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04/03/2009

LES LOIS DE L'ESPRIT (1)

Nous traversions des temps de déploration généralisée.

A la télévision, à la radio, dans la presse, sur les blogs, dans les bistrots, presque partout une foule de déploreurs et de déploreuses déploraient. Un peu comme jadis les shadoks pompaient.

Tout y passait. L’obésité des enfants, la mauvaise prise en charge des vieux, la réforme des armées, la mauvaise qualité des programmes de la télé, le réchauffement climatique, la hausse des prix, le chômage...

Au milieu de cet océan de déplorations, on semblait déplorer plus fort encore la surpopulation carcérale, l’état des prisons, le futur effroyable réservé à la jeunesse délinquante.

Vous me connaissez maintenant, je préfère toujours essayer de trouver une solution à un problème plutôt que passer ma vie à pleurnicher dessus.

Aussi, après avoir beaucoup regardé, écouté, lu, observé, j’arrivais sereinement à la conclusion qu’en matière de justice, il s’agissait moins d’empiler des lois que personne ne lirait jamais que de modifier le processus d’apprentissage et de fonctionnement des principaux déploreurs.

Et, pragmatique, partant de mon vécu quotidien en relation directe avec quelques uns d’entre eux, je m’attelais sereinement à une réforme fondamentale de l’Ecole Nationale de la Magistrature.

Oui. Je sais. Vous allez me dire: «ce n’est pas ton métier.»

En effet.

Mais je vous objecterai d’abord qu’il y a souvent plus de bon sens dans la tête d’un jardinier que dans tout un colloque de penseurs sophistiqués et qu’on n’est pas forcément plus sot en chemise à carreaux qu’en robe noire. Ou rouge.

Ensuite qu’il me semble bien que toute décision de justice est rendue «au nom du peuple français» et que du coup, ça le regarde un tantinet, le peuple, quand ça craint au dessus de sa signature et que c’est bien le moins qu’il s’invite dans le débat des gens qui prétendent juger en son nom.

Enfin que ça me ferait vraiment honte de laisser à mes enfants et petits enfants une justice dans cet état!

D’autant que pour ma première réforme, je sais l’accord tacite d’un grand magistrat qui appelle lui-aussi de ses voeux à d’avantage d’ouverture de cette école sur le monde.

Même s'il ne s'agit pas forcément du «monde» auquel je pense en premier.

Donc, sans négliger «L’esprit des lois» du grand Montesquieu, se recentrer un minimum sur "les lois de l’esprit" du petit Fleuryval.

La physique d’abord, au sujet de laquelle je me propose de démontrer qu’une sage utilisation de la clé anglaise peut s’avérer plus utile qu’un improbable DEA.

Ainsi, sur la surpopulation carcérale et l’avenir bien sombre pour les jeunes délinquants, je propose l’introduction dés le premier trimestre de la première année d’un cours pratique de plomberie appliquée, évidement dispensé par un professionnel du joint (en caoutchouc, bien sûr) ou, a minima, par un père de famille moyennement bricoleur. (Moi, par exemple. Ca tombe bien, à la vitesse où les anciens fonctionnent, j’ai du temps libre.)

Avec comme étude centrale (c’est le cas de le dire): le siphon de la baignoire bouché, ladite baignoire pleine à ras bord et son robinet qui coule.

Baignoire.jpg


«Par quoi commence-t-on ?» demande en souriant la plus enthousiaste des élèves.

«D’abord par fermer le robinet avant que ça déborde», répond l’artisan-professeur, joignant fermement le geste à la parole.

Bien sûr, le robinet vétuste goutte encore. Mais tandis qu’une moitié de la classe écope la baignoire, le professeur coupe l’arrivée d’eau quelques instants et remplace le vieux par un neuf étincelant, sur l’emballage duquel on peut lire: «Ouvrez une école, vous fermerez une prison!", fière devise de «V. Hugo-sanitaires S.A.R.L.».

Robinet neuf fermé, baignoire vidée, on peut procéder au débouchage du siphon, voire à son remplacement. (Pendant qu’on y est...)

Au terme de cet exercice il ne nous nous aura pas fallu deux heures pour cerner métaphoriquement les bienfaits d’une bonne éducation, la saine gestion de la pénitentiaire et le soin particulier à apporter à la réinsertion. Ajoutez à cela la valorisation d'un métier trop rarement à l'honneur.

En TD, chacune et chacun pourra utilement reproduire cet exercice à la maison parce que ça marche très bien aussi avec un lavabo ou un évier.

Quand vous aurez bien digéré celle-là, nous aborderons les règles de la politesse civique élémentaire dans une «politique de civilisation».

A bientôt, jeunes gens ! ;-)

13/02/2009

TABLEAU D'HONNEUR

Ellébores blanches.JPG
L’avocat général de Paris Philippe Bilger rassemblera le 19 Février à l’Assemblée Nationale plusieurs hauts magistrats venant des quatre coins d’Europe. Le but: examiner ce qui se fait de mieux dans les justices pénales belge, espagnole, italienne, allemande et néerlandaise.

Là, j’enlève ma casquette et je dis: «Chapeau!»

«Mais qu’est-ce que ça vient faire sur un blog de jardinier ?», me demanderez-vous.

C’est que de mon côté, je ne suis toujours pas parvenu à en réunir quatre de maisons de retraite autour d’une table en Ile de France!

Aussi je vous livre ma perplexité la plus profonde:

Si le désastre judiciaire d’Outreau incite la magistrature à mieux faire face au risque somme toute relativement peu probable de se retrouver un jour en prison sans avoir rien fait, comment se fait-il que nous autres ne soyons pas fichus d’en faire autant face à l’inéluctable vieillesse qui nous attend tou(te)s ?

Parce que le juge d’instruction qui se plante, c'est dramatique mais ce n’est pas sûr.

Tandis que les rhumatismes et la douleur, c’est effroyable et c'est certain!

 
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