fion en criant: « Ha, vampire! T’as pas nourri ma vie et tu veux bouffer ma mort ? Ouste, Dracula!!! Vade retro, Cancrelas!!!»
Qui ne t’ont jamais invité à manger un morceau, jamais payé un canon, jamais trouvé cinq minutes pour causer, pas plus qu’ils ne se seraient laissé photographier avec Van Gogh, Lautrec, Artaud ou Brel ivre-mort, auxquels ils rendent hommage maintenant
parce que chez ces gens-là, Monsieur, avant de boire un verre,
Il faut être mort Monsieur.
Il faut être mort d’abord.

Si tu n’as pas pris la peine de renseigner tes vrais potes sur ceux que tu ne veux pas voir pendant que tu grimpes au ciel, tu l’as «in the baba» et tu les vois de là-haut s’agglutiner sur ta pierre tombale comme une colonie de tiques sur un vieux chien, qui viennent se oindre de tes dernières perles d’âme suintant de la pierre tombale.

Ca t’évite le coup de la messe, aussi. La famille qui pense que ça ne peut pas te faire de mal qu’un curé te recommande au Bon Dieu, vu le nombre de bouteilles que tu as vidé, de cibiches que tu as fumé et de filles que tu as culbuté hors mariage. Parce que bien sur, dans son infini bon sens, Dieu a créé la vigne pour ne pas que tu en boives, le tabac pour ne pas que tu en fumes et les femmes seulement pour que tu les regardes de loin.

Remarque, elle pense peut-être bien faire, la famille. Mais toi, modeste, tu ne voulais pas qu’on dérange le Bon Dieu pour si peu, alors que tu te préparais à le rencontrer en personne dans peu de temps. Et tu n’aimais pas non plus l’idée qu’un guignol en robe qui n’appréciait pas du tout ton mode de vie vienne te balancer de l’eau sur tes dernières planches.
Du Chiroubles, ce serait passé à la rigueur, tu aurais pardonné, bon coeur que tu es. Mais de l’eau bénite!! Sans dec, ils ne vont quand même pas te déclamer une homélie de grenouille!!!
Ben si tu n’as rien préparé, si.

Alors pour m’éviter tous ces aléas contrariants, je vais la jouer autrement en m’enterrant de mon vivant !
Mes obsèques avec moi, en guest star.
Ca me contrarierait à mourir de rater une fête pareille!

J’y vois aussi un avantage certain pour les autres du métier, que Bashung n’avait pas anticipé non plus. Quand un sombre crétin titre le soir de ta mort: «Le dernier des géants de la chanson française», tu peux te pointer le lendemain à la conférence de rédaction et lui tirer sévèrement les oreilles en lui demandant: «Et alors, Aznavour, Higelin, Dabadie, Sanson, Sheller, Cabrel, Goldman, Dutroncs, Zazie, Ken..., c’est des nains de jardins, peut-être ?» Tu peux même lui mettre un grande tarte dans sa pauvre tronche d’inculte à sensations. Il ne va pas aller porter plainte pour une torgnolle puisque c’est lui qui a annoncé sur cinq colonnes que tu étais mort la veille. Benet qu’il est, tu peux même lui faire bouffer son article. A l’ancienne. Sans sauce.

Et puis cet enterrement anticipé dispensera tout le monde de venir au vrai. Au dernier. Ce qui serait très onéreux vu que je compte bien moi aussi m’en aller «dormir dans les paradis blancs», surtout depuis que je sais que Michel Rocard s’en occupe. J’ai confiance: la banquise, c’est son truc. Il va nous recongeler le pôle Nord en moins de deux. Paraît que ça s’apprend en conseil des ministres. Les inuits, les ours blancs, les manchots, les villes côtières et moi, nous ne l’en remercierons jamais assez.

Enfin, cerise sur le caveau, tu reposes la Nation en lui économisant quelques mensonges inutiles.
Parce qu’au sommet de l’état, bien renseigné qu’on est, on a entendu dire que tu n’es pas mort vraiment. Alors on tergiverse. On se demande si c’est bien opportun de monter sur un coup aussi aléatoire, qui ne traite que du temps et de la vanité et on embraye direct sur un mort pour de vrai. Ce n’est pas ce qui manque. Du coup, tu échappes au communiqué du président, à celui du premier ministre, à celui du ministre de la culture, au porte-parole de l’UMP, au maire de Paris et à qui sais-je encore qui te reconnaissent tous soudain «un immense talent» et du coup, tu évites la question vertigineuse qui te pourrirait un bon morceau d’éternité: «Si ces gens aimaient vraiment mon travail, où est-ce que j’ai bien pu me gourer ?»

Voilà, sur une situation complexe, un article presque parfait sur ce qui ne saurait tarder d’advenir.
On sait qui: ma pomme.
On sait quoi: mes obsèques anticipées.
On sait (presque) où: Les Saintes Maries de la Terre ou la Sologne.
On sait pourquoi: Bashung, après une longue série de prédécesseurs.
On sait à peu près comment: discret, joyeux, artistique et fraternel.
Ne reste plus qu’à fixer quand.
Mesdames, Mesdemoiselles, galanterie oblige et Comtesse avec moi: je vous laisse le choix dans la date.

Dissertation:
A partir de cette situation,
1 - Légalement, qu’est-ce qui pourrait s’y opposer ?
2 - Y viendrez-vous quand même ?
3 - Ne s’agirait-il, sur le fond, que d’une banale histoire de cru ?

Vous avez huit jours.

Je vous laisse. J’ai deux trois bricoles à caler rapidement avec un notaire.

20:23 Publié dans Justice, Philosophie ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : enm

14/03/2009

UTILE DULCI.

A celles et ceux qui attendent impatiemment la suite des "lois de l'esprit", je le dis: traduire une baronne en jeune magistrat, c'est pas du Montélimar AOC!

Alors, pour ne pas déroger à la coutume initiée par Maître Mô et Zgur, voilà de quoi joindre l'utile à l'agréable pour cette fin de semaine.

Pour l'utile, un fondamental ici.

Pour l'agréable, c'est là: (Cliquez sur la photo pour l'afficher en grand et nous aurons pour un instant (?) le même fond d'écran. Merci Phiphine ;-))

Jardin italien.jpg


Je vous laisse, j'ai la baronne à finir.

Pas de mauvais esprit, s'il vous plaît. ;-)))))))))

12/03/2009

L'EXEMPLE.

Lu dans les commentaires du blog de Philippe BILGER sous la signature de Pierre-Antoine:

"L'exemple, ce n'est pas la meilleure façon de conduire les autres,

c'est la seule !
"

Merci, Monsieur.

Nous graverons cela dans la pierre au-dessus de l'entrée de la salle des maîtres du Parc des tiges.

Jardin italien 2.jpg

04/03/2009

LES LOIS DE L'ESPRIT (1)

Nous traversions des temps de déploration généralisée.

A la télévision, à la radio, dans la presse, sur les blogs, dans les bistrots, presque partout une foule de déploreurs et de déploreuses déploraient. Un peu comme jadis les shadoks pompaient.

Tout y passait. L’obésité des enfants, la mauvaise prise en charge des vieux, la réforme des armées, la mauvaise qualité des programmes de la télé, le réchauffement climatique, la hausse des prix, le chômage...

Au milieu de cet océan de déplorations, on semblait déplorer plus fort encore la surpopulation carcérale, l’état des prisons, le futur effroyable réservé à la jeunesse délinquante.

Vous me connaissez maintenant, je préfère toujours essayer de trouver une solution à un problème plutôt que passer ma vie à pleurnicher dessus.

Aussi, après avoir beaucoup regardé, écouté, lu, observé, j’arrivais sereinement à la conclusion qu’en matière de justice, il s’agissait moins d’empiler des lois que personne ne lirait jamais que de modifier le processus d’apprentissage et de fonctionnement des principaux déploreurs.

Et, pragmatique, partant de mon vécu quotidien en relation directe avec quelques uns d’entre eux, je m’attelais sereinement à une réforme fondamentale de l’Ecole Nationale de la Magistrature.

Oui. Je sais. Vous allez me dire: «ce n’est pas ton métier.»

En effet.

Mais je vous objecterai d’abord qu’il y a souvent plus de bon sens dans la tête d’un jardinier que dans tout un colloque de penseurs sophistiqués et qu’on n’est pas forcément plus sot en chemise à carreaux qu’en robe noire. Ou rouge.

Ensuite qu’il me semble bien que toute décision de justice est rendue «au nom du peuple français» et que du coup, ça le regarde un tantinet, le peuple, quand ça craint au dessus de sa signature et que c’est bien le moins qu’il s’invite dans le débat des gens qui prétendent juger en son nom.

Enfin que ça me ferait vraiment honte de laisser à mes enfants et petits enfants une justice dans cet état!

D’autant que pour ma première réforme, je sais l’accord tacite d’un grand magistrat qui appelle lui-aussi de ses voeux à d’avantage d’ouverture de cette école sur le monde.

Même s'il ne s'agit pas forcément du «monde» auquel je pense en premier.

Donc, sans négliger «L’esprit des lois» du grand Montesquieu, se recentrer un minimum sur "les lois de l’esprit" du petit Fleuryval.

La physique d’abord, au sujet de laquelle je me propose de démontrer qu’une sage utilisation de la clé anglaise peut s’avérer plus utile qu’un improbable DEA.

Ainsi, sur la surpopulation carcérale et l’avenir bien sombre pour les jeunes délinquants, je propose l’introduction dés le premier trimestre de la première année d’un cours pratique de plomberie appliquée, évidement dispensé par un professionnel du joint (en caoutchouc, bien sûr) ou, a minima, par un père de famille moyennement bricoleur. (Moi, par exemple. Ca tombe bien, à la vitesse où les anciens fonctionnent, j’ai du temps libre.)

Avec comme étude centrale (c’est le cas de le dire): le siphon de la baignoire bouché, ladite baignoire pleine à ras bord et son robinet qui coule.

Baignoire.jpg


«Par quoi commence-t-on ?» demande en souriant la plus enthousiaste des élèves.

«D’abord par fermer le robinet avant que ça déborde», répond l’artisan-professeur, joignant fermement le geste à la parole.

Bien sûr, le robinet vétuste goutte encore. Mais tandis qu’une moitié de la classe écope la baignoire, le professeur coupe l’arrivée d’eau quelques instants et remplace le vieux par un neuf étincelant, sur l’emballage duquel on peut lire: «Ouvrez une école, vous fermerez une prison!", fière devise de «V. Hugo-sanitaires S.A.R.L.».

Robinet neuf fermé, baignoire vidée, on peut procéder au débouchage du siphon, voire à son remplacement. (Pendant qu’on y est...)

Au terme de cet exercice il ne nous nous aura pas fallu deux heures pour cerner métaphoriquement les bienfaits d’une bonne éducation, la saine gestion de la pénitentiaire et le soin particulier à apporter à la réinsertion. Ajoutez à cela la valorisation d'un métier trop rarement à l'honneur.

En TD, chacune et chacun pourra utilement reproduire cet exercice à la maison parce que ça marche très bien aussi avec un lavabo ou un évier.

Quand vous aurez bien digéré celle-là, nous aborderons les règles de la politesse civique élémentaire dans une «politique de civilisation».

A bientôt, jeunes gens ! ;-)

13/02/2009

TABLEAU D'HONNEUR

Ellébores blanches.JPG
L’avocat général de Paris Philippe Bilger rassemblera le 19 Février à l’Assemblée Nationale plusieurs hauts magistrats venant des quatre coins d’Europe. Le but: examiner ce qui se fait de mieux dans les justices pénales belge, espagnole, italienne, allemande et néerlandaise.

Là, j’enlève ma casquette et je dis: «Chapeau!»

«Mais qu’est-ce que ça vient faire sur un blog de jardinier ?», me demanderez-vous.

C’est que de mon côté, je ne suis toujours pas parvenu à en réunir quatre de maisons de retraite autour d’une table en Ile de France!

Aussi je vous livre ma perplexité la plus profonde:

Si le désastre judiciaire d’Outreau incite la magistrature à mieux faire face au risque somme toute relativement peu probable de se retrouver un jour en prison sans avoir rien fait, comment se fait-il que nous autres ne soyons pas fichus d’en faire autant face à l’inéluctable vieillesse qui nous attend tou(te)s ?

Parce que le juge d’instruction qui se plante, c'est dramatique mais ce n’est pas sûr.

Tandis que les rhumatismes et la douleur, c’est effroyable et c'est certain!

10/02/2009

LA MORT DE LA MORT


Paroles et musiques de votre serviteur.
Editions Francis Lemarque, puis BMG m’a-t’on dit, puis...*


Un poète de Pantin, paillard anachronique,
Aimait tell’ment le vin les femmes et la musique
Qu’il n’avait qu’une idée: exécuter la Mort
Et revendre ses oss’lets contre un poil de confort.

La Mort trouvait ça drôle, quoiqu’un peu agaçant.
Qu’on inverse les rôles, ça faisait du chang’ment.
Ca n’ l’inquiétait pas trop mais elle surveillait d’ près
Cette espèce de moineau qui lui manquait d’ respect.

Refrain (Attachez-vous bien: c’est la première fois qu’on entend chanter la Mort dans la variété française)
Attention poète, ça va finir.
Attention poète, un jour je vais venir.
Attention poète, profites bien du plaisir.
Attention poète, un jour tu vas mourir.

Mais le poète s’en foutait, lui faisait des grimaces.
Il la provoquait, lui préparait des farces
Ce qui fait qu’ la vieillerie sentait l’adrénaline
Monter lentement le long de sa maigre échine.

Refrain
Attention poète, ça va finir.
Attention poète, un jour je vais venir.
Attention poète, profites bien du plaisir.
Attention poète, un jour tu vas mourir.

Un soir, n’en pouvant plus, la Mort se présenta
Au coin d’une rue, sa faux à bout de bras.
Elle n’avait pas l’air d’êtr’ là en dilétante:
L’orbite sévère et la calotte fumante.

Refrain
Attention poète, ça va finir.
Attention poète, j’avais dit qu’ j’allais v’nir.
Attention poète, finis les plaisirs.
Attention poète, maint’nant tu vas mourir.

Le poète aussitôt lui colla deux savates:
Une dans les chicots, l’autre dans la prostate
C’ qui fait qu’ la vieillerie s’emmêla dans son drap,
Tomba sur sa lame et c’est elle qui mourra.

On peut chanter, maint’nant! On peut faire la fête!
La Mort est morte et enterrée mais je m’arrête:
Il semble qu’on m’appelle là derrière le piano...
Une voix de femelle ? ... Oui ? C’est à quel propos ?

Refrain
Attention poète, ça va finir.
Attention poète, un jour je vais venir.
Attention poète, profites bien du plaisir.
Attention poète, un jour tu vas mourir.


Le rideau tombe.

Je vous laisse imaginer la suite.
Une piste: Ferré chante Caussimon.
«La mienne n’aura pas comme dans le Larousse...
Mais fille de vingt ans à chevelure rousse
En voile de mariée elle aura ce qu’il faut...»

Si vous la rêviez par trop grivoise, ce qui serait évidemment bien le moins, abstenez-vous s’il vous plaît d’en faire état ici.
Il y a des enfants qui viennent lire ce blog.


Dis donc, ma chanson, si tu sais où tu es et si tu peux t’approcher d’un téléphone, passe un coup de fil, au moins! On ira te chercher.

09/02/2009

POUR L'HUMILIEUR...

HUMILIEUR

Décidément, humilier semble devenir un vrai métier.
Pour les antillais, nous avons ceci:

Pour les gens du Nord, nous avons cela:
http://www.20minutes.fr/article/298163/France-Un-magistrat-parle-de-pedophilie-courante-dans-le-Nord.php

Pour les québecois, c’est par là:
http://www.marianne2.fr/Le-Quebec-ou-le-derapage-de-Sarkozy_a174955.html

Et pour les gens du voyage, c’est un peu partout que la presse française croit bon de préciser qu’un malfaiteur en fait partie. A les entendre, on jurerait que les palais de justice sont devenus des consulats des Saintes Maries de la Mer.

Je tenais juste à rappeler ceci:
http://www.youtube.com/watch?v=LY2BQk9s11Y


Gageons que cela va encore finir bien mal pour l’humilieur... et pour le pire.

29/01/2009

UN METIER A PART... ENTIERE

Un MERCI phénoménal d'abord à toutes celles et ceux qui sont en train de "se prendre le chou" (expression typiquement jardinière) pour que le projet de Parc des tiges soit accessible à tout le monde sur le net.

En attendant qu'on y parvienne (ce qui ne saurait plus tarder bien longtemps), je republie sur mon "coeur de métier", comme ils disent.

Même et surtout si c'est plutôt d'un "métier de coeur" qu'il s'agit ;-)

Couverture book jpeg.JPG


JARDINIER EN MAISON DE RETRAITE :
UN METIER A PART... ENTIERE.


Jardiner pour qui ?
Jardiner pour quoi faire ?

On crée un jardin avant tout pour celles et ceux qui vont s’y trouver.

S’y trouver ? Peut-être.

Le jardin d’une maison de retraite n’échappe pas à la règle.
Il a ceci de spécifique qu’il doit permettre l’exécution de l’une des principales ordonnances de la médecine et de la kinésithérapie aux pensionnaires: marcher.

Or il convient de considérer une personne âgée comme une personne poly-handicapée.
Son corps est douloureux, ses forces diminuées, sa vue souvent altérée. L’ouïe également. L’odorat parfois aussi. La palette des sensations possibles s’en trouve considérablement réduite. Il faut donc composer fort et clair. Des volumes importants, des couleurs vives, des parfums puissants et des repères partout.

Mais son principal handicap, c’est :

LA PEUR.

Peur de la chute d’abord, et de sa conséquence fréquente : la fracture du col du fémur qui vous cloue pour beaucoup du peu qui reste à vivre sur un lit d’hôpital d’abord, dans un fauteuil roulant ensuite, avec une rééducation pénible et douloureuse au bout.
Le jardinier doit donc veiller à réaliser des allées parfaitement planes, en pente très douce si l’on ne peut faire autrement et dans ce cas équipées de rampes, débarrassées de tout ce qui peut faire trébucher, glisser, rouler, équipées de systèmes aptes à donner l’alarme si la chute se produit malgré tout et qu’il n’y a pas d’accompagnant à ce moment précis dans le jardin.
Pour ma part et pour l’instant, je n’ai rien trouvé de plus efficace et de moins onéreux qu’un fil longeant la promenade reliée à une ou plusieurs cloches suspendues aux endroits stratégiques de la maison: devant l’entrée principale, la fenêtre du bureau de la direction, la salle de télévision, la salle de repos du personnel.

Et enfin des parcours éclairés car par 40 à l’ombre, on va marcher la nuit et qu’aucune personne âgée ne sortira au jardin le soir si elle ne voit parfaitement où elle pose son pied.

Peur de la douleur ensuite.
La marche étant pénible, il faut imaginer les promenades comme des parcours d’envies successives, de buts à atteindre. Transformer un parcours d’exercice en chemin des bonheurs. Récompenser chaque pas d’une couleur, d’un parfum, d’une baie, d’un émerveillement à droite, d’un enchantement à gauche. Jalonner tout du long de symboles sur le temps, sur l’avenir, sur la vie, sans la peur.
Prétextes à rêverie, méditation, prière.
Et aménager des escales à l’ombre desquelles se reposer avant de repartir plus loin ou de rentrer.
L’impossibilité de se relever seul étant toujours ressentie comme une étape irréversible de la dépendance, on veillera à disposer sur ces escales des sièges suffisamment hauts pour qu’il ne soit pas trop pénible de s’en relever, dotés d’accoudoirs solides sur lesquels pousser et de potences d’aide au relèvement sur lesquelles tirer.

Peur de la chaleur aussi qui, depuis la canicule de 2002, dissuade la plupart d’aller marcher l’été. Le jardinier aura donc soin de créer des mouvements d’eau afin de ménager des espaces rafraîchis. Fontaine, bassin, étang selon la surface, petit ru, cours d’eau, cascade selon les budgets.
En plus de sa vertu rafraîchissante, l’eau calme et apaise. Elle est source de distraction aussi puisque les vasques attirent les oiseaux pour le bain.

Peur de la mort prochaine enfin, omniprésente comme cette pendule
“Qui ronronne au salon
Qui dit oui, qui dit non,
Et puis qui nous attend...”
Tous.

Les personnes âgées, mais aussi les membres du personnel, sont particulièrement sensibles aux allergies. Le jardinier aura donc soin de ne pas planter sous le vent les espèces dont les pollens s’avèrent être les plus agressifs, tout particulièrement cyprès et bouleaux.

Détendons un peu l’atmosphère par un rapide passage aux plates-bandes d’herbes aromatiques qu’en humaniste épicurien j’avais installées sous les fenêtres des cuisines de ma seconde maison de retraite. Pure folie!!!
Nul ne peut croire que des normes intégristes d’hygiène interdisent formellement aux cuisiniers d’utiliser le persil du jardin! Et pourtant, elles sont là!
Le jardinier se trouve alors devant un choix cornélien: soit renoncer à procurer par quelques condiments l’un des derniers plaisirs restant aux résidants, à savoir la gourmandise, soit convaincre les chefs d’entrer en résistance et de concocter malgré tout quelques omelettes aux fines herbes dans une clandestinité maîtrisée.

Hélas, derrière les fourneaux non plus n’est pas Jean Moulin qui veut et j’en ai vu beaucoup collaborer avec la dictature de la mal-bouffe.
C’est pourquoi j’appelle solennellement toutes celles et tous ceux pour qui le basilic est un droit et la tendresse pour les vieux un devoir à rejoindre le Front le Libération du Persil et de la Ciboulette, canal historique évidemment!


Le jardin pour les “Alzheimer”

Parenthèse close: nous arrivons à la partie du jardin réservée aux personnes atteintes par la maladie d’Alzheimer, qualifiées désormais de “désorientées” après qu’on ait renoncé à les classer dans la démence.
La première évidence choquante dans la plupart de ces jardins, c’est leur aspect carcéral, avec hauts grillages quand ce ne sont pas des barreaux et les systèmes de sécurité qui enferment les personnes comme des délinquants alors que ce sont des malades. Fugueurs, certes, mais ce n’est quand même pas un délit que de vouloir rentrer chez soi!
Personnellement, j’ai entendu difficilement des résidants au bord des larmes me dirent leur sentiment de captivité dans ces maisons où ils se sentent moins soignés que gardés.
J’ai donc à coeur de faire tomber d’abord toutes ces clôtures métalliques et de les remplacer par des barrières végétales infranchissables telles que bambous, lauriers, ifs en pleine terre, en hauts bacs lorsqu’il faut respecter des surfaces en dur.

Les personnes âgées présentant des troubles cognitifs peuvent, en se promenant, absorber des baies ou mastiquer des feuilles. Toutes les plantes toxiques sont donc à proscrire. Je ne vous en ferai pas la fastidieuse énumération et me contenterai de vous envoyer en consulter la liste sur le remarquable site du CHRU de Lille à :
www.chru-lille.fr/cap/ca3c-1htm

L’une des principaux symptômes de la maladie d’Alzheimer, c’est la perte de mémoire progressive, à commencer par la mémoire immédiate: le malade ne se souvient pas de ce qu’il a dit ou fait dix minutes plus tôt. Il convient donc, dans la maison comme au jardin, de solliciter le plus souvent possible la mémoire lointaine pour ralentir la dégénérescence de la mémoire immédiate. Pour être exacte, la formule n’en est pas moins complexe. En français de jardinier, cela se traduit ainsi: “Si tu ne veux pas que tes neurones dégénèrent, Pépère, il va falloir les faire travailler un maximum.”

Des bouquets de mots, des massifs à penser.
Tous les travaux des gériatres donnent la lecture comme meilleur exercice pour la mobilisation des facultés cognitives.
Au fil de la promenade, les résidants découvrent donc des citations incontournables, fondements de la pensée universelle. Philosophiques, encourageantes, souriantes, elles incitent le promeneur à lire, à réfléchir, méditer, discuter, avancer. Incluses dans des résines de couleurs de formes et de dimensions variées, ces phrases- fleurs ou fruits sont disposés en massifs, en isolé, en grappes... On peut aussi en disposer les mots en vrac, créant ainsi un jeu de recomposition de phrase avec le sujet au départ, le complément un peu plus loin et le verbe au bout, pour le moins difficile. “Je”, “volontiers”, “m'assoirais”.

La mémoire des sens.
Chacun de nos cinq sens a sa propre mémoire. Pour ne citer que l’ouïe, nos résidants, majoritairement d’origine rurale, savent plus qu’ils s’en souviennent le bruit des sabots martelant la chaussée. Dans leur enfance, avant la révolution automobile, on faisaient tout ou presque à la campagne avec les chevaux. Et leur mémoire auditive s’active d’elle-même en entendant au petit matin les sabots du cheval de trait et les roues de la carriole passant sous leur fenêtre, puis reste alertée en voyant au fil de la journée les jardiniers effectuer tous les gros travaux avec leur paisible colosse.

La mémoire affective.
Il faut s’avancer vers celle-ci sans le moindre tabou. En effet, il est généralement admis que devrait arriver en tête de cette mémoire-là la famille des malades. Pas si sûr!
A la faveur d’une intuition et d’un hasard incroyables, j’ai pu acquérir pour trois sous une statue en résine de Charlie Chaplin dans son costume favori et je l’ai placé au centre du jardin. En promenant un malade qui ne reconnaissait plus ses enfants, je l’ai entendu murmurer en passant devant elle: “Oh!... Charlot!”.
J’attends désormais qu’avec les sculpteurs du musée Grévin nous puissions être en mesure de disposer dans un massif de graminées la frêle silhouette d’Edith Piaf qui, chantant mains tendues, semblera cueillir des fleurs. Là-bas, Maurice Chevalier vous saluera du canotier. Fernandel sourira près du cabanon à outils et Bourvil?... Où bon vous semblera. En tête (c’est le cas de le dire) des personnalités préférées des français, il fonctionnera à presque tous les coups.
Lorsque viendra mon tour, n’oubliez pas Coluche.
Épargnez-moi Renaud, sauf si j’ai fait du mal...

Après la mémoire du coeur, la mémoire “par coeur”.
Enfant, j’étais très impressionné par la mémoire de mon grand-père qui, malgré les déluges d’obus de Verdun et du chemin des dames, puis plus tard les bombardements de la Luft Waffe, avait retenu tous les départements de France avec chaque préfecture et presque chaque chef-lieu de canton. En manière de jeu, je lui demandais Cher?, il me répondait Bourges aussitôt.
De même pour les principales dates de l’histoire de France. Aussi ai-je inscrit sur des pas japonais : 1515 ? 1789? 1802 ? 1945 ? De même, à compléter : 18 Juin... ? 14 Juillet... ? Et le piège: 25 Décembre ...? Zéro, bien sûr.
Des jeux, des devinettes, des quizs, partout dans le jardin de quoi mobiliser l’intelligence.

L’un des plus beaux compliments qu’on m’ai fait à ce sujet est que ce jardin pourrait être aussi celui d’un campus universitaire.


Les familles et leurs enfants.
Fatiguées, stressées, pressées, soumises au rythme des temps modernes, il arrive souvent que les familles réalisent en arrivant à la maison de retraite qu’elles sont venues les mains vides. Un massif de fleurs à couper disposé à l’entrée permet, avec un sécateur et un peu de raphia, de réparer l’oubli en composant un joli bouquet.

Aux aguets constamment, le jardinier de maison de retraite ne peut pas ne pas voir que les jeunes enfants s’ennuient vite quand on les amène “voir Mamie”. C’est pour eux qu’on aura soin dans un coin du jardin de disposer des jeux, une cabane, un bac à sable pour les plus petits. Pour nous éviter aussi, soyons francs, des parties de foot dans les dahlias et des courses dévastatrices dans les massifs.

Ici s’achève cette première présentation de ce qu’est ce métier si particulier de “jardinier en maison de retraite”.

Je ne voudrais cependant pas la terminer sans une histoire de transplantation, non pas de pieds de dahlias ou de rosiers, mais des deux pieds d’homme, déplacé pour d’autres raisons que l’esthétique, la nature du sol ou l’ensoleillement.

Bernard est un ancien ajusteur de soixante quinze ans atteint par la maladie d’Alzheimer. Tout le monde l’aimait bien, à la maison de retraite médicalisée où sa famille l’avait placé.
Je dis “l’aimait” parce que ça s’est passé à peu près comme ça s’est toujours passé pour lui.
Quand il était enfant, il n’a pas pu aller à l’école très longtemps parce que ses parents n’avaient pas les sous.
A quatorze ans, il est rentré comme arpète chez un patron qui le payait une misère.
A vingt, il a rencontré sa femme qui gagnait une misère encore plus petite que la sienne et ils se sont installés tous les deux dans un tout petit logement, loin des ateliers, parce qu’ils n’avaient pas les sous.
Puis ils ont eu deux filles, qui n’ont pas pu étudier bien longtemps non plus et, dés qu’ils l’ont pu, ils ont acheté une petite voiture qui ne les a jamais emmené bien loin parce qu’ils n’avaient jamais les sous.
Et là, maintenant, à cause du prix de journée?

Bernard a été prié d’aller mourir moins cher ailleurs parce que sa famille ?

Devinez...

Nous autres, jardiniers de maison de retraite, les transplantations de vieux pauvres, on n’aime pas ça du tout et on se demande si ça va durer encore longtemps.
Alors, si l’INRA veut bien nous aider, on va essayer de créer un arbre à sous, qu’on appellera le soulier, naturellement.
Histoire que le produit de la récolte évite des rempotages indignes dont on ne veut plus chez nous.


Alors évidemment, pour que ce Métier mérite pleinement sa majuscule, il va lui falloir une école.
Sur un parc, de préférence.
Un parc des tiges, par exemple... ;-)

A suivre..



04/11/2008

FAUT CE QU'IL FAUST !

100 000 visites ce jour !

Cela ne pouvait se fêter que par un évènement exceptionnel.

Il aura lieu Dimanche 23 Novembre 2008, à partir de 14 heures, à Provins (77), au cours d’une vente aux enchères publiques par autorité de justice.

N’ayant plus guère que mon âme à vendre, le commissaire priseur en fixera sans doute le prix plancher qu’elle mérite.

J’invite donc à venir assister à ce Faust d’un genre un peu particulier puisque la question se pose :

Méphisto viendra-t-il enchérir ?

Accéssoirement: ressemblera-t-il à Michel Simon dans “La beauté du diable” ou à Roberto Alagna aux Chorègies d’Orange ?

Un archange l’attendra-t-il à la sortie ?

Margueriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiite !!!

09/02/2008

DU JARDIN "CIVILISANT" - 4 -

e40f311c828b48e90020208fd25ef507.jpg Podkowinski


UN LABORATOIRE

C’est au jardin aussi que l’enfant pratique ses premières expériences.

C’est là qu’entre sept et dix ans, il enfouit sous la terre sans trop y croire quelques oignons divers qui donneront narcisses, jacynthes et tulipes au printemps suivant.

C’est souvent là que s’échangent les premiers baisers, ce qui n’est certes pas la moindre des expériences.

Et c’est là qu’un peu plus tard il observera tous les bienfaits des plantes.

Bienfaits nutritionnels d’abord puisque le premier rôle du jardin fut de fournir les hommes en légumes et en fruits.

Bienfaits pharmaceutiques ensuite puisque depuis l’antiquité on utilise les plantes pour soigner les maux du corps. A ce sujet, je ne recommanderai jamais assez la visite, à Milly-la-Forêt, de la Chapelle Saint Blaise où repose Jean Cocteau, entourée de son jardin de simples. Prenez le temps d’écouter attentivement la visite commentée par Jean Marais. Un authentique régal.

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Remède pour les souffrances du coeur et de l’esprit aussi puisqu’il se raconte que Nabuchodonosor II aurait fait construire les jardins suspendus de Babylone pour remédier à la nostalgie ressentie pas sa reine pour les végétaux de sa Perse natale. Six siècles avant Jésus Christ, sur les toits d’une capitale, des jardiniers insensés réalisaient la métaphore de la transformation d’une nature perçue organisée en une nature voulue éco-auto-réorganisante!
Trois fois rien: juste la septième merveille du monde !

Bienfaits culturels ensuite puisqu’on vit aux jardins se développer les sciences de l’eau, la statuaire, la poterie, l’art des allées, des bassins, des fontaines, des constructions géométriques des massifs... tandis que les obtenteurs perfectionnent perpétuellement de nouvelles roses, de nouveaux iris, de nouvelles vivaces, cherchant avec bonheur de nouvelles formes, de nouvelles couleurs, de nouveaux parfums...

07/02/2008

DU JARDIN "CIVILISANT" - 3 -

3f983f59d056f19502d4568fcbafc829.jpg Le jardin-école de Montreuil.



UNE ECOLE

C’est au jardin qu’un enfant apprend le plus vite et le mieux les bases de l’existence.

D’abord qu’on ne peut pas tout.
Généralement, à peine sait-il marcher que l’enfant commence par courir après les oiseaux, sans jamais parvenir à les attraper.
Puis il s’en va gaiement piétiner les massifs et y reçoit sa première remontrance, des parents si possible, des jardiniers sinon.
Enfin, plus téméraire, il se penche inconsidérément sur le bassin et y reçoit (si tout va bien) ses premiers secours suivis, en général, de sa première fessée.

Ensuite, il y découvre qu’il y a un temps pour tout.
Un temps pour les crocus, un temps pour le lilas,
Un temps pour les iris, un pour le réséda,
Puis le temps des feuilles mortes, puis de marcher sur l’eau
Avant que tout reparte au printemps de nouveau.

Puis la nature hostile. Veut-il cueillir des mûres? Il se griffe les jambes. Un bouquet d’aubépines? Mains et bras sont en sang. Entrer dans les orties ? Se moquer du soleil ? “Brûle, cloque et va vomir !”
Prévoir de goûter à l’ombre d’un vieil arbre ? “Si je veux, tonne l’orage, tu rentreras chez toi!” Et le vent qui se lève emporte son chapeau.

On se sent peu de chose quand la tempête vous parle!

Enfin qu’on n’est pas seul au monde.
Parce qu’au jardin, au parc, au square, il y a des gens qui partagent l’endroit et qu’il va bien falloir apprendre à vivre avec.
“C’est d’un jardin public dont vous parlez ici”! m’objecteront certains. Qui ajouteront: “Mais pour un enfant de propriétaire, un jardin, c’est le sien. Dans lequel il peut faire tout ce que bon lui semble.”

Ce serait sous-estimer l’importance des voisin(e)s... et de leurs avocats.

06/02/2008

DU JARDIN "CIVILISANT" - 2 -

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Le jardin - Monet (1900)

DÉFINITION.

Debout (et plus encore assis) dans un jardin, la plus importante des masses visibles est d’abord le ciel, avec ou sans nuages. Fort heureusement, personne encore n’est parvenu à “jardiner” cet espace intact. Si ce n’est la patrouille de France et les artificiers, laissant derrière eux quelques traînées vite dissipées. Les monglolfières parfois, comme des fleurs du voyage, si hautes que les gendarmes renoncent à demander: “Vous avez vos paniers?”.
Ha, les gitans du ciel!!!

Un jardin, ce sont aussi des sons. Innombrables. Ceux du vent, de la pluie, de l’orage, des fontaines, des oiseaux, des insectes, des mamies qui chantonnent et des gamins qui jouent... Il semble que personne non plus ne soit parvenu à domestiquer ceux-là. N’allons pas nous en plaindre! Qu’en ferait-on ensuite ? Escadrilles de frelons ? Coccinelles à fragmentation ?

Qui a vu un lever de soleil flamboyant sur la Durance, entendu hurler le vent dans les branches des forêts du Périgord ou observé les chorégraphies d’oiseaux sur les étangs de Sologne évite, s’il est un peu lucide, de se dire “paysagiste” et, modestement, s’en tient à “jardinier”.

Si à Giverny, Claude Monet s’en contentait, et si le dimanche Clémenceau s’en venait déjeuner avec lui, ça devrait pouvoir suffire...


Qu’est-ce donc qu’un jardin ?

Un espace terrestre organisé appartenant.

Propriété individuelle ou collective, le jardin est d’abord un espace défini par des limites que la nature ne connaît pas et qu’elle tente inlassablement de reconquérir.

Selon le vieux Livre, il semble que Dieu, dans Sa grande confiance, n’ait pas jugé nécessaire de clôturer le Sien.

On a beaucoup évolué depuis.

Ceints de murs, de grilles, de haies, les jardins se protègent. Des regards, des intrus, des garnements venant cueuillir des fruits...

Sans doute depuis qu’on y a volé une pomme.

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05/02/2008

DU JARDIN "CIVILISANT" - 1 -

b4965eca7ec40937efcd089e96011041.jpg Le jardin des délices - Jérôme Bosch.

Voilà t-il pas que m'est demandé un texte sur le caractère civilisant du jardin!

Comme je me vois mal mener cette aventure à bien sans le concours de l'esprit et de l'humour de mes promeneuses et promeneurs favori(te)s, je viendrais régulièrement vous en proposer les chapitres.

Et comme il faut un début à tout, en voici le


PRÉAMBULE

Tout commence à l’aube des livres avec le plus ancien connu de par chez nous.

Bon Dieu, mais quelle idée d’aller loger d’entrée Adam et Eve dans un jardin d’Eden!

Et Eve d’y proposer aussi sec d’enfreindre le règlement! Tout était pourtant bien indiqué comme à Versailles! Des pancartes partout!! “Ne pas toucher aux pommes”, “Défense de marcher sur les pelouses”, “Interdiction de nourrir les animaux”, “Qui cueillera une fleur encourt une lourde amende”, “Fais pas ci, fais pas ça”...

L’Ancien Testament, des fois, on croirait du Lanzmann chanté par Baraton.

Quelques années-lumières de civilisation plus tard, nous voilà à Babylone à déambuler dans des jardins “suspendus”, avec de l’eau qui monte, amuse et redescend. Des barques dans les nuages. Du Hollandais volant entre ciel et pelouses.

Survolons rapidement le “Cantique des cantiques” du roi Salomon qu’on croirait écrit par l’agence de communication de Jardiland et constatons que depuis la nuit des temps la question essentielle est: où se situe la différence entre la Nature et un Jardin?

Dans l’ordonnancement qu’on en fait, peut-être ?

Alors quoi ? Un jardin ne serait que de la nature organisée ?

Et le premier crétin capable de tirer une allée pourrait se prendre pour Dieu ?

On en a vu!

Chaud devant!

25/01/2008

SEPT MILLIARDS... ET DES OEUFS.

7fc21332daab6f8b375c68de292a1672.jpgVeux-tu bien arrêter de rigoler, Anaxagore ?

Anaxagore de Clazomènes, philosophe grec de l’antiquité d’une étonnante modernité, est plié en deux et se roule sur mon tapis comme un dératé depuis hier.

C’est lui qui inspira à Lavoisier son célèbre principe: “Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.”

D’habitude, Anaxagore sait se tenir.

Sagement assis sur une étagère de ma bibliothèque, Anaxagore médite, réfléchit, songe... dans un silence de mort.

Mais là, quand il a entendu dans la même information que la Société Générale avait perdu cinq milliards à cause d’un courtier fou et ne retrouvait ni le courtier ni les sous, Anaxagore a murmuré: “Ils ne vous prendraient pas pour de gros benêts, des fois ?”

Devant mon air ahuri, il a poursuivi comme il aime à le faire, en illustrant sa question: “Toi, par exemple, tu perds une pièce de cinquante centimes parce que ta poche est trouée. Un gamin qui marchait derrière toi la trouve par terre et court chez l’épicier s’acheter des bonbons. Tu n’as plus ta pièce, mais elle n’a pas disparue. Elle est chez l’épicier.”

D’un air malicieux, Lavoisier ajouta: “Elle s’est pourtant un instant transformée en bonbons...”

“Oui, mais là, il s’agit d’une fraude...” risquais-je.

“C’est pareil pour le vol et la fraude, mon garçon.”

(Je ne sais pas pourquoi mais j’ai horreur qu’Anaxagore m’appelle “mon garçon”.)

Il poursuivit: “Tu te fais piquer un billet de vingt par un voleur ou tu te fais détourner un virement par un escroc, tu n’as plus tes sous mais un autre les a.”

“Et les transforme à ta place...” soupira Lavoisier.

“ Un billet de vingt, d’accord. Un virement de chantier, peut-être. Mais là: cinq milliards!... Ca ne s’évapore pas dans la nature comme ça!”, objectais-je le plus respectueusement possible.

“C’est là que nous voulions t’amener, notre garçon!”, répliquèrent dans un sourire et d’une même voix taquine Anaxagore et Lavoisier, avant d’être pris d’un fou rire inextinguible qui dure depuis hier.

Je n’avais jamais entendu rire aussi fort toute une bibliothèque.

Comme ces deux-là ont le rire communicatif, j’ai fini par me marrer aussi et je vous livre l’anecdote au cas où la rigolade pourrait se transmettre par internet.

Je vous laisse pour un moment.

Comme il y a sept milliards dans la nature (deux de plus à cause de ces salauds de pauvres américains;-)))))))), j’enfile le blouson, je lasse les godillots et j’emmène le chien faire un tour.

On ne sait jamais...

Si je les trouve, ce soir, ce sera omelette aux milliards pour (presque) tout le monde!

Cèpe Debout, tu as pris ton panier ?

22/01/2008

L'EXCUSE A L'ECLUSE.

Juste pour estimer internet par rapport au cabaret d'autrefois.

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Il était une fois à Paris, sur la rive gauche des quais de Seine, un petit cabaret qui s'appelait "L'écluse".
Se produisirent là, entre autres, Marcel Marceau, Jacques Brel, Barbara, Jean-Roger Caussimon, Raymond Devos, Jean-Pierre Darras, Philippe Noiret, Bernard Aller, Alex Métayer, Pierre Richard, Victor Lanoux, Pierre Vassiliu, Brigitte Fontaine, Serge Lama, Romain Bouteille, Claude Lemelle, Popeck, Daniel Prévost, Maurice Fanon, Bernard Dimey... entre autres.
Pour en savoir plus sur ce temple du mime, de l'humour et de la chanson, c'est ici:
http://francois.faurant.free.fr/ecluse/barbara_ecluse.html

On ne s'y produit plus, mais on y boit toujours de bons vins en bonne compagnie.

Du coup, je vais tenter l'audition ici, seulement accompagné au clavier par Michel Bernholc.

Une seule chanson: "L'excuse".
Paroles et musique de votre serviteur.


podcast


Et après, un petit jeu à copier-coller
http://three.flash-gear.com/npuz/puz.php?c=v&id=2990735&k=25002693

ou à cliquer comme d'hab. dans le premier commentaire ;-)

 
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